I. Bibl. Nat., ms. lat
est ainsi donnée au mariage, et le lendemain même de la signature du contrat, l'on procède à la cérémonie.
Le grand jour se lève donc enfin. Bien qu'il suffise, à la rigueur, de la présence de deux témoins et du curé, les deux famiilles ont invité le ban et l'arrière-ban de leurs amis, et de leurs vassaux, si elles appartiennent à la noblesse, comme le dit un poète contemporain :
« Quant gens de grant paraige se veulent marier, « Se semonent grans gens pour estre à l'épouser ; « Et de tant com semonent gens de plus grant valeur, € Est la feste plus grande, et si ont plus d'onneur (i). "^
Le cortège nuptial est conduit à la paroisse de l'un des époux^ au son des instruments ; des jongleurs et des ménestrels le précèdent. Sur le chemin, le sol est jonché d'herbe verte, les rues sont « encourtinées ». Les mariés s'avancent en baissant les yeux ; les assistants se diront le soir :
« Avoient-ils honte, ce savés par verte ?
« Cuidoient tous li peuples les deust regarder. »
On arrive sous le portique du temple, et là on s'arrête : c'est sur ce seuil vénéré, derrière lequel apparaissent l'autel étincelant de lumières, et les vitraux aux mille couleurs, et les statues des saints, pris aussi à témoin de ce qui va se passer, que l'époux donne la main à sa jeune épouse, que le prêtre vient recueillir de leur bouche la déclaration de leur consentement mutuel, et que le mariage s'accomplit enfin J>er verba de prœsenti, c'est-à-dire par l'échange du oui sacramentel, qui se prononce aujourd'hui devant un magistrat en habit noir, dans une salle froide et nue, au milieu d'un appareil fait pour glacer les cœurs les plus chauds. Cette coutume de célébrer la