MONUMENTS ET MÉMOIRES
dans son domicile. Les colonnes sont surmontées d'un masque de Pan cornu, avec la barbe et les cheveux incultes, ainsi que d'un masque de Satyre femelle. Au pied d'une des colonnes est assise une panthère qui tourne la tête en arrière.
Mêmes dimensions que le vase précédent (n. 5).
Poids, 753 gr.
Inscr. Sous le pied (fig. 13) on lit, tracé à la pointe, le même nom d'homme que sous le vase n. 5.
Priami.
Fie. 13.
Album Rothschild (2 pl.); Collignon, Hist. de la sculpt. grecque, H, fig. 360.
Les anses. Elles présentent une disposition particulière qui permet de les saisir facilement à l'aide des trois premiers doigts de la main ; l'arrangement en est très ingénieux. De chaque coté du vase, une petite plaque oblongue, attachée au bord par deux bras terminés en forme de têtes de cygnes, s'avance sur la ligne horizontale des lèvres; ce petit plateau repose sur un anneau placé perpendiculairement au-
dessous de lui et qui s'appuie à sou tour sur un support, en forme de feuille recourbée, fixé plus bas sur la panse du vase. L'anneau porte également sur la paroi du vase de sorte qu'il est maintenu par trois points. Cette disposition est tout à fait commode : le pouce repose sur le plateau, l'index entre dans l'anneau et le doigt du milieu se place sous la feuille. Il est impossible d'imaginer un système plus pratique pour saisir en toute sûreté un vase à boire.
Ces anses sont faites de trois pièces rapportées, le poucier, l'anneau et la feuille recourbée. Les anneaux portent à l'intérieur des marques tracées par l'ouvrier avant l'ajustage, marques qui permettaient de reconnaître à quel vase et même à quelle anse telle pièce devait être ajustée. Ce sont des encoches, des traits gravés dans l'épaisseur du jonc, juste au-dessous du point précis où la partie supérieure de l'anneau est soudée au poucier. Sur le vase n. 6 l'intérieur d'un des anneaux est absolument uni, l'autre anneau porte un trait; sur le vase n. 5 l'un des anneaux est marqué de deux traits, l'autre de trois. Il est évident que ces marques ont été faites intentionnellement1.
Sur les anses du n. 6 les extrémités des deux bras manquent2.
Les deux vases (n. 5 et 6) portent des traces de dorure encore très visibles, en particulier sur les ailes des Amours et sur la housse de l'éléphant. Ils ont beaucoup souffert sur les faces où apparaissent l'ànc et l'éléphant; un grand nombre de petits éclats ont disparu.
1. On retrouve des encoches du même genre sur les anses des vases n. 7, 9, 10, 13, 14, 10, 19, 20; les anses du vase n. 17 portent des lettres et une croix; sur les vases n. 15 et 16 les chiffres III et VU sont gravées à la pointe au-dessous des anses; sur la doublure du n. 30 on lit le chifi'rc III. — Dans le petit trésor de Notre-Dame d'Alencon conservé au Louvre, deux oreilles de vases portent aussi les marques III etlIII, A. de Longpérier, JS'olicc des bronzes antiques, n. 579 et 580.
2. Les bras des plateaux sont découpés suivant la 75, 3, de Tu. Schreiber, Die alexandrin i se lie Torcutik (Extr. des Ahhandlunurn der philologisch-historischen Classe der Kônigl. Sàchsischen Gesellschaft der Wissenschaften, 1894}, p. 68, mais l'ensemble e^l plus allongé.