I. V. La Chaire française, etc., p
mentionnes par le même docteur. Durant toute la semaine pascale, les chrétiens doivent se saluer les uns les autres en disant : Rcsurrexit Doi]iimts ; à quoi l'on répond : Deo gratins, ou bien : Ef appaniif Sîmoni. Puis on se donne le baiser de paix et de charité. Toutefois l'auteur du Rational ajoute que cette pieuse coutume tend déjà à disparaître et ne s'observe plus guère qu'à Rome, entre les prélats de la cour pontificale (i). Il en signale en France de moins édifiantes, telles que l'habitude conservée par quelques clercs de se livrer aux chants et aux danses dans les couvents ou les palais épiscopaux, et l'usage singulier, que se gardaient bien de laisser perdre les femmes de certains diocèses, de battre régulièrement leur mari le second jour après Pâques. Il faut avouer pourtant que ces abus ne paraissent pas bien graves ; David ne dansa-t-il pas devant l'arche pour épancher la joie qui débordait de son cœur? Et les épouses qui prenaient de telles libertés ne devaient-elles pas trouver à qui parler ?
Les réjouissances du temps pascal sont encore interrompues par quelques jours de jeûne et de prière : ce sont les Rogations, dont l'établissement, dû à saint Mamert, évêque de Vienne au cinquième siècle, est rapporté longuement par le moine Elinand et par l'évêque de Mende, Guillaume Durand. Celui-ci ajoute à son récit des traditions moins connues sur la peste qui fit périr, en 590, le pape Pelage II. En mémoire des ravages exercés par ce fléau, on faisait une procession de pénitence, appelée la procession des Croix noires. Joinville remarquait avec tristesse la coïncidence de cette cérémonie avec le jour de la naissance de saint Louis (2). Le cortège des Rogations avait d'ordinaire un caractère dramatique très accusé. On y voyait figurer un dragon gigantesque. « C'est l'usage, les deux premiers jours,