VI, 9 : in corie culina quam caiidissimo loco designetur
des tuyaux, adaptés à la chaudière, permettaient également d'envoyer à volonté de l'eau chaude dans les différents bassins dn bain. Le propriétaire du terrain, M. Vincenzo de Prisco, a eu la bonne et patriotique pensée d'offrir au musée de Pompéi l'appareil de distribution de l'eau ainsi que l'appareil de chauffage; ils y constituent aujourd'hui un précieux élément d'étude et d'information1.
Dans le fond de la cuisine, à droite, près du laraire, une porte en arcade s'ouvre sur le bain qui consiste en trois petites pièces communiquant entre elles ; elles sont pavées en mosaïque et ornées de peintures dans le goût du dernier style pompéien. Évidemment, ce petit bain n'était pas destiné aux serviteurs de la villa; il était réservé pour l'usage personnel du propriétaire.
La première pièce du bain est V apodyterium (J), c'est-à-dire l'endroit où l'on déposait ses vêtements et où Ton faisait les onctions. Un enduit rouge d'un ton éclatant décore le mur; sur le pavage à fond blanc se détache en cubes noirs un crabe au milieu de quatre canards.
La seconde pièce est le tepidarium (J), c'est-à-dire l'endroit où l'on entretenait une chaleur tempérée et où l'on pouvait demeurer quelque temps avant d'entrer dans le caldarium. L'enduit des murs est rehaussé de palmettes; la mosaïque représente un dauphin en noir sur fond blanc.
La troisième pièce (J ) est le caldarium, c'est-à-dire le bain chaud. L'enduit du mur est analogue à celui des pièces précédentes; la mosaïque représente une cigogne attaquant un serpent. Dans le fond, à droite de la porte , sous la voûte hémisphérique de l'abside, est encastré un bassin en marbre, le lahrum, pour se laver et s'arroser d'eau. Vis-à-vis, à gauche, se trouve une piscine en maçonnerie revêtue de marbre, surmontée de robinets en bronze et munie d'un
1. En faisant remonter ces doux appareils dans le musée de I'ompéi, M. l'inspecteur Pasqui a pu étudier à loisir, dans tous ses détails, L'ingénieux fonctionnement des clefs et des canules. 11 l'a exposé dans son mémoire, col. i48 à i54. — A. Mau, Ballet. deW Istituto germanico, IX, 1894, p. 383; cf. A. Sogliano, Notizie degli scavi, 189;>, p. 209.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
escalier en marbre; elle ne pouvait servir que pour le bain d'une seule personne1.
Pour achever la description sommaire de la partie réservée à l'habitation du maître, il faut revenir près de l'entrée principale, à gauche de laquelle une ouverture munie d'une grille donne accès dans la loge du gardien de la maison (G). Cette loge est éclairée par une fenêtre percée dans la façade; elle communique, en outre, par une large porte avec une pièce située dans l'angle de l'édifice, pièce actuellement recouverte par la strada Settetermini qui conduit à Pompéi.
La pièce qui suit est une chambre à coucher (D) décorée de peintures à fond blanc avec ornements d'architecture agrémentés de feuillages et d'oiseaux.
Un étroit passage (E) voisin conduit dans la direction du chemin actuel de Pompéi vers une partie non déblayée dont la destination reste inconnue.
La porte donnant dans le péristyle, après ce passage, paraît être celle de la salle à manger (F). Les murs de cette salle sont ornés d'une fresque à fond rouge dont les motifs décoratifs présentent des vases en verre, un cygne, une perdrix sur une table, un cavalier frappant un chevreau, des griffons et des animaux fantastiques.
Enfin la dernière chambre (G) semble avoir été en réparation au moment de la catastrophe : des truelles de maçons retrouvées près de la porte, des petits seaux remplis de peinture déposés contre la muraille autorisent cette supposition.
Le reste de la villa est occupé par les bâtiments d'exploitation agricole. Dans le fond du péristyle, en face l'entrée des voitures dont il a été question plus haut, s'ouvre une grande porte architravée, surmontée d'un laraire et donnant accès dans un bâtiment divisé en trois parties : une cour centrale (L) dont le sol, au niveau de l'entrée,
1. Pour toutes les dispositions relatives au bain, cf. Sagmo, Dictionnaire d'antiquités grecques et romaines, v° Ba/neum, tig. 731 à 754. Le bain de la villa de Dioniède à Pompéi présente une grande analogie avec celui de Boscoreale.
est simplement en terre battue; à droite et à gauche de cette cour centrale, deux pièces latérales plus petites (L' L"), placées à un niveau supérieur et soutenues par une banquette en maçonnerie. Dans chacune de ces deux pièces on reconnaît un pressoir à vin.
La disposition intérieure de ces deux pressoirs est analogue. Trois cavités maçonnées (g. g. g.), en communication entre elles dans le sous-sol par un passage souterrain, recevaient les bois dont l'assemblage constituait la machine à presser (torcular). Dans la cavité du fond entrait une robuste poutre (arbor) entaillée à la partie supérieure pour recevoir une des extrémités du levier; dans les deux cavités antérieures étaient placées les grosses pièces (stipites) qui servaient de supports au rouleau destiné à faire descendre l'arbre de presse; l'assemblage de ces bois constituait le pressoir. Le sol est légèrement incliné vers la banquette au-dessus de laquelle règne une rigole qui a son écoulement dans de grandes jarres (t. i. i.) fixées dans le sol. Deux de ces jarres existent à chacune des extrémités du pressoir de gauche. Dans le pressoir de droite, il n'y en a qu'une seule; mais la seconde est remplacée par une citerne voûtée et cimentée dont l'orifice était fermé par une trappe en bois de forme rectangulaire (M). Deux tuyaux mettaient ce réservoir (lacus) en communication avec chacun des pressoirs et y amenaient le vin. Je parlerai tout à l'heure de cette citerne avec plus de détails : c'est là qu'ont été découverts les objets précieux.
Le cellier à vin (N) est voisin des pressoirs. Il est placé de l'autre côté du passage (O) par lequel on pénètre de l'habitation du maître dans les bâtiments agricoles. Ce cellier est une vaste pièce rectangulaire, séparée du péristyle par un mur; du coté opposé il communique avec un grenier à fourrage (U). On y arrive par trois marches; le mur qui fait face à l'entrée est presque entièrement percé d'étroites ouvertures, en forme de meurtrières, pour la ventilation. De solides jarres (dolia), au nombre de quatre-vingt-quatre, sont debout à leur place, sur quatre fdes doubles, à moitié enterrées dans le sol; leur disposition est indiquée sur le plan. Ces jarres ne servaient pas toutes