Plutarque, De stoicorum repugnantiis, IV
6. A. Nauck, Tragicorum grsecorum fragmenta, 2e édit., p. 812 à 816 ; cf. J. J. Bernoulli, Griech. Ikon., 2e partie, p. 55. Pour les motifs exposés, on ne peut pas s'appuyer sur l'inscription du gobelet afin de démontrer que Moschion était Athénien.
T. Les restaurations lui enlèvent toute valeur iconographique. Cf. Visconti, Iconographie grecque, L pl. VIII; Clarac, Musée de sculpture, pl. 840": Kaibel, Inser. gr. S ici t. et Ital., n. 1 187.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
une véritable renommée, puisque Ménandre le mentionne dans une de ses comédies1. De Monimos il ne nous reste, pour ainsi dire, rien2.
Un nombre respectable de portraits de ces poètes et de ces philosophes est arrivé jusqu'à nous; mais leurs images, authentiquées par des noms, comme le sont leurs squelettes sur les gobelets de Boscoreale, se comptent encore. Les têtes de ces Grecs illustres ont été souvent brisées ou ont disparu : il ne nous reste alors que des gaines, portant leurs noms. Sur celles qui proviennent des villas de Tibur ou des palais de Rome, on retrouve Sophocle, Euripide (2 fois), Zénon (2 fois), Ménandre (3 fois) et Moschion3. Dans la villa des Pisons, à Herculanum, deux petits bustes en bronze de Zénon et d'Épicure, avec leurs noms, ont été rencontrés : sur le premier de ces deux bustes, on voulait autrefois reconnaître Zénon d'Élée 4 ou Zénon de Sidon sous prétexte qu'on ne pouvait pas songer au fondateur du stoïcisme dans l'atmosphère épicurienne d'une villa d'Herculanum \ mais on a prouvé que le petit buste d'Herculanum était réellement celui de Zénon de Citium6. Le groupe des squelettes de Zénon et d'Épicure, opposés l'un à l'autre sur nos gobelets, vient appuyer cette preuve; il démontre avec évidence que le stoïcien avait sa place marquée en face d'Épicure, même dans les milieux les moins favorables à ses doctrines.
Pour indiquer le commencement de la composition, l'artiste a imaginé une colonnette sur le haut de laquelle un squelette voilé, debout, étend les deux bras en avant ; il est désigné par le nom de Clotho.
1 . Diogèse de Laerte, De cla forum philosoph. vitis, VI, 82-83. — Monimos est représente sur le même gobelet que Ménandre. En raison de l'engoùment dont les pièces de Ménandre ont joui à l'époque à laquelle remonte le gobelet, le D1' Paul Hermann pense qu'on ne doit pas rejeter de prime abord la possibilité que l'artiste ait songé à la comédie de Ménandre (lettre du 2 avril 18%).
2. Id., Fragmenta pliilosophoruni grsecorum. éd. Didot, II, p. 345.
3. Ch. Huelsen, Die Hermeninschriften beruehmter Griechen, dans Rom. Mitth., XVI 1901), n. 9 à 12, 27 à 29, 32, 40; cf. Kaibel, Inscr. gr. Sicil. et ItaL, n. 1150 à 1212.