‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 18 sur 149 · Ces boucles d'oreilles n'ont pas été retrouvées · texte numérisé non relu

Ces boucles d'oreilles n'ont pas été retrouvées

MONUMENTS ET MÉMOIRES

et légère, aux plis soyeux, attaché sur le bras par plusieurs boutons, épouse les contours du buste et en fait valoir les formes vigoureuses, en laissant à découvert le cou ainsi que la partie gauche de la poitrine.

De la main droite, la ville d'Alexandrie tient le serpent sacré (uraeus), symbole à la fois de la puissance divine et de la dignité royale en Egypte, dont la tête se dresse dans une attitude menaçante, tandis que le ventre, souple et plissé, s'offre aux regards du spectateur et que la queue s'enroule autour du poignet. De la même main elle soutient un pan de son chiton, rempli de fruits divers (grenades, figues, raisins, etc.), au-dessus desquels s'élève un épi chargé de grains ; un oiseau à longue queue et à aigrette, ayant la tournure d'un paon, est perché près d'une grappe de raisin dont les grains superbes débordent de l'étoffe. Au-dessus de cet amas de fruits, et près du sein gauche, s'avance une panthère femelle, la tête haute, la patte droite levée, comme si elle voulait provoquer le serpent sacré auquel elle fait vis-à-vis. Un lion, en très haut relief, dans l'attitude du calme et du repos, est couché sur l'épaule droite de la ville il paraît en être le compagnon fidèle ; son regard assuré et sa gueule entr'ouverte laissent deviner qu'il en est aussi le gardien vigilant1.

De la main gauche, elle supporte en l'appuyant contre son bras une grande corne d'abondance remplie de fruits (grappes de raisins pesantes, débordant au dehors, grenades, fruit rond à côtes), au milieu desquels court un petit oiseau. La corne d'abondance est surmontée d'un crois-

1. On a cru voir sous ce lion le trident de Neptune: c'est une erreur. L'artiste a placé en cet endroit un petit support afin que l'arriôre-train de l'animal ne portât pas dans le vide. Sans cette précaution, il eût fallu changer l'attitude du lion et elle aurait pu prêtera l'équivoque. On remarque des soutiens du même genre, en forme de petit rocher allongé ou de bande de terrain, sur les vases n. 15 et 16. Ce môme détail est visible sur d'autres monuments contemporains, notamment sur la cuirasse de la statue d'Auguste trouvée à Prima Porta et conservée au Vatican ; les deux figures centrales reposent sur des saillies analogues: 0. Rayet, Monuments de l'art antique, II, n. 71; Th. Schreiber, Die hellenistichen Relief bilder und die augusteische Kunst, fig. 2. La décoration de celte belle cuirasse imite tous les détails des reliefs repoussés et ciselés, avec une exactitude merveilleuse qui donne l'illusion d'un original on métal.

saut entièrement isolé et soutenu seulement par un support placé au milieu des fruits; elle se termine par un balustre recourbé qui se détache complètement du fond de la phiale.

L'ornementation extérieure de la corne d'abondance est divisée en trois registres occupés par autant de symboles d'un relief très faible. On y voit le buste imberbe du Soleil, de face, portant de longs cheveux bouclés, coifïé d'une couronne radiée, vêtu d'une chlamyde attachée sur l'épaule droite et tenant son fouet de la main droite ; puis l'aigle des Ptolémées, debout, de face, la tète tournée à gauche ; enfin les deux bonnets ronds des Dioscures, surmontés chacun d'une étoile.

Dans le champ, autour du buste, sont disposés plusieurs attributs divins, placés dans l'ordre suivant en partant de l'épaule droite : l'arc et le carquois de Diane, la massue d'Hercule, le sistre d'Isis, les tenailles de Vulcain, le serpent d'Esculape enroulé autour d'un bâton, le glaive de Mars dans son fourreau, la lyre d'Apollon. Sous la main droite, un dauphin nageant au milieu des flots indique que le buste représenté est celui d'une ville maritime. Le relief de ces différents attributs qui jouent un rôle secondaire est assez discret.

Un cercle d'argent, plat d'un côté et mouluré du côté extérieur, encadre l'emblema et le fixe au fond de la phiale.

Tout le médaillon central était doré, à l'exception des chairs de la femme réservées sur l'argent ; il reste des traces très apparentes de cette dorure. Le travail du repoussé est tout à fait extraordinaire ; il a été repris délicatement au burin. La conservation est parfaite.

B. — La phiale sur son pourtour intérieur, est décorée de feuillages gravés au trait, courant entre deux lignes de grènetis. L'ornementation se compose de quatre branchcttes d'arbrisseaux à feuilles opposées ; ce sont, à ce qu'il semble, des branchcttes de laurier frisé, analogue à notre houx vulgaire, et de myrte. Chargées de petites baies arrondies, elles sont attachées entre elles, deux à deux (laurier et myrte) par la base, à l'aide de bandelettes plaies et alternent ainsi formant comme une couronne autour de la phiale, dont ebacunc occupe exactement le quart du pourtour. Le fond de l'espace réservé

Page 1