‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 19 sur 149 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

42 MONUMENTS ET MÉjMOIRES.

au feuillage est régulièrement martelé. Toute la bande couverte par le feuillage était dorée.

Diam. de la phiale, 0m,225 ; diam. de Femblema, 0m,145. Haut., 0n,,06. Les défenses et la trompe de l'éléphant dépassent les bords de la phiale de 0m,01 environ.

Pour le poids, voir plus loin.

Lxscr. — Sous le pied de la phiale (fig. 6) une inscription au pointillé, gravée circulairement, fournit les indications pondérales suivantes:

PHIETEMBPPIISZZ>VIPHIPPIIZZEMBPPS-Z

Rhi( a/a ) et emb( lema ) p( endéntia ) p( ondo ) II, uncias X, scripula VI ; Phi(ala) p(endens) p(ondo) II, uncias II, semunciam: Emb( Icma ) p( endens ) p( ondo ) 1 uncias VII, semunciam.

Comme on le voit, cette inscription mentionne trois pesées :

1° Le poids de la phiale et de Femblema, 2 livres 10 onces 6 scrupules = 934gr,b08;

2° Le poids de la phiale seule, 2 livres 2 onces 1/2= 723gr,126;

3° Le poids de Femblema seul, 7 onces 1/2 = 204gr,660.

Le total des deux dernières pesées ne correspond pas exactement au chiffre de la première, parce que dans les pesées séparées, on n'a pas tenu compte des scrupules. En effet, si, au total des deux dernières pesées, soit 927^,786, on ajoute la valeur de six scrupules, soit 6^r,822, on obtient 934-r,608.

Les caractères de cette inscription sont très réguliers ; elle a été certainement gravée par le fabricant. Le pointillé est serré de telle sorte que l'espace entre chaque point est à peine visible. L'extrémité des jambages ou des courbes de chaque lettre est marquée par un point un peu plus fort que les autres et quelquefois placé en dehors de la lettre. Les traits indiquant les scrupules sont formés par deux points un peu plus gros, posés à la suite l'un de l'autre.

1. Pour l'abréviation P P-, cf. J'inscription de Narbonne, ...SICNVM • ARCENTEVM ■ P P XII-, dans le Corp. inscr. latin., vol. XII, n. 4346.

Le poids de la phiale et de l'emblema réunis est actuellement de 934g,',7, c'est-à-dire que la différence en plus avec la pesée antique est insignifiante. La phiale seule pèse 714gr,5; elle aurait donc perdu depuis l'antiquité 8gr,626, tandis que l'emblema seul, qui pèse 220gr,2, aurait gagné 15gr,540. Mais, si l'on tient compte des 6gr,822 représentant la valeur des 6 scrupules omis dans les pesées antiques, le gain de l'emblema n'est plus que de

8gr,728 qui s'équilibre presque avec la perte subie par la phiale.

D'ailleurs l'objet complet se compose de trois éléments indépendants les uns des autres : la phiale, l'emblema et le cercle d'encadrement. Si le cercle est pesé avec la phiale, le poids de l'emblema diminue ; s'il est pesé avec l'emblema, le poids de l'em-

blema augmente. C'est peut-être ainsi p qu'on peut expliquer la différence entre

le poids ancien et le poids actuel de la phiale et de l'emblema. Le poids actuel représente celui de l'emblema et du cercle réunis 1 .

Album Rothschild; Claudius Jacquet, p. 339; Héron de Villefosse R, héliogr. ; E, p. 463; G, fig. 1; Monceaux, fig. f6; Thiébault-Sisson ; Winter A, fig. 10; B, lig. 8; Gollignon, Hist. de lascuipt. grecque, II, fig. 3o7.

I. J'ai essayé de rechercher, pour d'autres objets portant des notalions pondérales, les causes des dillerences entre la pesée antique et la pesée moderne; je ne suis pas toujours arrivé à des résultats convaincants. Quand on opère sur des objets d'argent qui. après avoir subi la température des cendres chaudes vomies pur le Vésuve, sont restés sous terre pendant dix-huit siècles, dessoudés et en morceaux, puis ont élé ressoudés par une main moderne, les uns ayant perdu une partie de leur enveloppe ou la matière qui soutenait le relief, les autres restant chargés de croûtes ou d'oxydations impossibles à enlever, il est très difficile de se prononcer avec certitude. On comprend la diminution du poids causée par l'usage, le frottement et les accidents; il esf moins facile d'explibuer l'augmentation du poids sans cause apparente.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

Phiale (phiala) ornée d'une tête d'homme en ronde bosse.

Planche II, n.i et 2.

A. — Uemblema est retenu au fond de la phiale par un cercle d'encadrement analogue à celui qui entoure le médaillon d'Alexandrie. Une tête d'homme âgé, aux traits accentués et très personnels, en occupe le centre1 ; une sorte de sourire railleur donne à sa physionomie un caractère particulier2. Les yeux sont petits et pleins de malice, les sourcils sont très épais; le visage est complètement rasé; les cheveux sont soigneusement coupés et tenus courts. Les oreilles larges et très écartées font l'effet de deux anses de chaque côté de la tête; le front est couvert de rides; au coin des yeux, la patte d'oie est nettement marquée. Suivant l'usage adopté au premier siècle, le haut du buste est nu et découpé en sifflet.

B. — -La phiale est simplement décorée, à l'intérieur et près du bord, d'une cannelure circulaire.

On ne remarque aucune trace de dorure. Le travail est fait au repoussé.

Diam. de la phiale, 0m,243; diam. de l'emblema, 0m,098. Haut., 0m,054. La tête dépasse les bords de la phiale de 0m,021. Poids, 834 gr.

1. Je n'ai pas constaté, au front de la tète d'homme, les traces d'usure que signale A. Michaëlis, p. 27. En étudiant le trésor sur des photographies, le savant professeur a été sans doute trompé par des reflets.

2. Voir la ligure reproduite de face et redressée, à la dimension de l'original, sur la pl. II, 2. Le mouvement des lèvres se retrouve sur le buste en bronze de L. Coecilius Jucundus conservé à Naples; cf. aussi, pour la physionomie, l'hermès de C. Cornélius Uufiis, dans Fiorelli, Giornale degliscavi di Pompeï, 18ol, tav. XII.

3. Cette phiale a été un peu déformée par une pression et elle n'est pas restée parfaitement ronde; il en résulte que le diamètre est aujourd'hui un peu plus grand dans un sens que dans l'autre. Près du bord elle a reçu un coup violent qui l'a transpercée.

Inscr. Sous le fond de la phiale (fig. 7) on lit le nom de femme Maxima tracé à la pointe.

Maximae

Fig. 7.

Album Rothschild; Claudius Jacquet, p. 361 ; Héron de Villefosse R, p. 3; E, p. 463; Monceaux, fig. 1 ; Winter A, fig. H ; R, fig. 7; Dict. des ant. gr. et rom. de Saglio, fig. 3970.

Nota. — Cette phiale avait un pendant de même forme et de même dimension, orne d'une tête de femme. Violemment arrachée, dans l'antiquité, de la rondelle qui constituait le fond de l'emblema, ainsi que l'attestent les déchirures de la feuille d'argent à sa base, cette tête a été recueillie séparément dans une autre partie de l'habitation 1 et mise dans le commerce avant l'arrivée du trésor à Paris. Après avoir appartenu au comte Michel Tvszkicwicz, elle est entrée dans les collections du Musée britannique2; la phiale n'a pas été retrouvée. Cettetête de femme a exactement la même forme et les mêmes dimensions que la tête d'homme3.

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