‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 138 sur 149 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p

i. Je dois ce renseignement à M. Falize et à M. Bouchon, son chef d'atelier, qui ont bien voulu tous deux examiner attentivement ces bi joux. ."». En termes d'orfèvrerie moderne.

de 0,01 dans la longueur des deux chaînes. Un ornement à jour, en forme de roue à huit rais, c'est-à-dire une rouelle, muni, au revers, de

. ^jAHHHk. a.'.ï....-'iu»S^r.-

FlG. 56.

quatre petits anneaux symétriquement soudés sur le plat des jantes, et dans lesquels sont pris le premier et le dernier maillon des deux chaînes, sert, à chacune, de point de départ et d'arrivée. Une seconde rouelle, exactement semblable, sauf qu'elle est munie, au revers et

dans le sens du diamètre, de deux anneaux plats dans lesquels les deux chaînes passent et peuvent circuler librement, fait pendant à la première; elle en diffère donc par son caractère mobile, car elle peut être montée ou descendue à volonté comme un coulant. Le moyen de la rouelle fixe est un peu plus gros que l'autre ; des boules minuscules de la grosseur d'une tète d'épingle ornent les moyeux ainsi que les extrémités des rais.

Long, delà première chaîne. 1 m , 45 ; long, de la seconde, lm,44.

Poids, 325 gr.

Bracelet (armilla) pour le bras droit, en forme de serpent enroulé deux fois sur lui-même et ouvrant la gueule (fig. 57).

Le mouvement de la tête est celui d'un animal qui s'apprête à l'attaque. L'avant-corps est ciselé avec l'intention de rendre exactement les détails de la peau ; la queue est également ciselée ; le milieu du corps est complètement uni. Les yeux sont en pâte de verre de couleur verte. — Le bracelet est creux.

Diam. 0,09; larg. prise intérieurement sous la tête du serpent, 0,03.

Poids, 82 gr.

Bracelet pour le bras gauche, en forme de serpent. Pendant du n. 110.

Diam. 0,088 ; larg. 0,03.

Poids, 82 gr.

Ces deux bracelets sont semblables. Cependant, il y a un moyen de constater que l'un était destiné au bras droit, et l'autre au bras gauche.

266 MONUMENTS ET MÉMOIRES

Quand on les pose, chacun sur son cote le plus plat, on remarque que dans l'un la tète du serpent est tournée à droite, et que dans l'autre elle est tournée à gauche; les deux têtes ne peuvent jamais regarder dans la môme direction. De plus, celui du bras gauche est un peu plus étroit que celui du bras droit; la différence est légère et peu appréciable à l'œil.

Bracelet [armilla] pour le bras droit, composé de demi-sphères alignées, reliées entre elles, deux à deux, par des anneaux1 (fig.57).

Ces demi-sphères, au nombre de vingt-deux, forment deux rangées superposées, comprenant chacune onze pièces en or uni. Chaque demisphère de la rangée supérieure est soudée à celle qui lui correspond dans la rangée inférieure, de façon k présenter, l'une au-dessus de l'autre, comme les deux moitiés d'une même sphère; le point de jonction de ces deux moitiés est caché par une petite torsade double, ayant l'apparence d'un collier. On peut dire que le bracelet se compose, en réalité, de onze sphères coupées en deux, dont les moitiés présentent leurs côtés arrondis, soudés légèrement l'un à l'autre. Les côtés plats, dont les creux étaient primitivement remplis par un mastic gris jaunâtre qui s'est désagrégé à la longue et qui a presque partout disparu, constituent la face interne du bracelet. Chacune de ces sphères est munie, à droite de deux petits anneaux, à gauche d'un double crochet complètement fermé, mais agencé de telle sorte qu'il peut jouer d ès librement. Cet arrangement, formant charnière, donne au bracelet une grande souplesse.

