‹ Le trésor de BoscorealeChapitre 57 sur 149 · Hokacl, Epist., Il, l · texte numérisé non relu

Hokacl, Epist., Il, l

2. (Ida ne veut pas dire que les reliefs du second vase oui été empruntés à la même partie de la décoration architecturale. Mais rien iu- s'oppose a ce que dans L'édifice <pii

164 MONUMENTS ET MÉMOIRES

Par une bonne fortune trop rare dans l'histoire de l'art, tous ces reliefs peuvent être datés avec une exactitude suffisante. La glorification d'Auguste, la pacification de l'univers, les succès de Drusus en Germanie, le premier consulat de Tibère, son départ pour la Pannonie, nous reportent à l'an 13 ou à l'an 12 avant l'ère chrétienne.

A ce double intérêt de l'histoire et de la chronologie, s'ajoute celui de la conception et de l'exécution.

La mise en scène, dans un espace forcément restreint, donne l'illusion des grands sujets représentés. Dès cette date, le terrain est indiqué, le lieu où se passe l'action est fixé, de sorte que l'élément pittoresque fournit son contingent. Les figures ne sont pas simplement alignées et immobiles, elles sont disposées sur trois plans avec une science de composition très marquée, passant de la ronde bosse à la simple silhouette esquissée sur le fond : elles marchent, elles parlent, elles vivent, elles s'agitent; les unes apparaissent en forte saillie, tout à fait en vedette; les autres demeurent dans l'ombre discrète d'un arrière-plan. L'attitude, le geste, le mouvement, tout est juste, simple et naturel. Le réalisme a conquis sa liberté, mais il conserve une tenue et une correction parfaites.

Jetons les yeux de nouveau sur la première scène du premier vase. Auguste est placé au point central de la composition, toutes les autres ligures lui sont subordonnées. Pour bien marquer cette dépendance, l'artiste a isolé l'image du prince et La vigoureusement détachée du fond : elle attire les regards; tous les mouvements des assistants se rapportent à elle. Les deux groupes qui l'encadrent symétriquement à droite et à gauche comportent des figures d'un relief inégal, mais avec quelle intelligence elles ont été disposées et comprises ! Grâce à leurs mouvements divers, toute monotonie est évitée; chacune conserve une importance proportionnée au rôle qu'elle est appelée à jouer. Si le Génie du Peuple Romain est moins en vedette que Livie, Rome ou Agrippa, il est, en revanche, représenté de face et il

abritait l'Autel de la Paix on ait introduit des reliefs relatifs aux événements contemporains.

gagne en surface ce qu'il perd en relief. Pendant que le prince reçoit les hommages du premier groupe, Agrippa, à la tête des provinces soumises, attend avec impatience l'instant de les présenter à l'empereur; il tourne la tète vers son escorte; il semble lui faire une muette et dernière recommandation au moment de paraître devant le maître du monde. Les provinces s'inclinent, pénétrées de respect et de crainte, devant la majesté impériale : elles sont représentées avec une mesure calculée, dissimulées les unes derrière les autres, de sorte qu'on les dévine plutôt qu'on ne les voit ; une seule se détache tout à fait au premier plan derrière son glorieux vainqueur.

La seconde scène du même vase, avec ses dix-neuf acteurs, offre un tableau moins symétriquement conçu, où l'air circule un peu moins librement, mais bien plus vivant et dont toute la composition s'enchaîne et se tient à merveille. La figure la plus en relief est encore celle d'Auguste, puis viennent celles des deux licteurs placés à ses côtés, celles de l'officier prétorien et des deux premiers chefs barbares avec leurs enfants. Drusus n'est placé qu'au second plan ; mais, comme le Génie du Peuple Romain sur la première scène, il est représenté de face, dominant les barbares inclinés devant l'empereur. Tout le mouvement a lieu autour de lui ; c'est là que l'intérêt de la composition est concentré. Les figures secondaires des licteurs sont curieuses à observer : les visages, jeunes ou vieux, présentent des types très différents où se reflètent des impressions diverses; le licteur placé en vedette à droite de l'empereur est admirablemenl campé; il se fait remarquer par son attitude et par la façon assez dédaigneuse dont il contemple les barbarés.

Sur le second vase, les scènes ne sont pas conçues dans le même esprit. Tandis que celles du premier vase constituent chacune un ensemble où rien ne peut être dérangé sans affaiblir la composition, sur le second, au contraire, on distingue des groupes facilement séparables. Tibère dans son char avec son eseorte,le taureau enguirlandé qui marche vers l'autel, le général et les licteurs réunis autour du trépied, les victimaires immolant le second taureau, peuvent sans ineon-

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