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Derrière cette châsse et sur des gradins qyi sont dans un enfoncement, il y a deux grands calices de vermeil doré avec leurs pateines servant aux jours solennels; le premier est semé de fleurs de lys, et a esté donné en i582 parle Roy Henry 3 ', et l'autre parM'LouisMallet, seign' de Graville et de Marcoussis et admirai de France
* Signalé dans le Mss loii, p. 247, Bibl. de Chartres. ' Arch. Eure-et-Loir, G. 447 bis, . 3 Nous le reproduisons ici. Planche VI.
SOUS Charles 8 en 1487. Il porte ses armes qui sont trois fermaux et est semé d'ancres de navires ".
L'on voit ensuite deux grosses burettes de vermeil doré d'un ouvrage antique •.
Deux instruments de paix, l'un d'argent ' et l'autre de vermeil doré *. Sur ce dernier est un crucifiment de N. Seigneur d'une basse taille très-belle. Il a esté donné en 1 600 par M' Boëte, doyen de l'église.
Un vase antique de crystal de roche taillé et garny de vermeil doré propre à mettre le saint Chresme *.
Une croix et deux chandeliers d'argent donnez par M' de Pange, chanoine.
Un soleil ou porte-Dieu de crystal dont on se servait anciennement pour l'exposition du Saint-Sacrement. Il est aussi considérable pour son antiquité que pour la beauté de son travail.
Une grande croix de crystal montée sur un pied de vermeil doré sur lequel sont deux reliquaires quarrez en manière de Prié Dieu ou Laictrins aussi de vermeil, donnez par un Duc d'Orléans.
Une croix de vermeil d'un pied de haut et demy pouce ou environ d'espaisseur, sur un pied ou base ovale; le Christ et les quatre extrémités sont d'or.
Trois grandes agraphes de vermeil doré qui servoient autrefois de pectoral aux chappes.
La première® est de figure quarrée, environnée de bou-
] Fut porté à Paris en i563 pour être vendu pour les nécessitez de rÉtat et fut estimé loo livres, mais rapporté. (/.) ' Hauteur 6 pouces. (/.) ' Hauteur 8 pouces, largeur 5 pouces. (/.)
* Hauteur 8 pouces, largeur 4 pouces. (/.)
* Hauteur 5 pouces. (/.)
® 6 pouces de grandeur en tous sens. (/.)
tons d'orphéverie. Elle a dans son milieu un escusson terminé par un cercle portant au premier et au quatrième d'azur à trois fleurs de lys d*or et au deuxième et troisième d'or à un dauphin d'azur aureillé et barbelé de mesme qui sont les armes des Dauphins de France *. Il y a dans les angles du quadre les animaux et l'ange des quatre évangelistes en relief, tenant des rouleaux, et sur chaque face du quadre sont gravez ces mots : « De pis en mieulx. »
Les deux autres sont de mesme grandeur de six pouces, mais fabriqués en roses; au milieu de l'une est un escusjson rond qui porte escartelé au premier et au quatrième d'azur à trois fleurs de lys d'or, et au deuxième et troisième d'or fascé d'azur. (Bourgogne ancien.) Il y a sur cet escusson une Vierge de relief qui tient son fils, et à ses pieds est un chanoine à genoux au dessous duquel est escrit sur un rouleau : « 3faco6ue ht fCempfema » '♦ Et autour de ces figures, il y en a six autres aussi de relief dans les feuilles de la rose représentans des anges, les uns tenant des chandeliers, les autres des encensoirs.
Le milieu de la troisième est remply d'un tableau d'émail sur lequel est peint une Vierge assise proche de son fils, qui est représenté en âge d'homme bénissant un chanoine qui est à genoux à ses pieds, et dans les six feuilles qui environnent ce tableau, l'on voit en émail les hiérogliphes des évangélistes, avec deux anges tenant des encensoirs. Il se lit sur le quadre du tableau :« 3* Jftffotl »'♦ Au derrière de ces agraphes il y a des grands crochets d'argent qui servoient à les retenir sur les chappes.
* Pièces justificatives. Invent, de i545, n« Sy, p. ii5.
* Chanoine et sous-chantre en 1406. (/.)
* Prévost de Mazangé et qui en a fait présent en 1400. (/.)
