XXII LETTRE A L'AUTEUR
La duchesse de Richemond ( galerie de Windsor ) ;
La reine Marie de Mcdicis, une rose à la main;
La Vierge, le Christ et saint Joseph regardant la danse des anges, acheté dans le siècle dernier par Robert Walpole 800 livres, et vendu à l'impératrice Catherine avec la galerie de Houghton ;
La Vierge et l'Enl'ant Jésus adorés par les Saints, du Giorgion, acheté 114 livres par Jabach (collection du Louvre);
Le portrait d'un marchand ouvrant une lettre , par Holhein, présent de sir Henri Vane, vendu 100 livres ;
Trois sujets de la légende de saint Sébastien, par Lucas de Leyde, vendus 101 livres;
Les Joueurs d'échecs par le même, quinze figures, de la collection de Mantoue ;
Les enfants du roi Henri VII par Jean de Mabeuse (collection d'Hamptoncourt).
D'André ftlantegna :
Le Triomphe de Jules César, de la collection de Mantoue, estimé 1000 livres (collection d'Hamptoncourt);
La Vierge, l'Enfant Jésus, saint Jean, et dans le paysage, saint Christophe, saint Georges, saint Jérôme, saint François et saint Dominique ; de la collection de Mantoue ;
La Mort de la Vierge entourée par les apôtres ;
La Femme adultère;
Mutins Scœvola ;
La Vierge, l'enfant Jésus, saint Jean et l'agneau, par Garofalo, collection de Mantoue.
De Raphaël :
Les célèbres Carions , rachetés par ordre de Cromwell pour la nation (Hamptoncourt);
La Vierge, l'Enfant, saint Jean et sainte Elisabeth, tableau connu sous le nom de la Perle, vendu 2,000 livres à don Alonzo de Cardenas (nuisée de Madrid);
SUK LA CLIUOSITK. xxiii
L;i Vierge, l'Knl'anl et s;iinl Jean ; ce lableau longtemps dans la maison d'Albe et appelé pour cela le Uaphaël d'All)e, vendu 500 livres (galei'ie de lErniitage).
Saint George et le dragon; Charles 1" l'avait eu de lord Pembrokc en échange d'un livre de dessins d'Holhein, vendu 150 livres. ( Ce tableau, du temps de Félibicn, appartenait au maïquis de Sourdis ; on le retrouva dans la collection Crozat, et il est maintenant à l'Ermitage.)
Du Guide :
Hercule et Cacus, vendu 400 livres ; Vénus habillée parles Grâces, vendu 200 liv. (Gale nationale).
De Jules Romain :
La Naisssance du Christ, acheté par Jabach 500 livies ( au Louvre ) ;
La Naissance d'Hercule, de la collection de Mantoue, vendu 114 livres;
Les portraits des Empereurs romains, vendus 1,100 liv.
De Rubens :
Les Rienfaits de la Paix, vendu 100 livres (Galerie nationale ).
D'André del Sarte :
La Vierge, l'Enfant et un ange, de la collection de Mantoue, acheté 230 livres par don Alonzo de Cardenas (musée de Madrid).
Du Titien :
Le Christ au tombeau , collection de Mantoue , vendu 120 livres (au Louvre);
Les Pèlerins d'Emmaûs, acheté par Jabach (au Louvre);
Le portrait du peintre et celui d'un sénateur vénitien , vendus 110 livres (collection de la reine d'Angleterre);
Titien et sa maîtresse, vendu 100 livres (au Louvre).
xsiv LETTRE A L'AUTEUR
De Perino del Vaga :
Le Parnasse, vendu 107 livres (au Louvre);
De Léonard de Vinci :
Saint Jean -Baptiste, acheté par Jabach 140 livres (au Louvre).
A la déchéance de Charles I", les arts furent enveloppés dans la proscription de la royauté, et le fanatisme religieux poussa le parlement à voter, en 1645, les résolutions suivantes :
« Les tableaux qui sont à York-House et qui ne portent aucime trace de superstition, seront immédiatement vendus au profit de l'Irlande et du Nord.
« Tous les tableaux dans lesquels on représente la seconde personne de la Trinité et la Vierge Marie seront brûlés. »
Plus tard, le 20 février 16i8, le comité de la marine fut autorisé à se faire de l'argent par la vente de la couronne, des bijoux, tapisseries et autres biens du dernier roi. Deux jours après, Cromwell, qui dès qu'il fut en possession du pouvoir, avait arrêté la dispersion de la collection royale, prévenu que plusieurs de ces biens couraient risque d'être détournés, notifia l'ordre suivant : « La garde de la bibliothèque et des tableaux de Saint-James est confiée au conseil d'État ». Ce qui n'empêcha pas le parlement, un mois après, de décréter que les biens mobiliers du dernier Roi, de la reine et du prince seraient inventoriés, estimés et vendus, à l'exception de ceux que l'on jugerait convenable de réserver pour l'usage de l'État ; et ce choix fut confié au conseil d'État. Des commissaires furent chargés de cet inventaire, et d'autres personnes, qui ne pouvaient être prises dans la Chambre, de faire la vente. Le produit devait servir à payer les dettes du roi et de la reine, et le reste devait v\vv, appliqué à l'utilité publique, les premières trente mille livres étant affectées à la marine. Les principales pièces furent estimées assez cher; quel-
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ques-unes furent vendues au-dessus de celte estimation, mais beaucoup d'autres furent achetées à vil prix par des peintres et des gens de la maison du roi, chez lesquels elles restèrent longlem[)s offertes en vente.
Quant aux bijoux, le parlement, immédiatement après la mort du roi, avait fait saisir la couronne et le sceptre. La reine avait vendu de ces bijoux pour une certaine somme à l'étranger, et, du vivant du roi, il avait été disposé du fameux collier de rubis qui avait appartenu à Henri VIII. La perle que Charles pr portait à son oreille fut enlevée après son exécution et donnée plus lard par le roi Guillaume à son favori Portland.
Le produit de toutes ces ventes s'éleva à 118,080 livres sterling, soit 2,6!2o,000 fr. Les acheteurs pouvaient se dispenser de prendre livraison en abandonnant un quart des prix. Un grand nombre d'objets furent détournés. On cite parmi les acheteurs, les agents du roi d'Espagne et du cardinal Mazarin, le banquier Jabach, les peintres Decritz, Wright, van Lemput, sirBallhazar Gerbier; on voit figurer un M. John Leigh qui paie 109 livres pour le compte du lieutenant général Cromwell, et 200 livres pour lady Cromwell.
Après la restauration, une commission fut instituée pour rassembler les débris de cette collection ; quelques tableaux qui étaient dans le cabinet de Gérard Reyntz, un curieux, hollandais, furent rachetés parles États et offerts à Charles II. Un seul tableau, Charles P"" h cheval par Van Dyck, fut recouvré au moyen d'un procès intenté à Rémi van Lempul, Ce peintre était un des premiers brocanteurs qui d'Anvers passèrent eu Angleterre avec une collection de tableaux et de curiosités, pour les exposer en vente publique, ce qui se faisait déjà à Anvers dans la salle des peintres située au-dessus de la Bourse. Ce fut là que se fit, eu 1648, la vente de la collection Buckingham, et pour cette permission le duc paya 100 florins à la confrérie des peintres.