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En 1927, deux mois après son arrivée en France : nouvelle crise: 12 à 15 selles par jour, glaireuses, odeur fétide, accompagnées de ténesme et de fatigue extrême.
C'est dans cet état que nous voyons le malade ; aussitôt, le 10 mai 1927, nous pratiquons l'examen des selles sur deux échantillons : présence de nombreuses amibes et spirilles. Le malade est soumis au tréparsol: deux comprimés de 0,50 centigramme, quatre jours sur sept.
Au bout de deux semaines, les selles deviennent plus rares,
semi-pâteuses ; disparition du ténesme et de l'odeur fétide.
Le 11 novembre 1927, un nouvel examen des selles révèle seulement quelques kystes amibiens.
Le malade continue le tréparsol : revu une dernière fois le 15 juin 1927; bon état général, bon appétit, amélioration de la côlite, S
Malgré la disparition des symptômes cliniques, un troisième examen des selles montre encore quelques kystes amibiens.
Nous conseillons de continuer le tréparsol dix jours sur
trente.
Il s’agit d’un malade atteint d’une dysenterie amibienne avec spirilles associés, dont le tréparsol a amélioré les symptômes cliniques malgré la persistance des kystes d’amibes.
OBSERVATION V
Mme K..., 42 ans.
En septembre 1926 au cours d’un voyage en Egypte, a
PET ee contracté une dysenterie amibienne aiguë, qui, à l’émétine, a amélioré.
En mars-1927, vient en France, deux mois après, présente des douleurs abdominalesavec 7 à 8selles par jour, glaireuses, non sanguinolentes.
A l'examen: ventre empâté, douloureux dans son ensemble avec maximum dans la fosse iliaque gauche où le côlon se contracte sous la main ; foie débordant de deux travers de doigts les fausses côtes et remontant jusqu'au mamelon, est sensible à la pression; rate percutable.
Un examen des selles nous révèle de nombreux amibes et kystes.
La malade est mise immédiatement au tréparsol (un comprimé 0,50 centigramme par jour, 4 jours sur 9) associé à l'émétine. Au bout de dix jours seulement 2 selles par jour; disparition des douleurs abdominales, bon état général.
Un nouvel examen des selles montre encore quelques kystes d'amibes. La malade continue le tréparsol quatre jours sur sept pendant un mois. Revue une dernière fois le 2 décembre 1927; elle va bien, le foie est toujours gros, mais a perdu sa sensibilité. Les selles sont normales ne contenant
plus ni amibes ni kystes.
Cette observation nous montreune malade atteinte de dysenterie amibienne avec rechute, chez qui le tréparsol a amélioré l’état général, la côlite et fait disparaître les amibes et les kystes.
Les résultats thérapeutiques du tréparsol dans l'Amibiase
Dans la dysenterie amibienne aïguë, le tréparsol a donné de bons résultats ; ses effets cliniques sont indiscutables et sûrs. Les amibes et les kystes disparaissent rapidement, en deux ou trois jours ; le nombre des selles diminue en même temps, la consistance en devient plus ferme, et les matières se moulent en trois, quatre ou cinq jours.
Dans tous les cas, nous avons observé, et nous avons eu l'occasion de revoir plusieurs de nos malades, qu’au bout du septième jour, les coliques avaient disparu, le sommeil, l'appétit, la gaité étaient revenus, les selles étaient devenues normales et souvent nous n'y retrouvions ni kystes ni amibes.
Le tréparsol est d’une activité incontestable également, dans les formes chroniques, il agit heureusement sur les associations parasitaires et détermine une sédation des phénomènes douloureux et une amélioration notable de la flore pathogène des fèces.
Sans détrôner l’émétine ; véritable médicament spécifique, dans les cas vraiment rebelles comme le montre notre observation Il, l'association des deux nous a donné des résultats encourageants, le tréparsol se montre comme un complément
indispensable et un antagoniste heureux ; il permet
de
de remonter rapidement l’état général des malades, d’espacer les injections d’émétine ; enfin il peut être utilisé chez les sujets émétinorésistants.
Après une cure, généralement, la crise s’atténue et le malalle guérit ; ou bien une amélioration survient, mais dans certains cas, l'affection continue à évoluer sous une forme chronique. Après quelques observations, nous avons reconnu qu’il était indispensable de continuer, pendant un certain temps un traitement d’entretien, discontinu tous les deux ou trois mois, quinze Jours sur trente.
Les cas chroniques. — Comme le montre notre observation I, chez certains malades, souffrant depuis longtemps d'une dysenterie avec des kystes, et saumis antérieurement à plusieurs traitements qui ont échoué, c’est le tréparsol que nous avons employé ; cette malade qui avait trois à quatre selles par jour, non moulées, et douloureuses navait plus qu’une selle moulée, indolore, dès le deuxième jour d'administration du tréparsol. Depuis, l’amélioration se poursuit régulièrement, si bien que nous ne doutons pas de la guérison. Quoi qu'il en soit, malgré l'amélioration clinique et la disparition des kystes dans les selles, il est prudent de garder quelques jours les malades sous l’action du tréparsol car les rechutes sont parfois à craindre.
Aussi on peut conclure que le tréparsol est une arme efficace contre la dysenterie amibienne aiguë et chronique. Utilisé seul, au cours d’une crise, il
est capable d’en arrêter l’évolution et il garde sur
LHUTQUEE
les kystes une action indéniable, par sa teneur plus forte en arsenic, il paraît plus actif que les autres préparations similaires. En outre, il est un tonique précieux pour relever rapidement l’état général des malades particulièrement affaiblis par une deshydratation continuelle de l’organisme ; sa tolérance est parfaite, +
Stérilise-t-il complètement le tube intestinal ? L'affirmer d’une façon générale serait imprudent, car il est des cas commeune de nos observations le montre, où malgré l'amélioration clinique les kystes résistent au tréparsol ; peut-être un traitement prolongé pourrait lutter efficacement contre eux, mais certains malades abandonnent trop tôt le traitement ; sans doute, dans ces cas aussi, le tréparsol agit merveilleusement, mais son action n’est pas durable, car il existe des kystes arsenico-résis-
tants.