Une croix de douze pouces de haut dont le pied de la colonne et le fust est d'émeraudes. Le pied est composé de trois tables triangulaires dans le milieu desquelles il y a des onices taillées et ornées de pampres d'or. Celle de la face principale représente un buste de femme, et les deux autres un amour et un masque. Le pied est posé sur trois agathes au-dessus duquel est une colonne torse d'une seule émeraude dont les scoties sont remplacés de lierre rampant. Sur cette colonne est posé le fust de la croix aussi d'émeraude, mis en tables d'un pouce de large, le tout enchâssé en or avec ornements enrichis de perles, de rubis et de turquoises *. Ce présent est très-considérable, il a esté donné par Henry 3 en i582 •.
Un reliquaire d'un cylindre de crystal à pans, couché sur quatre consoles de vermeil doré, dans lequel il y a des cheveux et du suaire de sainte Anatolie, vierge et martyre qui souffrit sous l'empereur Decius '.
Une Vierge de vermeil doré \ au pied de laquelle est un morceau de sépulchre de la Sain te- Vierge. Elle a esté donnée en i256 par Alaïde, abbessc de Montreuil en Picardie, proche la mer, ainsi qu'il se lit autour du pied:
Jtnno a6 incavnatôë Oni 0^. €€♦ C' ee^to, afapîjte
a66ati$$ae monaettofo me fecit fictif et au-dessous se lit : jQutcttmque ^a6et et ISibevit oui pro ea^ et pour
celui qui le fist ^
» SoucHET, Histoire du diocèse et de la ville de Chartres, t. IV, p. 1 1 1 .
* Estimée 3o,ooo livres. (/.)
* Longueur 4 pouces, hauteur 4 pouces. (/.)
* Hauteur 9 pouces, poids 2 marcs 6 onces. (/.)
* Contenant les reliques suivantes : Du sépulcre de la Vierge Marie, — de la colonne où N. Seigneur fut lié, — de la crèche de N. Seigneur, — du boys du cercueil de N. Seigneur, — et de la Verge de Moyse. (/.)
lo INVENTAIRE DES RELIQ.UES
II se voit sur le plus haut des gradins de cet enfoncement une grande nace de nacre de perle ornée d'ouvrages d'orphéverie sur un pied de vermeil doré servant à mettre des encens. Mr. Mille d'IIIiers, doyen de Chartres qui fut ensuite evesque de Luçon, en a fait présent le 25 juin 1540, ainsi que le dit l'inscription \
La pièce conservée dans le trésor de Chartres est, au point de vue artistique, des plus intéressantes; au premier abord, on lui donnerait la date de i520. Aux fins détails de la Renaissance se mêlent non-seulement des souvenirs, mais des parties absolument gothiques. Si nous voyons courir sur le pied de délicates arabesques, que nous retrouvons sur les montants du tour du chœur, la partie supérieure, la nef est tout à fait gothique, comme dans la première partie de Tœuvre de Jean de Beauce d'ailleurs*.
Il est évident que la même inspiration artistique a présidé à la création du tour du chœur et de cette navette, dont les moindres détails semblent pris sur les bas-reliefs de la cathédrale. Il n*est pas jusqu'à la bordure ciselée retenant la nacre, qui ne soit une copie fidèle de la frise légère qui entoure le chœur d'un réseau de dentelle de pierre.
Sur un étendard porté par deux anges (que nous avons laissés au revers pour ne pas cacher les fines ciselures du pied) sont les armes des d'Illiers, et l'inscription placée au bas, dans un cartouche, ne laisse aucun doute sur la date de la fabrication.
1540, DONNÉE LE 25 JUIN. DeS BIENS DE MONS. MiLLE D'IlLIERS,
EVESQ. DE Luçon, doyen dk Chartres, et neveu de Messieurs Mille et Renée d'Illiers, evesque de Chartres*.
Elle fut donc donnée alors que la clôture du chœur venait d'être achevée*, et sans nul doute, l'orfèvre s'efforça de reproduire en matière précieusç les délicats motifs de pierre que les maîtres sculpteurs avaient récemment terminés**.
* Hauteur 12 pouces. (/.)
* Jean Texier, le premier sculpteur du tour du chœur de la cathédrale, dont Jean de Beauce, maître maçon, avait donné le plan, meurt le 29 novembre 1529. (Mss. 1012, p. 390, Bibl. de Chartres.)
' 10 p. 6 lig. de hauteur. (/.)
* En 1539 la clbsture du chœur fut terminée. (Mss. 1012, p. 392. Bibl. de Chartres.)
* Nous y voyons travailler successivement Jean Soûlas, i5i8; Jeati