La fermeture est assurée par une clavette mobile traversant plusieurs anneaux, fixés trois à l'une des extrémités du bracelet, deux à

I. Un bracelel semblable es1 reproduit en couleur par Nice olini, 1, Casa del poeta tragico, tav. III.

Pautre extrémité, et qui se marient entre eux quand on veut fermer le bijou. L'anneau inférieur est intérieurement un peu plus étroit que les autres, de sorte que la clavette ne peut jamais tomber, ni s'égarer, étant toujours retenue à ce dernier anneau par un renflement qui lui

Fio. 5T.

sert de tète1 et dont la dimension, exactement calculée, permet néanmoins à la clavette de traverser facilement les quatre anneaux supérieurs. Le bas de la clavette est tordu en forme de pelile poignée à jour. En terme d'orfèvrerie moderne, cette fermeture, encore en usage, porte le nom de <c fermeture à baïonnette ». Elle est soutenue par deux plaques d'attache rectangulaires en natté, soudées aux extrémités

I. Sur l;i fig. ."»", lé bracelel (n. 112) a été photographié la clavette eu l'air; il devrait naturellement être présenté la clavette en bas, c'est-à-dire en sens contraire.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

du bijou, l'une sur la première, l'autre sur la dernière sphère; un petit anneau, également en natté, remplit le vide entre la plaque d'attache et le point de soudure des deux moitiés de sphère; cinq boules minuscules en relief complètent l'ornementation.

Long, du bracelet, 0,225; larg., 0,031.

Bracelet (armilla) pour le bras gauche, composé de demi-sphères. Pendant du n. 112.

Les dimensions sont les mêmes que celles du n. 112. Poids, 62 gr.

La différence du poids entre les deux pendants doit tenir au mastic intérieur, inégalement tombé. Ces deux bracelets sont semblables, mais il est évident qu'il y en a un pour le bras gauche, et un autre pour le bras droit. En effet, si on les étale à plat, en prenant soin de disposer les deux chevilles de la fermeture dans le même sens, on constate que l'une des chevilles est ajustée à droite, et que l'autre est ajustée à gauche.

Pendants d'oreilles (inaures) avec ornements en verroterie 1 (fig. 57).

Exactement semblables ils sont formés d'un anneau creux, fortement renflé à la partie inférieure; trois rondelles ont été enlevées dans l'épaisseur de la feuille d'or, et remplacées par des morceaux de verroterie verte, brillante, imitant grossièrement l'émeraudc ; ces mor-

1. Pendant d'oreille semblable dans Niccohm, I, Descriz. gêner., tav. XXXIV, 2; autre analogue et presque semblable, ibid., tav. XLTI. E. Pottier, v° inaures, fig. 4023, dans le Dicl. des antiq. gr. et rom., de Saglio, en reproduit un également semblable. Dans le passage de Pétrone, Satyricon, LXVII, relatif aux bijoux d'or portés par les femmes romaines, les mots « faba vitrea » désignent peut-être un pendant d'oreille de cette forme, orné de verroterie.

ceaux de verroterie sont soutenus probablement à l'intérieur par du mastic coloré. Un crochet, en forme de fil replié deux fois sur luimême, sert à suspendre la boucle à l'oreille. A la base du crochet, à l'endroit où il est soudé sur l'anneau, un quatrième morceau de verroterie, semblable au premier, est serti dans un petit caisson arrondi.

Haut, du pendant d'oreille avec le crochet, 0,037; haut, de Panneau sans le crochet, 0,02.

Poids de chaque pendant, 5 gr.

Anneau (anulus) de forme plutôt ovale que ronde, en or très fin.

Cet anneau est plein. Sur le chaton est gravé au trait un rameau (?) accompagné de deux petits cercles figurant des baies (?).

Diam. extérieur, 0,02; grand diam. intérieur, 0,016; petit diam. intérieur, 0,014.

Poids, 7 gr.

On est véritablement déçu en examinant de près ces bijoux d'or dont le travail est bien loin de pouvoir être mis en parallèle avec celui des vases et des ustensiles d'argent contemporains. Les pendants d'oreilles notamment sont absolument mesquins, même vulgaires. Cette remarque s'applique, du reste, à la plupart des bijoux de femme découverts à Pompéi : presque tous sont indignes de retenir l'attention. Il y a très peu de variété dans les formes, il n'y a aucune recherche dans l'invention; ce sont toujours les mêmes types qui reviennent, aussi bien pour les bracelets que pour les pendants d'oreilles, les colliers ou les bagues.

