CHAPITRE I
Observations
OBSERvATION | (inédite)
Clinique des maladies mentales, service de M. le professeur Pierret.
L. Marie, 36 ans, ne présente rien de notable dans ses antécédents familiaux et personnels. e
Elle a eu deux enfants, et peut-être la syphilis.
Elle aurait pris depuis qu’elle est à l'asile de Bron des attaques épileptiformes ; la dernière remonterait à deux ans et le nombre de ces attaques ne dépasserait pas quatre. A la suite de la dernière attaque, elle fut prise de paralysie l’obligeant à garder le lit pendant plusieurs mois. A ce moment l'hémiplégie était complète à droite. Habituellement pas de délire. Jamais de période d’excitation.
Actuellement -la malade se lève et peut se livrer sans peine à quelques occupations. Elle reste cependant ordinairement assise, immobile, la face inerte et sans se mêler en rien à ce qui se passe autour d'elle.
Etat physique satisfaisant ; les fonctions organiques s’accomplissent normalement.
L'intelligence de la malade est très bornée. Lorsqu'on la questionne, ses réponses sont souvent inintelligibles. Elle présente d’ailleurs une grande paresse intellectuelle.
La sensibilité est bien conservée, soit à la piqûre soit au pincement. La sensibilité tactile et à la température est égale des deux côtés. Aucun trouble des organes des sens,
La motilité se ressent de l’hémiplégie droite, signalée dans les antécédents de la malade. Le bras droit est immobile, pendant, quelquefois soutenu par le gauche. Si on commande à la malade de saisir un objet avec la main droite, elle soulève d’abord son bras droit avec le gauche, puis après une série d’oscillations irrégulières et qui d’ailleurs ne se manifestent pas toujours, elle arrive avec peine au but proposé. L'objet saisi, il se produit dans tout le membre droit une sorte de trémulation musculaire qui se propage de la main vers l'épaule et qui cesse après quelques instants. Quand la malade s'efforce de serrer un objet, les efforts se font par brusques saccades.
Rien de semblable à gauche, où les mouvements s’exécutent normalement.
Au dynamomètre, on trouve 20 à gauche ; pour la main droite la pression est nulle.
Au repos, la face de la malade ne présente rien d’anormal, mais lorsqu'on fait parler la malade, en provoquant chez elle un travail de la mémoire, on observe dans tout le côté droit de la face, des petits mouvements convulsifs, choréiformes. La commissure des lèvres est tirée alternativement en haut et en bas, par la contraction des muscles qui s’y insèrent. La langue, légèrement déviée, est aussi animée d’un léger tremblement. Il se produit une série de mouvements choréiformes qui donnent à cette partie droite de la face une expression grimaçante, et qui occasionnent un peu de tremblement dans la voix et de saccade dans la parole.
OBSERVATION II (inédite) Clinique des maladies mentales, service de M. le professeur Pierret. D. Marguerite, 62 ans, illettrée, née de parents incon-
nus. Tempérament ultra-nerveaux.
Mariée, une première fois à 19 ans, elle eut un enfant
qui mourut au bout d’un an. Elle s’est remariée à 56 ans : le second mari, âgé lui-même, avait 5 enfants dont le soin incombait à sa nouvelle épouse. La malade dit avoir eu de grands ennuis ; son premier mari était alcoolique, elle prétend elle-même être très sobre.
Il y a deux ans environ, elle perdit subitement la parole, presque sans prodromes. Avant cette attaque, on n'avait remarqué chez elle rien d’anormal; elle se plaignait seulement d’une sensation de brûlure autour de la ceinture.
L'aphasie aurait disparu au bout d’un mois après l’application d’un vésicatoire à la nuque. Les douleurs en ceinture avaient cessé de se produire. Il y avait, en définitive, une apparence de guérison complète. Mais un soir, la malade se plaignit d’avoir froid, elle grelottait et le lendemain matin on s'aperçut qu'elle était paralysée du côté droit des membres et peut-être aussi de la face. Cette paralysie semble n'avoir pas duré longtemps. C’est du côté de l'intelligence surtout qu'on vit alors des symptômes graves : perte de la mémoire, envies continuelles de pleurer, actes enfantins ou absurdes. Un jour la malade se plaignit d’avoir perdu ses mains et ses pieds : elle ne les sentait plus.
