‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 20 sur 149 · Voir plus haut, p. 22, el p. , note · texte numérisé non relu

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2. Le comte Tyskiewiez ne conserva pas cet objet parce qu'il n'était pas parvenu ;ï faire disparaître la croûte d'oxyde grisâtre qui s'étend comme une lèpre sur le visage. Le dessin ci-contre ne reproduit pas les taches épaisses qui déshonorent la figure.

3. Mon confrère, sir John Evans, avait bien voulu faire les démarches nécessaires

Sans aucun doute cette femme était celle de notre vieux Romain, et son portrait, quoique très abîmé par l'oxydation, offre le plus grand intérêt. M. Vincenzo de Prisco a eu l'obligeance de m'en communiquer des photographies d'après lesquelles les dessins ci-dessous ont été exécutés1 (fig. 8 et 9). C'est une femme d'un certain âge, à la figure maigre et osseuse, aux traits énergiques et calmes : les yeux déno-

Fio. 8. Fig. 9.

(D'après des photographies de M. Vincenzo de Prisco.)

tent l'intelligence ; le nez est long ; les lèvres sont assez épaisses. La chevelure, qui couvre à peine le haut des oreilles, est séparée au-dessus du front en deux bandeaux ondulés dont les extrémités, roulées en torsades, sont réunies par un lien derrière la tête et retombent ensuite sur le dos en une masse allongée comme une sorte de queue. Sur les joues, à la hauteur des oreilles, deux mèches bouclées, sem-

auprès du Musée brilanuiquc afin d'obtenir pour le Louvre une galvanoplastie de cette Icte, mais, après examen de la pièce, les conservateurs jugèrent l'opération dangereuse. La copie exposée est due à MM. Haek et llourdequin. Voir plus haut p. 37, note 1.

\ . Reproduction directe d'une de ces photographies dans Héron de Villefosse, G, fig. 2.

blables à de grands accroche-cœurs, se détachent de la chevelure ; deux autres mèches plus longues tombent derrière les oreilles.

Cette coiffure particulière porte avec elle sa date. On sait que les dames romaines modifiaient l'arrangement de leurs cheveux suivant les caprices de la mode ; les impératrices et les femmes de l'aristocratie donnaient le ton pour ces détails de toilette. Vers le milieu du premier siècle, sous Claude et Néron, on constate, sur les monnaies et sur les bustes féminins qui nous ont été conservés, des exemples de cette disposition caractéristique de la chevelure. Les deux Agrippine, Messaline, Poppée, Antonia1, portent des bandeaux ondulés dont les extrémités, roulées et attachées derrière la tête, descendent ensuite en masse sur la nuque ; de leur temps, le goût pour les boucles symétriques [cincinni) et pour les frisures se répand de plus en plus. Il est hors de doute que ces deux têtes sont les portraits de deux époux, contemporains de Claude ou de Néron," qui vingt-cinq ans avant la destruction de Pompéi, étaient déjà parvenus à un âge respectable.

Vase à verser le vin (lagona)\ forme d'aiguière à goulot bilobé : Victoires sacrifiant devant l'autel de Minerve.

Planche III, n. 1 et 2.

Les lèvres du goulot sont divisées en deux parties distinctes, séparées par une dépression : l'une de ces parties, du côté de l'anse, est arrondie ; l'autre, du côté opposé, se termine en arête. La conformation du goulot a conduit l'orfèvre à prolonger l'arête sur la panse du vase, en la diminuant jusqu'à ce qu'elle se perde dans le picdJ. Il

\. Le buste de femme de Boscoreaie est expose au Musée britannique avec la légende : Antonia, xoife of Drusus, mother of Germanîcus. Je ne puis souscrire à cette attribution.

2. Les deux magnifiques aiguières du 'trésor de Bernay, Chabouillet, Catalogue général des camées, etc., n. 280 i et 280:); E. Babelon, Le Cabinet des antiques à la Bibliothèque nationale, pl. XVII el XLI, présentent à peu près la même forme du goulol et du col, mais l'arête ne se prolonge pas sur la panse.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

en est résulté que la panse du vase n'est pas absolument ronde. La disposition et le choix du sujet ont contribué à dissimuler à peu près cette particularité.

Le col du vase porte une ornementation spéciale, appropriée à sa forme. Au-dessous de la partie arrondie de l'orifice et précisément sous l'anse, le col est plat ; du côté opposé, il a la forme d'une proue de

Fig. 10.

navire. Le côté plat est orné d'une fleur de lotus épanouie que supportent deux tiges semblables, sortant chacune du corps d'un enfant ailé. Cet enfant présente une coupe à un griffon cornu, aux ailes dressées, dont le corps se termine, comme le sien, en feuilles découpées. Le motif, tout conventionnel, de l'enfant offrant à boire à un griffon, se retrouve souvent à Pompéi et ailleurs ; il est répété sur

chacune des deux parties arrondies du col. Une torsade, courant entre deux lignes de perles, sépare ce motif du bas-relief qui orne la panse- Une statue de Minerve, drapée et casquée, occupe le milieu de la composition (fig. 10). La déesse, debout sur un autel carré, le pied gauche en avant, marche dans une attitude triomphale ; de la main droite elle brandit sa lance ; au bras gauche elle porte un bouclier rond. L'autel est orné de bucrânes, de bandelettes et de guirlandes de laurier ; une phiale à ombilic et une œnochoé sont sculptées sur ses flancs1. Deux Victoires ailées, presque nues, assistent au triomphe de la déesse, préparant ou offrant elles-mêmes le sacrifice. L'une a posé le genou gauche sur le dos d'un cerf terrassé et, saisissant une des cornes de l'animal, s'apprête à lui enfoncer un couteau dans la gorge. L'autre, assise de côté, d'une manière assez fantaisiste, sur un bélier chargé d'une épaisse toison, lui présente une branche de laurier ; elle tient contre sa poitrine une pyxide ronde ; elle est parée d'un collier avec pendant central en forme de croissant renversé. Ces deux Victoires sont chaussées de bottines ; elles portent chacune un bracelet au poignet droit ; les draperies qu'elles soutiennent sur leur bras gauche ne couvrent que leurs jambes. Les poils des animaux sont indiqués au burin.

Au-dessous de cette composition, le vase a été défoncé en plusieurs endroits et la partie basse de la panse est très endommagée. On y reconnaît les traces d'une décoration de feuilles d'acanthe, esquissées avec îiutant de liberté que d'élégance, qui enveloppaient le fond du vase et semblaient surgir du pied. Une partie de la lance de Minerve est brisée; la tète du bélier a souffert.

Haut., 0m,24.

Album Rothschild (3 pl.); Héron de Villefosse G, fig. 5 ; Thiébault-Sisson.

1. La statue de Minerve est placée sur l'arête même de la panse, de façon à la dissimuler. C'est pour le même motif que l'autel a été tourné de telle sorte qu'il présente un de ses angles en avant.

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