LE AT
Il est certain, en effet, que grâce à elle, le malade est obligé de faire un effort de mémoire beaucoup plus grand, afin de pouvoir répondre aux questions qui lui
sont posées. Il doit suppléer à l'insuffisance de ses
souvenirs par un travail de rappel d'autant plus considérable que sa mémoire est plus atteinte, et plus cet effort de rappel sera pénible, plus le mouvement mnémonique apparaitra facilement.
Nous signalerons enfin, que chez deux de nos malades (obs. V et VI), l'effort de rappel s’accompagnait d'un sentiment d'angoisse très marqué, qui se réflétait sur le visage et qui durait aussi longtemps que la recherche des mots ou des noms. Cette sensation angoissante doit être attribuée, non pas à la trémulation mnémonique qui, en réalité, affecte peu les malades qui ne s’en aperçoivent même pas toujours, mais bien à cette tendance particulière et toute naturelle que nous avons, à éprouver une sensation pénible lorsqu'il nous est impossible, malgré nos efforts, de rappeler certains de nos souvenirs. Aussi
cette sensation pénible, véritable tentative de sur-
charge dynamique d'éléments nerveux insuffisants, se transforme-t-elle facilement en une sensation angoissante, chez des malades atteints d’amnésie partielle et pour lesquels tout rappel est l’occasion d’un effort de
mémoire considérable qui, souvent même, reste
inutile. |