Aucun des spécimens trouvés à Boscoreale n'est unique. La chaîne d'or a son pendant au Musée de Naples qui possède un exemplaire de même dimension à peu près, à mailles serrées, muni aussi de deux rouelles, provenant d'une trouvaille faite au mois de novembre 1801).

MONUMENTS ET MÉMOIRES

L'ensemble des bijoux de femme recueillis à cette époque à Pompéi, tout en offrant de grandes analogies avec l'ensemble des bijoux de Boscoreale, est un peu plus considérable; de nombreux anneaux et un collier de cou en augmentent l'importance ; mais la fabrication est la même, les modèles sont semblables. Cet ensemble comprend une grande chaîne à deux rouelles, un collier, trois paires de bracelets, un bracelet isolé, deux pendants d'oreilles, trois anneaux en or, et quatre anneaux avec intailles sur pierres fines. A ces bijoux d'or étaient mêlés quelques bijoux d'argent : un bracelet, un gros anneau avec deux têtes de serpent, deux autres anneaux et une épingle1.

Ces doubles chaînes n'entouraient pas le cou comme un collier. Chaque chaîne était posée sur une des épaules; chacune descendait en avant sur la poitrine et en arrière dans le dos; elles se rapprochaient entre les seins, puis s'écartaient de nouveau et venaient retomber sur les flancs 2. Le coulant, en forme de rouelle mobile, servait à élever ou à abaisser, sur la poitrine, le point de rapprochement des deux chaînes; la rouelle fixe lui correspondait dans le dos3.

Il est facile de se rendre compte de la disposition de cette double chaîne en examinant quelques monuments qui nous montrent des femmes parées du même bijou. Un des plus instructifs est conservé au Louvre : c'est Tin coffre funéraire étrusque, trouvé à Volterra et provenant de la collection Micali, dont le couvercle représente une femme couchée, parée de nombreux bijoux4, portant un diadème, un collier et, par-dessus ses vêtements, une grande chaîne semblable à celle de Boscoreale, dont le coulant, en forme de rosace, posé à la hauteur de la ceinture, semble agencé avec elle et jouer ainsi un double rôle. Le monument est assez grossièrement traité, mais les détails de la parure

1. Fiokklli, Giornale degli scavi di Pompei, nuov. sér., I, p. 300-307; fouilles des 18, 19 et 20 novembre 1809. Neuf squelettes étaient couchés près de ces bijoux.

2. « Discurrant catenee circa latera », Pline, //. N., XXXIII, 12, 2.

3. John Just, Archœoloq. Journal, VIII, 18ot, p. 38, signale une chaîne probablement analogue.

4. Clarac, Musée de sculpture, pl. 214 ter, n. 204 bis; E. Saglio, v° catena, fig. 1240 dans li' Dict. des aniiq. <jr . et rom.

se distinguent clairement. Il est évident que la grande chaîne est absolument indépendante du collier. Sur un miroir étrusque qui représente le Jugement de Paris1, Vénus apparaît nue, parée seulement d'un collier et d'une chaîne avec rouelle mobile. Sur une peinture antique de Pompéi, où Vénus et Mars sont réunis2, Vénus, également nue, porte comme unique parure une double chaîne d'or, passant entre les seins et retombant sur les hanches ; sur une autre peinture de même provenance, un hermaphrodite debout, entièrement nu, porte autour du cou un collier; sur sa poitrine se déploie une grande chaîne à rouelle disposée de la même façon3; sur une fresque de la maison des Vetti, Dircé porte la même chaîne. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur la façon dont cette chaîne était disposée sur la poitrine des femmes.

Des chaînes d'or de cette importance sont rarement signalées parmi les bijoux féminins trouvés à Pompéi4.

Les découvertes de bracelets d'or sont, au contraire, fréquentes. Le plus souvent ces bracelets représentent un serpent enroulé plusieurs fois sur lui-même. Ce motif, en vogue dans l'antiquité grecque et romaine, est particulièrement courant à Pompéi \ Tantôt ces bracelets en forme de serpents se composent d'une spirale aplatie comme un ruban0, tantôt d'un tube creux comme nos numéros 110 et lll7.

