‹ Le trésor de la curiosité. Avec diverses notes écédé d'une lettrè a l'auteur sur la curiosité et les curieuxChapitre 168 sur 200 · NOTICE SUR HOLLAR · texte numérisé non relu

NOTICE SUR HOLLAR

caractère à la fois si élégant et si naïf. De la même époque à peu près date VOrnatus muliebris anglicanus- C'est une suite do vingt-huit planches représentant les divers costumes des dames anglaises. Il faut croire que cette première série eut du succès, car le graveur la lit suivre bientôt du Theatrum mulierum , qui n'était que la représentation de tnus les costumes de femmes, alors en usage chez les différentes nations de l'Europe, suite curieuse dont la continuation fut publiée en 1G44 sous le titre de Aula Veneris. Dans ce long ouvrage où tant d'autres n'auraient vu qu'une spéculation d'éditeur à servir, Hollar montra toute la finesse, toute la variété de son talent et fit une œuvre d'art de ce qui n'était qu'un recueil de renseignements géographiques. Avec sa seule pointe, et sans avoir recours aux procédés ordinaires de la gravure, aux ressources déjà connues du burin, il fit sentir dans ses petites estampes la grossièreté de la bure, la souplesse du drap, les luisants du taffetas et de la moire antique, les cassures du satin, les tons sourds du velours et les tons mats du feutre, la raideur des collerettes empesées et la consistance des étoffes a grands ramages. Les ordres religieux, les ordres de chevalerie vinrent également figurer dans cette galerie intéressante avec leurs frocs, leurs capuchons, leurs épées, leurs éperons, leurs manteaux.

Ce n'est pas tout : Hollar était déjà trop comiu en Angleterre pour n'être pas appelé à graver quelques-uns des portraits de Van Dyck, qui touchait alors à la fin si prématurée de sa brillante carrière. C'est d'après ce grand maître qu'il grava les portraits du comte d'Arundel et de sa femme, d'Elisabeth Villiers, duchesse de Lennox, de Marie Stuart, comtesse de Portland, de François Junius, de l'évéque Malderus, de l'archevêque Laud. Il parait que Van Dyck ne fut que médiocrement satisfait des gravures de Hollar, et il est certain que la pointe acérée de ce graveur ne rendait que très -imparfaitement la touche fière de Van Dyck, ses méplats fermes, ses accents pleins de vivacité et de grâce. Malgré tout, un des plus précieux portraits de Van Dyck (je parle des portraits qu'il fit de lui-même) est celui que HoUai' a gravé et qui fut publié trois ans après la mort du peintre. Et l'on ne peut nier qu'il n'y ait beaucoup de vie dans ce portrait, aussi bien que dans ceux de Marguerite Lémon, maîtresse de Van Dyck, d'Inigo Jones, célèbre architecte, et de beaucoup d'autres; seulement Hollar interprète Van Dyck plutôt qu'il ne le traduit, et sans imiter le relief de ses têtes, sans en reproduire tous les plans, il arrive à un effet très-remarqualde par nue :;raiide èconouiie dr

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travaux, e'ost-à-diic par la siippn^ssion «k' iirosrine toutos los deniilointos ot en insistant sur les traits qui décident de l'expression.

Cependant, la guerre civile ayant éclaté en Angleterre^ HoUar, dont les protecteurs étaient précisément les plus proches amis du roi, se trouva lancé ou plutôt enveloppé dans le parti des royalistes. Il était, dii reste, attaché à la famille royale depuis trois ou quatre ans, en qualité de maître à dessiner du prince de Galles, depuis Charles 11. Et à ce sujet, Georges Vertue, qui écrivait la vie de llollar et le catalogue de ses œuvres *, vers le milieu du siècle dernier, dit avoir vu, dans la possession du comte dWford, un petit portel'euillc à fermoirs d'argent et aux armes du prince do Galles (qui sont une couronne surmontée de plumes), et dans ce portefeuille plusieurs dessins de nez, de bouches, d'yeux et d'oreilles, comme on en fait à l'usage des commençants, avec de l'écriture de la main de Hollar. Toujours est-il qu'à la suite des trou- Ides, le comte d'Arundcl, forcé de quitter l'Angleterre, s'enfuit dans les Pays-Bas , laissant derrière lui le pauvre Hollar qui ne vit d'autre ressource que de suivre la fortune de la guerre. Admis dans le corps qui était sous le commandement du marquis de Winchester et du colonel Robert Peake, il fut fait prisonnier à lîaring-house; mais heureusement il parvint à s'échapper et s'en alla rejoindre le comte d'Arundel à Anvers. Il aiTiva dans cette ville en 1645, et y reprit aussitôt l'exercice de son art.

Intrépide curieux, le comte d'Arundel, dans la précipitation de sa fuite, avait trouvé le temps de réunir et d'emporter avec lui les diverses parties de sa collection. Hollar put donc donner suite au projet qu'il avait formé à Londres de graver les plus beaux objets de cette collection rare. Il commença par un grand nombre de dessins de Léonard de Vinci, et publia, entre autres morceaux d'après ce maître, un livre de caricatures, livre singulier oîi le grand peintre s'était amusé à grossir, allonger, étirer, déformer en tous sens le masque de l'homme, pour lui faire exprimer fortement les instincts grossiers de la nature humaine, et tous ceux encore qu'il imaginait dans le dérèglement de sa fantaisie. Hollar publia ensuite la série : Muscarum, Scarabœorum , vermhtm que variœ figurœ. Rien n'est plus curieux ni plus précieusement Uni que cette suite de douze planches représentant des variétés d'insectes. Hollar y a montré jusqu'où peut aller la pointe (l'un gi-aveur dans la spécification des substances et dans l'indi-

1. A desniplioti of llie icorks nf Ihe iugenious dclinealor ami eiuiriirer Wenceslas lliilliiy ifilli viimc (leiomil t)f liis tife. I.ondon , 174'i.

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