‹ Le Tremblement et les Spasmes MnémoniquesChapitre 7 sur 12 · RE UE ENS E · texte numérisé non relu

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et Buccola, dans son important travail sur les idées fixes, comparait à juste titre, l’idée fixe, véritable convulsion de l’idée, au mouvement spasmodique d’un muscle.

D’autres exprimeront l'effort de leur pensée par l'émission d'un son, ou par la prononciation d’un mot où d'un membre de phrase. D’autres enfin auront des idées impulsives, tantôt provoquant lexécution d'actes plus ou moins compliqués, tels que compter, ranger des objets sur une table, etc., tantôt se bor-

- nant à un fait de conscience sans manifestations exté-

rieurs tel que le sentiment de peur perpétuelle non motivée. :

Puisque chez tous les individus et particulièrement chez les névropathes, l'effort intellectuel retentit sur organisme, n'est-il pas tout naturel d'observer également une réaction physique chez les hémiplégiques ? Chez ces prédisposés accidentels, en effet, l’eifort de la mémoire provoque parfois l'apparition d’un tremblement ou de spasmes, dont l'étude constitue l’objet de ce travail et que nous décrirons sous le nom de tremblement et de spasmes mnémoniques. Tantôt, en effet, ces mouvements involontaires méritent, par la régularité de leur rythme, le nom de tremblements proprement dits ; d'autres fois, au contraire, leur caractère irrégulier les font plutôt ranger dans la classe des mouvements spasmodiques.

Le tremblement et les spasmes mnémoniques sont done constitués par ces mouvements involontaires, d'amplitude variable et de rythme plus ou moins régulier, que l'effort de la mémoire provoque chez cer-

tains hémiplégiques. Mais tous les hémiplégiques, quels qu'ils soient, ne pourront pas présenter ce tremblement ou ces spasmes. Deux conditions, en effet, sont nécessaires à la production de ces mouvements : il faut en premier lieu que l’hémiplégie ne soit pas complètement flasque, car aucun mouvement n'étant possible, il ne saurait y avoir de tremblement ni de spasmes. Il faut en second lieu que la contracture secondaire ne soit pas devenue une rigidité absolue, car dans ce cas on n’observe jamais ni tremblement ni spasmes. ;

Le tremblement et les spasmes mnémoniques ne devront donc être recherchés que chez des malades présentant une hémiplégie, ni complètement flasque ni absolument rigide, ce qui se rencontre le plus souvent chez de vieux hémiplégiques partiellement guéris. Il peut même arriver que l’on observe ces troubles moteurs post-hémiplégiques chez des malades ne présentant plus à un examen attentif aucune trace d’hémiplégie, celle-ci étant entièrement guérie. Dans ce cas, elle n’est révélée à l'observateur que par l’étude des antécédents du malade, et il peut même se produire ce fait curieux, que c’est simplement par l’existence d’un tremblement ou de spasmes mnémoniques, que le médecin est amené à soupçonner l’état antérieur de son malade. :

On conçoit donc l'importance considérable que peut présenter la constatation de tremblement ou de spasmes mnémoniques, au point de vue de l’établissement d'un diagnostic actuel, puisque ces troubles moteurs suffisent à eux seuls à établir un diagnostic

Son

rétrospectif d'hémiplégie ancienne. Ils ont la mème valeur, comme symptôme de cette affection, qu'un des signes de la triade d'Hutchinson par exemple, comme symptôme de la syphilis héréditaire. Il est certain et nous l'avons déjà dit, que les troubles moteurs mnémoniques ne constituent pas un symptôme pathognomonique constant de toute hémiplégie guérie; mais quand ils existent, le diagnostic d'hémiplégie ancienne s'impose, tout comme celui. de Sy= philis héréditaire lorsqu'on observe la triade d'Hutchinson, bien que celle-ci soit loin d'exister dans tous les cas.

Les tremblements ou les spasmes mnémoniquesont les caractères généraux communs à tous les troubles moteurs posthémiplégiques, dont ils ne sont d’ailleurs qu’une variété particulière. Leur mode de production, c'est-à-dire leur apparition sous l'influence des efforts de la mémoire, constitue leur seul caractère spécial. Ces phénomènes moteurs posthémiplégiques sont aujourd’hui bien connus. Travers, le premier, en 1835, attirait l'attention sur eux, en publiant un cas d’hémiplégie avec mouvements spasmodiques choréiformes. En 1874, Weir Mitchell étudie l’hémichorée posthémiplégique, qu’il nomme hémichorée symptomatique. Charcot, en 1875, lui consacre une leçon, et l’année suivante, en 1876, Raymond en fait l’objet de sa thèse inaugurale. En 1876 également, Charcot étudie l’hémiathéthose posthémiplégique, et dans la suite décrivit un tremblement posthémiplégique analogue à celui de la paralysie agitante. Raymond, de son côté, observe des cas simulant le tremblement de

ET la sclérose en plaque, tandis que Grasset étudie un mouvement involontaire qui se rapproche beaucoup de l’ataxie.

Mais, comme le fait remarquer Déjerine, à côté de ces formes types, il existe encore des variétés cliniques plus complexes. « Un même malade peut présenter, dit cet auteur, un tremblement existant au repos (analogue à celui de la paralysie agitante) et un autre tremblement ne se produisant qu’à l’occasion des mouvements volontaires (analogue à celui de la sclérose en plaques). On aura alors chez le même malade deux types différents associés. D’autres fois le trouble moteur se rapproche par certains caractères des types connus et s’en éloigne par d’autres, sans se confondre en réalité avec aucun d'eux : ce sont des formes intermédiaires ou de transition. Enfin, ôn a même observé des faits cliniques où des troubles moteurs se succédaient, un tÿpe disparaissant pour faire place à un autre. Aussi actuellement faut-il considérer ces troubles moteurs posthémiplégiques comme constituant un groupe clinique dans lequel on distingue plusieurs types pour la facilité de la description. »

Et cette extrème variabilité des caractères, nous la rencontrons également en ce qui concerne les mouvements mnémoniques. Comme les troubles moteurs post-hémiplégiques dont ils ne constituent qu’une variété particulière, ils peuvent se présenter, en effet, sous des formes très différentes, souvent même opposées. |

Par la régularité de leur apparition et de leur

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