De temps en temps, excitation assez violente, emportement sans raison. Dans ces moments, on à vu la malade s'échapper de chez elle et s’en aller dans les rues aù hasard. :
Au moment de l'entrée, pas de traces de paralysie. Il y a de la faiblesse dans les deux bras, mais d’une façon à peu près égale. La démarche est lente, peu assurée, mais pas de claudication ni d'ataxie. Pas d’asymétrie faciale.
On note un peu de tremblement fibrillaire de la langue tirée hors la bouche, pas de tremblement des lèvres au moment de l'émission des sons. La parole est seulement lente, comme celle d'une personne fatiguée. Pas de tremblement des mains,
Not
Au mois de mars, on constate de l’amnésie partielle : la malade dit qu'elle a 50 ans {elle en a 62) elle a su ses lettres mais ne peut plus ni lire ni épeler; elle ne sait plus signer son nom. |
Chez elle, l'effort cérébral se traduit par un tremblement de la main droite et du pied droit. On peut produire le mouvement de son bras droit en lui faisant chercher le nom de son mari.
Dans la nuit du 16 au 17 octobre, la malade eut une attaque : elle voyait dans la salle des hommes ou des objets qui lui faisaient peur. Elle criait et se débattait et finalement elle tombe de son lit. En la relevant on remarque qu’elle était paralysée du côté droit comme au moment de la première attaque.
A ce moment, décubitus dorsal, physionomie indifférente. La malade parait ne pas comprendre les paroles qu'on lui adresse. Deux ecchymoses, l’une au bras gauche l’autre à la partie inférieure de la cuisse gauche, dues probablement à la chute du haut du lit.
Le bras droit soulevé retombe lourdement, sans que la moindre résistance musculaire se produise. Au contraire, si on essaye de mouvoir le bras gauche, on à la notion d’une résistance réelle. La sensibilité du membre supérieur droit est notablement diminuée. Celle du membre supérieur gauche l’est aussi, mais à un degré moindre. Des deux côtés il faut une piqûre d’épingle très forte pour éveiller la sensibilité de la malade qui fait alors des mouvements de défense tout en conservant son visage absolument indifférent.
Du côté des membres inférieurs, oh de presque absolue du côté droit, le gauche ayant conservé sa motilité normale et faisant même des mouvements fréquents
-sans but, mais n'ayant pas le caractère convulsif. La
sensibilité est amoindrie des deux côtés, mais un peu plus à droite.
Exaltation très D oh des de réflexes rotuliens,.
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À la face: Physionomie hébétée, congestion du visage (habituelle). On ne parvient pas à faire tirer la langue. Il manque des dents à la mâchoire supérieure gauche, ce qui déprime la lèvre à ce niveau et empêche d'évaluer l'état relatif des commissures labiales. Celle de gauche paraît abaissée. Rien de particulier dans les plis du visage, rien du côté des paupières ni des yeux. Pas de déviation conjuguée. Déglutition difficile : l'introduction d'aliments est suivie d’un accès de toux.
Sensibilité de la face normale à gauche, diminuée à droite.
Etat cérébral : Absence complète de langage. Un petit gémissement si on contrarie la malade. Les paroles qu’on lui adresse ne paraissent pas comprises et cependant le coma est loin d'être absolu. Ainsi, si on se place à une certaine distance et qu'on prononce à haute voix le nom de la malade, on la voit tourner légèrement les yeux du côté où on l'appelle. Il est remarquable de voir que la faculté d'attention a été se réveillant de plus en plus depuis le commencement de l’examen. Il y a maintenant un peu plus de conscience.
