Ibid.^ f
Toutefois CCS derniers s'en font servir une bien plus grande quantité, et il faut même que cette quantité soit devenue, à certains moments, véritablement excessive chez certains bourgeois, puisque Philippe le Hardi se crut obligé de la limiter, en même temps que celle des habits, par son ordonnance de 1279 : chacun de ses sujets ne dut plus avoir à ses repas qu'un nombre déterminé de plats, proportionné à sa condition, comme il ne devait avoir dans ses armoires qu'un nombre déterminé de vêtements ; mais cette prohibition, on le devine , eut le sort de toutes celles de son espèce.
Saint Louis agit plus sagement que son fils : il se contenta de prêcher la réforme par l'exemple et le conseil. Il est vrai que son exemple était singulièrement austère et devait trouver peu d'imitateurs : il se nourrissait de pois, de fèves, de viandes grossières, de potages mal assaisonnés et dont les autres ne voulaient pas ; puis, quand on lui apportait quelque ragoût entouré d'une sauce bien apprêtée, il y versait de l'eau, afin qu'il n'eût plus de goût. « Mangeant un jour à l'abbaye de Châlis, rapporte Tillemont, et dans le réfectoire, ce qu'il faisait assez souvent, il envoya ce qu'on lui avait servi de meilleur, dans une écuelle d'argent, à un vieux moine, et se fit apporter en place l'écuelle de bois et la portion du moine (i). » Il envoyait de même aux pauvres les plus beaux poissons de la table royale, après les avoir fait préalablement dépecer pour faire croire qu'il en mangeait. On prétend même que son dédain pour les lamproies qu'on lui servait au commencement de la saison, en guise de primeur, fit baisser leur prix de quatre livres à cinq sous.
Toutes ces mortifications avaient en partie pour but, comme la simplicité de mise qu'affectait le pieux roi, d'arrêter les excès de la sensualité et de la vanité. Mais on peut dire aussi