‹ Le tresor de Chartres: 1310-1793Chapitre 40 sur 70 · LE SOULIER DE CHARLES V ET SA GARNITURE D'ARGENT · texte numérisé non relu

LE SOULIER DE CHARLES V ET SA GARNITURE D'ARGENT

DE L'ÉGLISE DE CHARTRES. 8i

pendant ce mois « débet esse secretum ». La fondation de la messe de la Victoire est du 7 septembre et se trouve consignée à Chartres dans les Registres des Fondations ^ Sur la lame de l'épée de Philippe le Bel, il y avait cette marque,

qui peut être celle de l'ouvrier.

Charles V pouvait parfaitement avoir des dauphins sur son armure, puisqu'en 1 849 le Dauphiné était donné à la France, et que c'est en i36o qu'il fit présent de cette armure à l'église.

Il ne faut pas oublier que les armes de Philippe le Bel doivent se réduire: au casque, sur lequel la trace des fleurs de lys d'or prises en 1793 est encore visible; à la cotte de mailles et à la cotte d'armes de velours violet avec les trois fleurs de lys, qui seraient ainsi une des premières apparitions des trois fleurs de lys royales 2.

Bien que dépouillée de tous ses ornements d'or et d'argent, les vandales de 1 798 ont oublié, le long du soulier de l'armure de Charles V, une mince lisière d'argent découpée. C'est un authentique spécimen d'orfèvrerie du quatorzième siècle, beaucoup plus certain que le cadre du grand camée de Charles V; aussi avons-nous tenu à le reproduire. (PI. XV.) Il serait bien curieux d'établir que nous avons ici quelques parties de l'argenterie de l'armure du Dauphin Charles, dont Estienne de la Fontaine, argentier du Roi, nous indique les diverses pièces dans ses comptes, accompagnées du prix qu'elles avaient coûté en 1353^. Ce qui pourrait encore mieux nous le faire croire, c'est qu'en i36o, Charles V avait vingt-trois ans, et que la petite armure que nous voyons ici, bonne pour un enfant de quim^e ans, correspondrait parfaitement à l'année 1 3 33, les dauphins indiquant bien d'ailleurs qu'elle avait été faite pour lui.

Au-dessous du chef de Ste Anne, il y a une châsse de

* Arch. d'Eure-et-Loir, Inventaire du chapitre, IV, p. 189, et Bibl. de Chartres, Ms. 10 14, p. i83.

* Chassant, Paléographie des chartes et manuscrits, Paris, J. Martin, i885, p. i53.

3 DouET d'Arc, Comptes de l'argenterie des rois de France au quator- :;ième siècle, Paris, J. Renouard, i85i, in-8", p. 126.

bois doré '. Sur l'un des bouts est la figure d'une femme tenant une palme, et sur l'autre il y a un brasier allumé'. Les costez sont figurés en portiques remplis de fleurons d'or et de cœurs enflammez; elle renferme les reliques de Ste Tècle vierge et martyre, qui fut la première de son sexe qui endura pour le Sauveur après sa Résurrection, comme St Estienne soulTrit le r' des hommes après la Passion de ce divin maistre ^.

Il y a proche de cette châsse une pantoufle de Ste Anne apportée du Levant avec la Relique, elle est conservée dans une galoche de bois.

L'on voit enfin suspendu au plafond de ce trésor une girandole de cristal taillée à six branches gerbées de vermeil d'or; elle a esté donnée en 1620, le 19 mars, par feu M. le duc d'Orléans Gaston, frère unique de Louis i3^.

* Longueur 22 pouces, largeur 8 pouces, hauteur 17 pouces. (/.)

* A Saint-Maurice, un fauxbourg de Chartres, il y a une châsse de sainte Tccle : à Chemiers près Clermont en Auvergne qui est un Prieuré dépendant de Tabbaye de la Chaise-Dieu, sont les reliques de sainte Tècle, dont M»"" de Noailles archevesque de Paris eut quelque morceau qu'il a déposé dans une sainte communauté depuis peu érigée à Paris sous la protection de sainte Tècle. (/.)

' Il ne se trouve dans cette châsse que l'extrémité d'un gros os lequel est dans une boëte sans couvercle; il y a aussi quelqu'autres petit paquets renfermés dans une boëte contenant 3 paquets, l'un : de lapidibus sepulcri Domini nosiri, l'autre : de Beato cosma, et le dernier : de Beato mercurio Principe. Le reste n'estant que de vieux linges et bois pourris de l'ancienne châsse avec lesquels sont des morceaux d'une grande boëted'y voire, sur lesquels est représenté en basse taille le martyre de la sainte. Elle a esté autrefois dans une châsse d'argent qui pesait 17 marcs, et vendue en i562 pour les besoins de l'Estat. (/.)

Pourtant nous lisons : Sainte Thècle mise en une nouvelle châsse, 21 mars i5 17. Brillon, Ms. 1016, Bibl. de Chartres, p. 325; ce qui indiquerait qu'elle fut changée de châsse avant i562. Il est d'ailleurs à remarquer que toutes les fois qu'un -reliquaire a disparu, on s'empresse de mettre en note qu'il fut enlevé en i562. Nous n'en prendrons pour autre exemple que le reliquaire de saint Louis de Marseille, p. 66.

"^ Il l'avoit gaignée au jeu à la foire de Saint-Germain de Paris. (/.)

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