Le lendemain l'indifférence est moindre. La malade tourne la tête en tous sens. La paralysie des membres est toujours aussi prononcée. En adressant la parole à la malade il semble que l’on suscite chez elle des efforts d’intelligence, car la physionomie devient attentive, les yeux se fixent sur l'interrogateur. Comme au temps de son entrée à l'asile elle pousse alors de petits gémissements {comme pour déplorer l’état où elle se trouve). Les membres supérieurs et inférieurs droits sont animés au même moment de mouvements marqués, sans direction, sans but apparent, mais n'ayant pas réellement le caractère épilepti- Jorme ; ils ressembleraient assez aux mouvements athétosiques.
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OBSERVATION III (inédite)
Clinique des maladies mentales. Service de M. le professeur Pierret.
, Julie, 77 ans, présente depuis quelques jours des symptômes d’aliénation mentale : elle s'enfuit de chez elle, le soir, à demi-nue. Depuis trente-six heures, grande agitation : elle casse et brûle tout chez elle.
Elle entre à l’asile de Bron, le 31 novembre 1899. Etat subdélirant. La malade a des idées de persécution : elle raconte qu'on la poursuit, qu’on danse devant elle, qu’on attaque sa maison la nuit, etc. Elle dit qu’on lui a brûlé les deux jambes : la malade a, en effet, de petites plaies aux jambes, mais qui ne paraissent pas dues à des brûlures. «
Son état physique est médiocre ; on à affaire à une malade plutôt faible.
Au point de vue mental, elle présente un affaiblissement marqué des facultés intellectuelles. La mémoire est profondément touchée : interrogée sur son âge elle répond qu’elle à 80 ans, qu’elle est née en 1882, qu'on n'a qu'à s'adresser au notaire, etc. é
On note une tendance à la répétition des mêmes idées. Celles-ci ne sont plus guère coordonnées et s’enchaînent mal.
La sensibilité est normale.
La moitié gauche de la face est parésiée : on constate un abaissement du pli naso-genien gauche, une diminution d'ouverture de fente palpébrale gauche et une déviation de la langue à gauche.
Les membres supérieur et inférieur gauches sont moins habiles et plus faibles que du côte opposé. Ils paraissent être le siège d’une hémiplégie gauche ancienne.
On note un tremblement manifeste des membres supérieurs eæistant au repos et qui-s'exagère, surtout à gauche quand la malade fait des efforts intellectuels ; la langue
LL TAC tremble aussi dans ces mêmes conditions, ce qui rend la parole trémulante.
OBsERvVATION IV (in Thèse de Briprer, Lyon 1902)
Service de M. le professeur Pierret.
B..., Marie, 77 ans, illettrée. Entre à l'asile le 9 octobre 1901.
Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. Hémiplégie ancienne à gauche. A l’âge de 75 ans, elle perd la vue et devient mélancolique. Cette mélancolie se transforme en un délire d’abord tranquille, puis avec des accès d'excitation. EÆElle entre avec le certificat d'admission suivant : aliénation mentale avec accès de délire furieux.
La mémoire est partiellement conservée; la malade s'embrouille sur son âge. On note du tremblement des mains au repos, qui S'exagère à l’occasion des efforts intellectuels, et surtout accentué à gauche. La langue est un peu déviée à gauche. Les plis de la moitié droite de la face sont un peu abaissés. Diminution considérable de la force musculaire à gauche. .
La malade très affaiblie, meurt le 22 novembre.
OBSERVATION V (inédite)
Clinique des maladies mentales. Service de M. le professeur Pierret.
R.... Jeanne, sans profession, 24 ans.-
En traitement à l’hospice du Perron, dans le service de M. Pic, pour une hémiplégie spasmodique infantile du côté gauche, avec athéthose du membre supérieur gauche et crises d’épilepsie symptomatique d’une lésion cérébrale. Elle présente, en outre, depuis plusieurs années, un état de démence progressive accompagnée d'accès impulsifs et violents qui la rendent agressive et dangereuse pour son entourage. Ces accès nécessitent son internement à Bron,
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Etat physique : La malade est de taille moyenne, obèse. La face est très large, en pleine lune, les joues sont colorées. Elle présente de l’asymétrie faciale : le côté gauche est moins développé que le droit ; la ligne des sourcils s’inceline de droite à gauche, — la joue gauche est moins saillante que la droite, l'œil gauche moins ouvert que le droit.
