‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 119 sur 149 · Voir la note 1 de la p · texte numérisé non relu

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3. Voir la note 6 de la p. 230; cf. Helbig, Wandgemàldè, n. 1379.

4. Helbig, Wandgemàldè, n. 1464. Cf. E. Le Blant, 750 inscriptions, n. 284, pierre gravée avec le nom d'Euripide, entouré de « larvœ scenica' » qui symbolisent ses œuvres.

o. Sogliano, Notizie degli scavi, 1897, p. 337 ; ïdv Platone nelF Accademia, avec une pl. en couleur et toute la bibliographie; cf. Petersen, Rom. MittheiL, XII (1897), p. 328- 329, où la mosaïque est reproduite avec celle de Sarsina, en Ombrie.

6 Pline, //. 2V., XXXV, n, 2.

7. Cicéron, De finibus, Y, 1,3 : Nec tamen Epicuri li cet oblivisci, si cupiam, cujus imaginent non modo in tabulis noslri familiares, sed etiam in poculis et in anulis habenl voir aussi Le Blant, 750 inscriptions, n. 623-626, pierres gravées avec le nom d'Epicure. La bibliothèque de la villa d'Kereulanu m était avant tout épicurienne.

24i MONUMENTS ET MÉMOIRES.

très avisé, ait eu, comme ceux qui tenaient une plume, l'idée de critiquer des travers qu'il observait chaque jour? Il a représenté les grands hommes de la Grèce d'une façon très originale ; son œuvre sort de la banalité ordinaire; il a en même temps attribué aux doctrines épicuriennes, alors fort en faveur, la place qui leur convenait, en les inscrivant sur des vases à boire. Mais la pensée de l'égalité de tous les hommes devant la mort domine la composition1. Elle n'était pas neuve ; - - depuis longtemps déjà mourir était la seule chose dont on fût certain sur la terre, — il a su cependant présenter cette idée d'une manière tout à fait piquante. Sous une forme à la fois satirique et discrète son œuvre flattait les instincts et les désirs du plus grand nombre.

Les légendes de nos gobelets, cela n'est pas douteux, ont pour but d'exciter les hommes au plaisir et à la volupté. Et cependant, parmi ces Grecs illustres, le seul sur lequel la verve de l'artiste se soit exercée d'une manière évidente est Épicure ; les autres ne sont en aucune façon rabaissés. Il est donc difficile de croire que l'artiste ait songé à une apologie des doctrines du philosophe; on est plutôt porté à trouver ici une satire des idées du jour. Ainsi on explique plus facilement certains détails ; surtout on comprend mieux les mots choquants inscrits au-dessus de la scène des offrandes funèbres. Cela n'empêche pas de penser que ces gobelets ont pu appartenir à des épicuriens. Est-ce que nous ne voyons pas constamment des hommes qui s'élèvent contre certaines tendances de nos mœurs, demeurer en même temps les plus fervents adeptes des doctrines qu'ils critiquent? Le dilettantisme est un produit naturel de toute civilisation.

Au mois de juin 1900, on a découvert à Herstal-lez-Liège un vase en bronze, de l'époque impériale, dont il est impossible de ne pas dire quelques mots à propos des gobelets de Boscoreale. Les reliefs représentent, en effet, des philosophes ou des hommes d'étude : aucun nom ne désigne les personnages, aucune légende n'explique le sujet, mais les scènes dont le couvercle est orné disent assez la pensée qui a pré-

l. C'est la pensée exprimée par Horace, Odes, l, lv, 13-20.

sidé aux choix des figures1. Ces reliefs n'ont rien de funèbre; ils ne font pas songer à la brièveté de l'existence ; ils ont plutôt pour but de démontrer l'inutilité de la philosophie et l'hypocrisie de la morale. Sur le pourtour du vase quatre personnages sont absorbés par le travail et la méditation ; sur le couvercle ces mêmes personnages se livrent à la débauche là plus éhontée. Mieux et plus efficacement que les plus vives satires écrites, de telles images devaient contribuer à rabaisse]' l'enseignement des prétendus dépositaires de la sagesse. Tandis que Lucien et Juvénal dénonçaient aux lettrés les vices cachés de ceux qui censuraient les mœurs ou qui se posaient en réformateurs austères, la verve mordante des artistes exprimait la même idée d'une façon plus brutale et plus pittoresque. L'esprit populaire prenait sa revanche du succès obtenu par les doctrines raffinées des philosophes2.

Nous en aurons fini avec ces gobelets après avoir rappelé qu'un vase en bronze du Musée de Naples repose, comme eux, sur trois pieds en forme de coquille '. Le motif est ingénieux et peu commun.

Il faut signaler avec les autres vases à boire un gobelet sans pendant (n. 43) 4, qui n'est pas à proprement parler une pièce artistique mais dont la décoration est soigneusement exécutée. Il ne faisait pas partie des vases exposés sur le dressoir, mais probablement il devait servir tous les jours aux besoins de la maison. Plus évasé que les précédents, il est orné très simplement : des plumes d'oiseau gravées au burin l'enveloppent sur tout son pourtour. Ce motif produit sur le métal un heureux effet : il présentait l'avantage de pouvoir être exécuté très vite et à peu de frais, tout en donnant à l'objet une enveloppe plus gaie et plus chatoyante que le métal tout nu. Pour l'usage quoti-

4. .1. E. Demarteau, Le vase hédonique de Herstal, avec 4 pl., extr. du Bull, de fins t. arch. liégeois, XXIX (1900), p. 475 et sv. Les phototypies données par Demarteau permettent de saisira peu près les détails d'une représentation très difficile à décrire.

2. Eranz Cumont, A propos, du vase de Herstal, extr. des Ann. de la Soc. d'archéologie de Bruxelles, XIV (1900j, avec une pl.

3. Gaterino, Mus. borb., IV, tav. 12; voir plus haut, p. 62, fig. 14. i. Voir plus haut, p. 102, pl. XXIII, 1.

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