‹ Le Tremblement HéréditaireChapitre 10 sur 32 · LINE · texte numérisé non relu

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développement génital du garçon, en un mot l’époque de la puberté semble la plus favorable à l’éclosion du tremblement héréditaire. Certains auteurs ont justement fait remarquer que le début très précoce est souvent méconnu. L'enfant ou la famille n’attirent l'attention du médecin qu’au moment où le tremblement est marqué et qu’il gêne les mouvements plus ou moins délicats, demandant une certaine précision. C’est un enfant qui écrit mal, qui ne peut coudre. A table, les parents s’aperçoivent que les gestes de lenfant sont peu sûrs.

Toutefois, rarement à cette période de début, le tremblement acquiert l'intensité qu'il aura quand 11 s’installe définitivement.

Le plus souvent il est léger, siégeant aux membres supérieurs, très rarement à la tête, plus fréquemment aux membres inférieurs : dans ce dernier cas, l'enfant s’en aperçoit quand, pour une cause quelconque, il est obligé de se tenir sur un seul membre, l’autre ayant un léger point d'appui, par la pointe, sur le sol ou sur un objet surélevé. Le membre reposant sur la pointe est le siège d’un tremblement ou, à son plus faible degré, d’une sensation de faiblesse désagréable. Si on pose alors les mains sur les épaules de l’enfant, on s'aperçoit qu’elles sont le siège d’un tremblement vibratoire rapide et nettement perçu. Le tremblement qui au début ne se manifeste qu’à l’occasion des mouvements disparaît par le repos. L’amplitude des mouvements n’a pas d’ac-

tion sur l’intensité du tremblement. La frayeur l’exagère. Le sommeil l’efface complètement.

À un âge plus avancé, le sujet sait qu’il tremble : il s’en inquiète, parfois (très rarement, malheureusement !) consulte un médecin, souvent s’isole simplement de toute société, et ce sera le germe des complications psychiatriques dont nous aurons l’occasion de parler dans un autre chapitre.

Examinons ce tremblement, son siège, son amplitude, son rythme, l’influence de l’acte, son évolution et son étude graphique.

Les différentes observations que nous avons pu examiner permettent de classer les trembleurs en trois catégories :

1° Ceux qui présentent simplement du tremblement vibratoire de 8 à 9 oscillations par seconde, persislant au repos, peu ou pas modifié par les mouvements volontaires.

I1 semble que ce soit là la majorité des cas cliniques de très jeunes trembleurs.

2° Ceux qui présentent du tremblement de rythme moyen, 5 1/2 à 7 1/2 oscillations par seconde, pouvant être remittent intentionnel.

3° Ceux qui présentent un tremblement lent de 4 à 5 1/2 oscillations par seconde, persistant au repos et peu ou pas modifié par les mouvements volontaires. |

C’est par ce dernier genre clinique que le tremblement héréditaire simule le tremblement sénile.

C'est dire la diversité clinique du tremblement héréditaire. ed

Le tremblement atteint assez. souvent la tête, contrairement à ce que l’on croyait: dans ce cas il coexiste avec un tremblement généralisé du corps ou tout au pions avec du tremblement des membres supérieurs.

Chez le nourrisson. le tremblement de la tète. seulement, à l’exclusion de toute localisation, a été vu.

Les membres supérieurs sont le plus souvent atteints, parfois d’un seul côté, généralement des deux.

Rarement il y a atteinte isolée des membres inférieurs. Dans ces cas il y a tremblement généralisé, épargnant toutefois la tête, ou latteignant. Les cas de tremblement d’un seul membre, inférieur : ow supérieur, ou de deux membres à type PRESSE sont très rares.

Nous allons décrire le tremblement de rythme moyen, celui que l’on voit le plus couramment quand: on est en présence d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui consulte pour son infirmité,

La démarche est ferme et assurée. Aux membres: supérieurs, les actes qui nécessitent des mouvements précis et délicats, tels que celui de l'écriture sont troublés par la trémulation de la main. Souvent, à. cette époque, 1! n'y a pas de gêne dans l’accomplis-, sement des autres actes de la vie ordinaire : ils peuvent s’habiller, boutonner leur vêtement, couper leur

pain et même porter facilement un verre à leur bouche.

Sous l'influence de l'émotion, le tremblément acquiert un plus grand degré d'intensité : l’écrituré est alors manifestement altérée dans sa forme et parfois même impossible. Les autres mouvements d’un tour plus grossier peuvent être rendus momentanément plus difficiles : le malade a beaucoup de peine à rouler une cigarette, par exemple.

La fatigue également, ainsi que les veillées tardives, accentuent ce tremblement qui très souvent existe au repos et ne s’accentue pas au cours des actes (1). | ÉRER

L'examen général montre que les membres inférieurs tremblent quand on prie les malades de s’asseoir et de les allonger horizontalement. Rarement ce tremblement des membres inférieurs existe au repos.

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Par ailléurs, les réflexes tendineux, cutanés, existent, sont normaux, parfois un peu exagérés. Pas de trou-

(4) Il n’en est pas toujours ainsi, l’influence des mouvements volontaires, tantôt exagérant le tremblement, tantôt le diminuant. C'est surtout des membres supérieurs que se plaint le malade. négligeant le tremblement des lèvres, des paupières ou de la tête qui, n'étant pas nets, n'attirent pas son attention.

Plusieurs auteurs insistent particulièrement sur le fait que les doigts isolés ne tremblent pas, et c’est là, disent-ils, un précieux signe pour le diagnostic du tremblement éthyligne acquis. En réalité, il n’en est pas toujours ainsi, les doigts pouvant trembler pour leur propre compte dans le tremblement héréditaire, alors que la main est au repos et que l’on dit au malade d'étendre chaque doigt isolément.

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bles de la sensibilité, pas d’autres signes nerveux. Intelligence intacte.

L'évolution se fait progressivement ; le tremblement s’accentue au repos, mais n’augmente toujours pas dans les mouvements volontaires. Le malade est le plus souvent obligé d'abandonner son métier, si ce métier nécessite une certaine adresse (garçon de café, horloger, monteur en bijoux, etc.). Sauf complications (neurasthénie, cyclothymie, mélancolie, manie, qui sont susceptibles de changer le pronostic quoad vitam), les malades restent infirmes jusqu’à la fin de leurs jours, et nous savons, d’après les travaux de Minor, qu’ils semblent avoir une longévité exceptionnelle.

TL e ET corr£ 1893 L'iBis ER D IE ETS TS 1 10

Ag e0e tar LES EP E

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F1G. 1. —- Tremblement héréditaire, tracé de la tête.

FiG. 2. — Tremblement héréditaire, tracé de la main. (D’après Achard.)

Ecriture de tremblement héréditaire. (Raymond.)

Fi. 3 — Tremblement sénile, tracé de la tête.

Fi. 4. — Tremblement sénile, tracé de la main.

Graphiques ayant servi à M. le Professeur Achard pour démontrer l'identité du tremblement héréditaire et du tremblement sénile.

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