Le crâne est petit et moins développé à gauche.
Dentition défectueuse : implantation irrégulière, dents très petites.
Cou large. La glande thyroïde n'est pas apparente. Thorax plus développé à droite. Le sein gauche paraît au contraire, plus volumineux que le droit.
Le membre supérieur gauche est contracturé. Pas de sillons unguaux à gauche. A droite, l’ongle du médius et celui de l’annulaire présentent une même déformation, sillon profond transversal vers le milieu deda hauteur, qui semble d’origine traumatique.
Le membre inférieur gauche est contracturé. Léger genu valgum, pied en varus equin. La malade marche en fauchant. On observe un raccourcissement portant surtout sur le tibia : il y a une différence de deux centimètres avec le côté droit. Les ongles des orteils présentent une série de légers sillons.
Aucune lésion des viscères thoraciques ou abdominaux. Pas d’albumine. Urates et phosphates en grande abondance.
Système nerveux : On observe une hémiplégie spasmodique gauche. Exagération du réflexe rotulien à droite ; à gauche la percussion du tendon rotulien ne donne pas lieu à un mouvement franc, mais à une sorte de trémulation.
La sensibilité est normale.
La malade prend des crises épileptiques quotidiennes avec incontinence des matières et de l'urine et élévation | thermique.
État mental : Les fonctions intellectuelles de la malade sont très peu développées. Elle sait à peine lire et parle
Re peu. Elle est souvent irascible et indocile, surtout avant la crise : elle frappe et cherche à mordre ou bien profère des injures. C’est d’ailleurs ces accès violgnts qui ont nécessité son internement à l'asile de Bron.
La mémoire est affaiblie. La malade répond aux questions d'une voix lente, qu'elle ne se rappelle pas. Lorsqu'on insiste, on la voit faire des efforts de mémoire pour se rappeler son nom par exemple. Au cours de cet effort de rappel, on assiste alors à des mouvements athétosiques dans le membre supérieur gauche qui est parésie. L’intensité de ces mouvements est variable suivant le moment. Ils consistent en desmouvements de pronation et de supination forcés; de flexion et d'extension du poignet; d'inclinaison du poignet sur le bord cubital de l’avant-bras ; de flexion et d'extension des phalanges. Ces mouvements sont lents et mal rythmés et ne se produisent qu’à l’occasion des efforts intellectuels. Les efforts de la mémoire en même temps qu’ils s'accompagnent de ces mouvements athétosiques, provoquent chez la malade une angoisse très apparente ; la malade semble présenter de la recherche angoissante des mots et des idées.
OBsERvVATION VI (inédite)
Hôpital du Perron. Service de M. Pic.
L. Pierre, âgé de 44 ans, exerçant la profession de cartonnier, fut d’abord hospitalisé à l'hôpital de la Croix- Rousse au mois de janvier 1900 pour la maladie actuelle, et entre le 30 mars 1903 à l'hôpital du Perron, dans le service de M. Pic.
Nous signalerons dans ses antécédents familiaux, qu’il a eu trois sœurs mortes en bas âge, que sa mère est vivante et bien portante et que son père est mort d'accident à 28 ans.
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Nous noterons, dans ses antécédents personnels, qu'il eut, étant enfant, la coqueluche, la rougeole, et une poussée d'ictère bénin. Il est marié, sa femme est bien portante, mais elle eut quatre fausses couches à 7 ou 8 mois.
I fut exempté au conseil de revision pour faiblesse générale. Pas de syphilis apparente. Alcoolisme mixte : 3 à 4 litres de vin et 3 à 4 absinthes par jour.
Le 2 janvier 1900, le malade se rend à son travail vers 8 heures du matin, se plaignant d’une céphalée très vive. Dans la matinée, il présenta un ictus sans perte de connaissance, mais avec déviation de la commissure labiale gauche et parole embarrassée et incompréhensible.
A la suite de cet ictus, on constate la présence d’une hémiplégie gauche.
Le malade fut hospitalisé à la Croix-Rousse, puis au Perron dans le service de M. Pic. Six mois après l’ictus, le membre inférieur gauche avait recouvré une partie de ses mouvements.
