MÉMOIRES
positions empruntées à la sculpture monumentale et que leur origine doit être cherchée ailleurs que dans l'atelier d'un orfèvre. L'art industriel s'était emparé de ces reliefs célèbres et les avaient reproduits, peut-être à la demande d'un riche amateur, peut-être de sa propre initiative1. Aujourd'hui les deux petits vases, si miraculeusement conservés depuis dix-huit siècles sous la cendre du Vésuve, nous apportent les copies de grandes sculptures historiques qui certainement ont été composées pour décorer un des plus beaux édifices de Rome. Ces copies acquièrent ainsi pour nous la valeur de véritables originaux ; malheureusement on ne peut faire que des conjectures au sujet du monument auquel elles ont été empruntées.
Les reliefs du premier vase ont été certainement composés du vivant d'Auguste. La glorification de l'empereur, entouré de Livie, d' Agrippa, des divinités qui l'ont aidé dans son œuvre de pacification, environné des provinces soumises, forme un tableau admirablement approprié à la décoration d'un monument érigé en l'honneur du fondateur de la monarchie romaine. Il devait en être comme le point culminant, comme la représentation principale, résumant pour ainsi dire en quelques traits caractéristiques la grande œuvre d'apaisement accomplie par le prince. L'accueil bienveillant fait aux barbares amenés par Drusus rentre dans le même ordre d'idées.
Quaeque vos bobus veneratur albis Clarus Anchisae Venerisque sanguis Impetret bellante prior, jacentem Lenis in hostem2.
C'est un témoignage du résultat pacifique obtenu par les armes romaines sous le gouvernement d'Auguste; la soumission des barbares
1. Lorsque l'orfèvrerie fut devenue une industrie courante, les fabricants cherchèrent des modèles un peu partout et reproduisirent parfois des motifs empruntés à la grande sculpture monumentale. On en a donné la preuve à propos d'un vase d'argent du trésor du Villeret, C. Waldstein, A Hermès in Ephesian sitver teork on a patera from Bernay in France, extr. de Journal of hellenic studies, 1882.