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mier, arbres représentés sous forme de perches avec une demidouzaine d'as de pique imitant le feuillage ; ce sont là des
défauts que l'on jugerait sévèrement, s'ils n'étaient communs à toutes les productions de l'époque (i). » ,
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Malgré sa façon particulière, ce chef-d'œuvre de patience et
I. E. Miintz, La Tapisserie^ p. 88. Cf. J. Comte, La tapisserie de Bayeux reproduite d'après niiiire.
Le treizième siècle» ig
tous ses analogues paraissent avoir été compris autrefois sous la dénomination générale de tapisseries. Les dernières recher-
ches de l'archéologie ont même donné lieu de penser que, jusqu'aux dernières années du treizième siècle, tous les produits auxquels ce nom était appliqué étaient simplement des étoffes
brodcfes ou dccordes d'une façon quelconque à l'aide de l'aiguille (i). Quoi qu'il en soit, les tapisseries de haute lisse, c'està-dire celles où la chaîne servant à faire le tissu est placée sur un métier vertical, étaient fabriquées chez nous dès la fin de ce même siècle ; et quant aux tapisseries de basse lisse, elles s'y confectionnaient depuis très longtemps : seulement ce travail était connu sous un autre nom, celui de tapisseries à la marche, en raison des pédales ou marches par le moyen desquelles le fabricant sépare les fils de chaîne. Les documents qui mentionnent le premier de ces deux genres <,< impliquent, dit M. Guiffrey, l'antériorité et l'existence déjà ancienne du métier à pédales ; toutefois, jusqu'à la fin du treizième siècle, l'œuvre du tapissier ne se distingue pas nettement, dans les textes authentiques et les actes officiels, de celle du tisserand (2). »
Les villes de Paris et d'Arras se disputent l'avantage d'avoir vu fonctionner les premiers métiers à tapisserie. Ainsi cette curieuse branche de l'art serait encore française par son origine. Sans doute, comme l'a observé son historien, la puissante organisation des corporations de Flandre lui donna dans ce pays un développement qu'elle n'atteignit nulle part ailleurs au moyen âge ; mais, ajoute le même savant, confirmant la théorie que j'ai émise plus haut à propos des écoles de peinture, « il ne faut pas oublier que la Flandre et l'Artois restèrent provinces françaises jusqu'au traité de Madrid, c'est-à-dire jusqu'en 1526; par conséquent l'immense succès des tentures qui reçurent du principal centre de production (Arras) le nom à'araszi, doit figurer parmi les meilleurs titres de gloire de notre ancienne industrie (3). »
A Paris, les statuts des métiers rédigés vers 1250 ne font