Au moment de son entrée à l'hôpital du Perron, l’hémiplégie gauche était très nette. Au membre supérieur gauche on constate que le bras est collé au tronc. L’avantbras est fléchi à angle droit, les doigts sont fléchis dans la paume de la main. Les fiéchisseurs sont contracturés. Les
mouvements de pronation et la supination sont impossibles.
Au membre inférieur gauche, on peut fléchir la jambe sur la cuisse jusqu'à angle droit, la flexion de la cuisse sur le bassin est possible. Le pied est en varus equin.
La contracture est beaucoup moins marquée qu'au membre supérieur.
A la face, on constate un léger affaissement de la joue gauche, le pli naso-genien gauche est moins marqué que le droit. Le malade ne peut siffler. La langue n'est pas déviée. Pas de chute des paupières. Les mouvements de la tête ne sont pas limités.
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L'aspect du visage n'offre rien de bien particulier, mais il semble que le facial inférieur participe à l'hémiplégie gauche, tandis qu'il y à intégrité du facial supérieur.
On remarque la présence d’un tremblement généralisé à tout le côté gauche. Ce tremblement daterait de lictus et aurait persisté depuis.
Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés, surtout à gauche. Le réflexe plantaire, existe à droite, est aboli à gauche. Le réflexe crémastérien est aboli des deux côtés. Les réflexes cornéens sont conservés, et le réflexe olécranien qui existe à droite est aboli à gauche.
[ n'y a pas de troubles de la sensibilité thermique. La sensibilité à la piqûre est très diminuée à gauche, surtout au membre inférieur, Légère hyperesthésie à droite.
La chaleur locale semble diminuée à gauche.
Le malade présente une «amnéste asses marquée. Par moment il dit exactement la date du début de sa maladie, d'autres fois il ne s’en souvient plus. Parfois il oublie le quantième du mois et même l’année. Il déclare que le siècle a commencé en 1893, etc., et il ne peut indiquer la succession des mois. Aussi le rappel de ses souvenirs parait-il s'accompagner d'un effort intellectuel considérable. C’est alors que l’on peut observer une exagération très manifeste du tremblement gauche généralisé que présente le malade. Au repos ce tremblement est peu apparent et souvent même ne se produit pas. Il est constitué par des oscillations régulières, au nombre de 5 à 6 par seconde et de faible amplitude. Il s'exagère à l’occasion des mouvements. du malade, surtout au niveau du membre inférieur. Par exemple, si la jambe gauche étant en extension sur la cuisse, on la fait mettre en flexion, on constate, sous l'influence de ce changement de position, une exagération du tremblement ; après un temps variable le tremblement diminue et revient à son intensité habituelle. |
L'intensité s’accroit de nouveau pendant quelques ins-
LS
Prcpe tants si l'on fait remettre la jambe du malade en extension sur la cuisse. -
Cette exagération du tremblement s'observe également d’une manière très nette, lorsque l’on provoque chez ce malade maintenu au repos le plus complet, un effort intellectuel quelconque. Le nombre des oscillations, qui sont très régulières, ne paraît pas augmenté. Il demeure d'environ 5 à 6 par seconde; maisc'est sur l’amplitude des vibrations que porte l’exagération, et celle-ci est surtout apparente au membre inférieur gauche parce qu'il est moins contracturé que le membre supérieur. C’est au niveau du pied qu'on observe le maximum de tremblement : il tremble en masse, dans sa totalité. La jambe et la cuisse tremblent aussi dans leur totalité ; le nombre des oscillations est le même qu'au pied, mais l'amplitude est moindre. Il semble que ce soit le même mouvement qui se propage depuis la racine du membre jusqu’à son extrémité en augmentant d'amplitude à mesure qu'il approche de celle-ci. Le tremblement diminue lentement après l'effort intellectuel et revient peu à peu à son état habituel.
Chez cet hémiplégique, comme chez la malade de l'observation précédente, on remarque que la recherche des mots et des idées s'accompagne d’une certaine angoisse
quise peint très nettement sur la face et qui dure aussi longtemps que l'effort de la mémoire.