TOME V
MONUMENTS ET MEMOIRES
dien cotte ornementation plate n'avait aucun des inconvénients des reliefs. Une petite coupe profonde à deux anses, exposée dans la salle de l'argenterie au Musée de Naples, porte extérieurement la même décoration 1 qui se retrouve aussi, sous la forme d'une large bande, sur une aiguière en bronze provenant de Pompéi L>. Les Romains se servaient du mot pluma pour indiquer ce motif ornemental; par analogie le même terme fut employé pour désigner les écailles des cuirasses ou les lames superposées des couvertures :i. On trouve de très anciens exemples de ce décor sur les objets égyptiens. L'étui en terre émaillée de la reine Tii, femme d'Aménophis III, est couvert d'imbrications qui ont leur origine dans la plume \ Les costumes des déesses, les tuniques des servantes se composent de séries de plumes superposées, la pointe en bas, peintes alternativement en bleu et en rouge sur les statues de bois '". Sur les monuments de bronze cette décoration était rehaussée d'argent ou d'or, comme on le voit sur la merveilleuse statuette de Raromama, au Musée du Louvre0. Mon collègue, G. Bénédite, pense que l'invention de ces robes collantes en plumes dérive des figures de déesses en forme d'oiseaux dont les ailes, en se rabattant sur le milieu du corps, prenaient l'apparence d'un véritable vêtement. A l'origine, ce plumage a été emprunté au vautour, un des grands oiseaux de l'Egypte, l'oiseau-déesse par excellence dans la symbolique ; puis, cet élément très pittoresque d'ornementation qui