1. Gerhard, Etrusk. Spiegel, lai'. CCGLX1X, 3. 2 Bechi, Mus. borbon., III, tav. 35.

3. Helbig, Wandgemàlde, n. 967*; atlas, taf. xi. Odobesco, Le Trésor de Petrossa, I, p. 303, qui a reproduit la peinture, prend à tort ce bijou pour une chaîne en perles.

i. Les chaînes d'or mentionnées dans Fiorelli, Pomp. antiq. hist. paraissent toutes beaucoup moins importantes; ce sont de simples colliers de cou; cf. I, m, 117 (5 juillet 1813), « una collana a maglia doppia con uncinello ad occhietlo per cingersi al collo » ; II, 211, III, 88 (7 juin 1828), « una catena parte a maglia e parte ad anelli »; IL 314 (fin de juillet 1835) « un pezzeto di cateniglia anche d'oro »... etc.; A. M.vu, Bull, dell' lus/., 1884, p. 187, « una collana d'oro di 24 maglie in forma di S ».

3. Fiorelli, Pomp. antiq. hist., II, 153, 192, 198, 248, 416, 455; III. 82, etc.

(i. NiccoLiM, Descr. gêner., tav. XXXIV; casa de l Fauno, tav. VI. L'un des trois bracelets en or de ce genre que possède le Musée de Naples porte, sur le plat intérieur, une inscription au pointillé Taisant connaître le nom de la femme a Laquelle il appartenait et mentionnant le poids, Corp. inscr. latin., X. 8071, I.

7. Bechi, Mus. borb., II, tav. 1 \ (serpent en or avec les yeux en argent).

MONUMENTS ET MÉMOIRES

Le Musée de Naples possède au moins six bracelets d'or en forme tle serpents, semblables aux nôtres. Pour les entrer il suffisait de serrer les doigts autant que possible les uns contre les autres et de passer la main dans le bracelet comme dans un anneau.

La seconde paire (n. 112 et 113), indépendamment de son ornementation spéciale, offre un système de fermeture qui a été expliqué plus haut et qui constitue une différence essentielle avec la première. Ce modèle, également fort apprécié à Pompéi, se rencontre au Musée de Naples au nombre de seize exemplaires, dont plusieurs conservent encore intérieurement leur mastic consolidateur ; ils sont de différentes longueurs, composés les uns de vingt-deux, les autres de vingt-quatre et même de vingt-six demi-sphères. Dans les rapports sur les fouilles de Pompéi, on les a désignés quelquefois sous le nom de (c bracelets à coques de noisettes »*.

De nos jours le bracelet est d'ordinaire unique, il n'a pas de pendant; dans l'antiquité on avait presque toujours deux bracelets semblables, l'un pour le bras droit, l'autre pour le bras gauche2. Ceux de Pompéi, comme ceux de Grimée, se présentent le plus souvent deux à deux:i; un peu d'attention suffit pour les distinguer l'un de l'autre. 11 y a toujours une petite différence entre le bracelet du bras droit et celui du bras gauche.

Les pendants d'oreilles (n. 114 et 115) sont d'une vulgarité singulière et d'un travail absolument sommaire. A part la pureté de la matière, ils représentent ce qu'on appellerait de nos jours des bijoux de pacotille.

L'anneau (n. 116) est assez étroit. Mais on ne portait pas les

1. Fiorelli, Pomp. antlq. hist., II, 434, « due braccialetti a cocche di nocelle ognuno in numéro di 24 »; III, 56, « due braccialetti formati ognuno di venti cocciole di nocelle ».

2. Fiorelli, Pomp. anliq. hist., II, 153, en 1826, découverte d'un squelette de femme portant à chaque bras un bracelet d'or.

3. Fiorelli, Pomp. antlq. hist., passim. Dans les fouilles on trouve presque toujours deux bracelets semblables ensemble; cf. Antiquités du Bosphore Cimméricn, éd. Sal. Reinacb, p. 54. pl. XIII, 1 et 2; p. 55, pl. XIV, 1.

bagues superposées, au même doigt, comme on le fait maintenant; on les plaçait à des doigts différents et même à des phalanges différentes. Le jonc est si petit que cet anneau n'a dû être porté qu'au petit doigt et probablement à la première phalange.

