‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 84 sur 104 · Vie de S. Louis, éd. de Wailly, p · texte numérisé non relu

Vie de S. Louis, éd. de Wailly, p

de porter en avant de la croix et des bannières un dragon, dont la longue queue est droite et gonflée, mais qui, le troisième et dernier jour, traîne à reculons sa queue basse, courte et amaigrie. Ce dragon signifie le diable, qui, pendant les trois temps désignés par ces trois jours, avant la loi, sous la loi, et sous l'empire de la grâce, n'a point cessé et ne cesse point d'abuser les hommes, mais qui, après avoir régné pendant les deux premiers âges, est maintenant presque déchu de sa puissance par la propagation de la foi (i). » Cette représentation sym.bolique a persisté, paraît-il, à Paris jusque vers 1730; on pourrait lui trouver une quantité d'analogues dans le cérémonial de nos anciennes processions.

La célébration de l'Ascension et de la Pentecôte n'offre rien de particulier à signaler, si ce n'est peut-être la représentation figurée de quelques scènes de l'Evangile, suivant l'habitude ; mais, immédiatement après, nous rencontrons une fête alors nouvelle en France : c'est celle de la Sainte Trinité. Rome avait refusé d'abord d'en consacrer officiellement l'institution, parce que l'usage catholique était de célébrer par des anniversaires les grands faits de l'Évangile plutôt que les dogmes de la religion ; mais, voyant qu'une bonne portion de la chrétienté avait déjà adopté cette fête, et cédant aux instances de l'archevêque d'Arles, elle autorisa ce prélat, en 1260, à la faire célébrer solennellement dans sa province ecclésiastique, d'où elle se propagea rapidement dans les autres diocèses français : néanmoins les les Ordres de Cluny et de Cîteaux l'avaient établie auparavant dans les maisons de leur dépendance. On vit donc naître, vers cette époque, un certain nombre d'hymnes et de proses nouvelles en l'honneur de la Trinité; mais elle inspirait déjà depuis longtemps le génie des poètes sacrés et la dévotion démonstrative des croyants.

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