‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 137 sur 149 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

MONUMENTS ET M É MOIRES

<|iii avait avec Alexandrie les rapports les plus suivis, où des commerçants alexandrins avaient transporté leurs pénates et leurs dieux, où ils formaient une colonie en communication constante avec leur pays.

La production des vases d'argent n'était cependant pas arrêtée en Grèce, ni en Asie Mineure, contrées avec lesquelles Rome resta toujours en contact étroit et d'où les légions avaient rapporté tant de statues, tant de précieux objets d'art. Par une ingénieuse remarque, Michaëlis est arrivé à démontrer que les vases aux cigognes appartenaient très vraisemblablement au courant artistique de l'Asie Mineure. La découverte du trésor de Lampsaque en 1840, celle plus récente d'un beau vase d'argent du type de nos gobelets, à Crémasté près de Cyzique, les trouvailles nombreuses de pièces d'argenterie, faites sur les côtes de Syrie depuis quelques années, permettent de croire que l'industrie de la vaisselle d'argent s'était conservée sur place dans ces contrées. Le matériel considérable d'un fondeur de vases en métal, de l'époque romaine, trouvé à Tortose et acquis par le Musée du Louvre, matériel qui semble bien avoir été fabriqué et renouvelé par le fondeur lui-même, en fournit une preuve évidente1. Mais ces faits ne sauraient détruire les remarques si justes et si frappantes de Scbreiber; son argumentation lumineuse subsiste toujours. La vaste enquête qui commence et qui se poursuit lentement modifiera sans doute ses théories sur quelques points de détail, mais l'influence que l'Egypte a exercée sur le inonde romain, et notamment sur toutes les manifestations de l'art industriel, apparaitra de plus en plus et très clairement aux yeux de tous.

1. Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1900, p. 317-323; cf. 1897, p. 165-173.

DESCRIPTION DES BIJOUX DE FEMME TROUVÉS A BOSCOREALE ET CONSERVÉS AU MUSÉE DU LOUVRE (il. 109 à 116). LA DOUBLE CHAINE d'or; LES

bracelets; les pendants d'oreilles; l'anneau. — découvertes de bijoux d'or analogues faites a pompéi. — LE collier.

Les bijoux d'or, au nombre de huit, décrits ci-dessous, ont été trouvés, près des pièces d'argenterie, dans le réservoir à vin de la villa de Boscoreale1 ; ils appartiennent tous au mundus muliebris 1 . Ils ont été acquis de M. Vincenzo de Prisco, par l'Administration des Musées nationaux, en 1896, quelques mois après l'installation au Louvre des vases d'argent donnés par le baron Edmond de Rothschild'. Ils sont en or fin, à un titre très élevé; c'est probablement de l'or à 22 carats4.

Cha îne double [patenct), à maillons, dite à maillons colonne simple5, ayant servi d'ornement pour la poitrine et le buste (fig. 56).

L'une des deux chaînes est formée de 284 maillons ; l'autre n'en a que 272. Malgré cette différence (12 maillons) il n'y a qu'un écart

1. Voir plus liaul, p. 30; cf. Notizie deglï scavi, 1895, p. 235.

2. Digest., XXXIV, ir, 25, 10 : « Ornamenta muliebria sunt quibus millier ornatur : veluti inaures, armillae, viriolae, annuli, praeter signatorios, et omniaquae ad aliam rem nullam parantur, nisi corporis ornandi causa. »

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