La découverte des bijoux d'or de Boscoreale n'apportera donc aucun élément nouveau aux historiens de l'orfèvrerie romaine. Elle méritait cependant d'être signalée et rapprochée des nombreuses découvertes de bijoux de femme faites à Pompéi, dans lesquelles on constate presque toujours la présence des mêmes objets : une chaîne, un collier, des bracelets dont le nombre varie, des pendants d'oreilles, un ou plusieurs anneaux1. A Pompéi, comme à Boscoreale, c'est ordinairement à côté d'un squelette que ces bijoux sont recueillis; le plus souvent ils sont mêlés à des monnaies d'or ou d'argent avec les clefs de la maison2.

Pour compléter ce qui concerne les bijoux d'or de Boscoreale, je dois ajouter que M. E. Canessa m'a présenté, le 30 mai 1899, un collier de femme découvert dans la partie de la villa, fouillée seule-

1 . Les orfèvres qui fabriquaient ces bijoux ne se mettaient pas en frais pour créer des modèles nouveaux. Non seulement on découvre à Pompéi beaucoup de bijoux semblables, mais les mêmes motifs étaient utilisés pour des bijoux de genre différent. Ainsi le motif du serpent enroulé est employé aussi bien pour les bagues que pour les bracelets; la demisphère trouve sa place sur les pendants d'oreilles comme sur les bracelets; pour les pendants d'oreilles le quart de sphère est aussi en usage.

2. Voir Fiokelli, Ponip. antiq. hist., découvertes des 19 décembre 1707 ; 20 février 1773 ; 8 janvier, 30 juillet, 29 octobre 1774 ; 29 mars 1 777 ; li juin 1787 ; 18 octobre et 9 novembre 1821 (III, p. 56); 1826 (II, p. 153); 5 juin 1827 (III, p. 79); 2 octobre 1827 (III, p. 82); 8 janvier 1845; 17 avril 1848 ; etc.; Descrizione di Pompéi , p. 118. La découverte de janvier 1831 (II, p. 248) est une des plus importantes : elle comprenait le squelette d'une femme avec tous ses bijoux auprès d'elle (bracelets, bagues, pierres gravées), un vase d'argent, des monnaies d'or et d'argent. Cf. Xolizic degli scavi, 1882, p. 278 (21 mai); A. Mal, Bull, dall" Inst., 1884, p. 187, etc. J'ai donné plus haut, p. 269-70, l'inventaire de la découverte de 1869.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

ment en 1898 et marquée Ç' sur le plan donné plus haut (voir p. 12- 13 et aux Additions); il y avait là une grande pièce rectangulaire qui était le tricliniuni de la maison. Le collier est en or; il se compose de 32 maillons découpés en forme de 8; sa longueur est de 0,42; son poids est de 103 grammes.

Le pendant central a la forme d'un croissant renversé, à pointes bouletées, à peine ouvert ; il manœuvre dans la chaîne à l'aide d'un coulant qui le supporte. Le premier et le dernier maillon sont munis, en leur centre, d'un bouton qui a l'apparence d'une coquille double; en outre, dans le premier maillon est soudée la tige longue et forte d'un crochet, supportant un gros ornement demi-sphérique qui constitue la décoration principale du bijou. Un gréuetis circulaire en borde la base; la partie supérieure est rehaussée d'un morceau de malachite, ovale, serti par un gréuetis ; quatre cupules bordées de la même façon et d'où s'élancent quatre pistils couvrent le reste de la surface. Sans doute une matière colorée complétait la décoration de ce gros ornement, mais elle n'existe plus. Le crochet émerge au-dessous du bouton. Pour fermer le collier il suffit de faire entrer le crochet dans le dernier maillon.

Ce bijou est d'un aspect assez lourd; il n'est pas très supérieur à ceux qui sont décrits plus haut. Le Musée du Louvre a regretté cependant de ne pouvoir en faire l'acquisition car il aurait heureusement complété l'ensemble des bijoux d'or de la dame de Boscoreale parmi lesquels on s'étonnait justement de ne pas rencontrer de collier.

Il appartient aujourd'hui à un amateur français très distingué, M. E. Guilhou, dont les belles collections sont connues de tous les archéologues.

Page 1