‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 68 sur 104 · I. Livre des Métiers^ titre XI · texte numérisé non relu

I. Livre des Métiers^ titre XI

époque, très adroitement réunies par la soudure. Le métal fondu pouvait être retouché par la ciselure ou le burin : aussi ces artisans employaient-ils ces procédés, qui, entre des mains habiles, enlèvent à la fonte l'aspect mort et froid qu'elle conserve habituellement. Quant aux pièces martelées, elles étaient également retouchées au burin, gravées, et le repoussé acquérait ainsi de la vivacité et du prix. Il est évident que ces procédés si simples, et demandant un outillage si peu important, prenaient leur valeur de l'adresse et. du talent de l'ouvrier qui les employait. La main de l'homme, qu'aucun moyen mécanique ne surpasse, se sentait partout sur ces pièces d'orfèvrerie... Il ne faut donc pas y chercher la rectitude et l'uniformité mathématique de notre fabrication moderne : on ne l'y trouverait pas ; mais, en revanche, on y trouve l'emploi judicieux et vrai de la matière, parce qu'on ne possédait que des moyens bornés qui ne permettaient pas de s'affranchir des conditions imposées par cette matière ; comme conséquence, des formes en rapport avec le métal ; puis le style et le sentiment d'art que ces artitisans du moyen âge mettaient dans tout ce qu'ils produisaient, depuis le monument jusqu'à l'humble ustensile de ménage (i). »

L'orfèvrerie , ainsi que plusieurs autres arts , avait suivi jusque sous le règne de Philippe-Auguste les traditions byzantines, ou plutôt romaines ; mais on la voit alors s'émanciper, comme la peinture, comme le dessin, pour adopter des procédés et des formes tout à fait propres aux nouvelles nations occidentales. Elle devient doublement nationale , car en même temps les ateliers de fabrication se multiplient : Metz, Rouen, Arras, Amiens, Bourges, Troyes, lePuy, Limoges, sans compter la capitale du royaume , en possèdent d'excellents dès cette époque. Les fondeurs français brillent à la fois par le

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