‹ Le trésor de la curiosité, tiré des catalogues de vente de tableaux, dessins, estampes, livres, marbres, bronzes, ivoires, terres cuites, vitraux, médailles, armes, precelaines, meubles, émaux, laques et autres objets d'art;Chapitre 5 sur 209 · XIV LETTRE A L'AUTEUR · texte numérisé non relu

XIV LETTRE A L'AUTEUR

faire vivre, se compose de deux cent vingt tableai lesquels on remarque :

Dix-neuf Titien, dix- sept Tiniorel, vingt-un deux Jules Romain , deux Giorgione, treize Paul ^ huit Palme, trois Guide, trois Léonard de Vinci , < rège, trois Raphaël, un André del Sarte, trois Se un Albert Durer, deux Ribera, deux Pordeno Holbein, deux Quentin Matzys, deux Sneyà Steenvnck.

M. Duart, d'Anvers , acheta plusieurs de ces 1 mais la plus grande partie vint s'ajouter à la bel lion que Tarchiduc Léopold avait réunie dans 1( de Prague, et entre autres le fameux Ecce i Titien.

Buckingham, pendant son ambassade en Holla négocier le rétablissement du Palatinat, y acl curieuse collection de manuscrits arabes qu'il l'université de Cambridge, dont il était chancelier

Une des parties les plus intéressantes de la c Buckingham provenait des va^s antiques, mé( peintures que Rubens avait rassemblés dans se d'Anvers. On a prétendu qu'il y avait plus de que de goût des arts dans cette acquisition, que le l'achetant 10,000 livres sterling, la paya dix : qu'elle n'avait coûté, et qu^il ne fit ce sacrifice q gagner Rubens aux intérêts de TAngleterre.

Il n'y a rien d'.étonnant à ce que des curiosités blées par Rubens dans ses voyages aient coûté mo que celles que le duc faisait acheter à grand bru des ambassadeurs» et pour expliquer cette afiain pas besoin de la rattacher aux destinées de l'Angl de l'Espagne.

C'est Une manière d'embellir la diplomatie époque que d'y faire souvent figurer Rubens. Il fut dans ses nombreux voyages et par ses aimables i

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avec beaucoup de rois, de princes et de grands seigneurs, mêlé à quelques négociations ; mais heureusement ce ne fut pas la grande aflaire de sa vie. On s*étonne et à juste litre qu'il ait pu autant produire? Que serait-ce donc s*il avait perdu son temps dans les chancelleries et dans les antichambres? Il est vrai que quelquefois Rubens négociait la palette à la main. La lettre suivante, écrite par lui en 1625, prouve qu'il n'était pas aussi ambitieux de diplomatie qu'on a bien voulu le dire :

« Le prince de Galles est le prince le plus amateur de la peinture qui soit au monde. Il a déjà quelque chose de ma main et m'a demandé, par l'agent de l'Angleterre résidant à Bruxelles, avec une telle instance mon portrait, qu'il n'y eut aucun moyen de le pouvoir refuser, encore qu'il ne semblait pas convenable d'envoyer mon portrait à un prince de cette qualité. Je vous assure que si l'al- . liance projetée avec l'Infante d'Espagne eût réussi , j'eusse été contraint de faire un voyage en Angleterre; mais cette amitié en général s'étant évanouie, s'est aussi refroidi le commerce des particuliers, comme la fortune des grands tire avec elle tout le reste. Mais quant à moi, je suis aux afiaires publiques l'homme le moins passionné du monde, je sauve toujours mes brayes et ma personne. »

Ce n'est pas seulement la vente de son cabinet au duc de Buckingham qui a rangé Rubens au nombre des illustres curieux ; il avait éprouvé une grande peine à se dessaisir de cette première collection; il en rassembla une autre beaucoup plus riche, puisque le produit total de celle qui fut vendue après sa mort s'éleva à 109,241 florins, sans y comprendre ses camées, ses médailles, ses pierres gravées passés en Espagne, ses dessins et ses estampes vendus en 16K8, que l'on estimait à 100,000 florins.

Les 100,241 florins se composent du produit d'une première vente de tableaux et curiosités qui- eut lieu le 17 mars 1642 et s'éleva à 82,800 florins; une seconde vente

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produisit 16,649 florins, et enfin il en fut vendu directement au roi d'Espagne et à différentes personnes pour 40,000 florins. On n'a pas le déiml des deux premières ventes, mais j'ai trouvé dans des notes manuscrites que H. Van Moll, d'Anvers, a ajoutées à un exemplaire de la seconde édition des Âneedotet ofpainting par Horace Walpole, la liste curieuse des tableaux vendus au roi d'Espagne avant les deux ventes publiques.

Quatre tableaux 4,300 florins.

Un Sauveur, d'après le Titien 900

Le Supplice de saint Pierre SOO

Le portrait de Titien ï 400

Le portrait du Tintoret 1,000

Un autre du même 190

Un saint François, par le Mutiano 330

Une Nouvelle épousée, par Paul Véronèse. 350 Le portrait d'une dame, par le même. . 220 Un dessin à l'encre de Chine, par le

même 80

L'histoire de Psyché , par Paul Bril 680

Cérës cherchant sa TUle, par Elzheimer. 480

Trois autres morceaux, par le même 1 ,350

'^ Calistoaubain, d'après le Titien 4,800

Actéon, d'après le Titien 1,800

Vénus et Adonis, d'après le même 1,S00

Europe, d'après le même 1,400

Vénus couchée, d'après le même 1,200

Une Danse d'enfants, d'après le même. . 1,800

Une Bacchanale, d'après le même 1,800

Des Nymphes et des Satyres 880 *

La Vierge el saint George 880

Des Soldats dans une, guinguette 880

Une Danse de paysans 800

Les Disciples d'Emmaûs 800

L'Histoire de saint George..; 1,000

SUR LA CURIOSITÉ. xvn

^ Une Chasse au cerf 700 florins.

Les Trois Grâces avec une corne d'abondance 760

Un saint Jérôme, par Van Dyck 800

Un Couronnement d'épines, par le même 1,000

Notre^igneur arrêté dans le Jardin des Oliviers 1,200

Au prince d'Orange :

Un tableau.. 800

Au sieur Descamps :

Le Martyre de saint Pierre 1»200

La Vierge, l'Enfant et saint François .... 600

Le Prince cardinal, à cheval 1,200

La Vierge dans une guirlande de fleurs. 180

Vénus se regardant dans un miroir 300

A diverses personnes 4,287

Charles P' doit être cité comme un compagnon en curiosité de lord Arundel et de Buckingham. Il n'avait pas cette prodigalité des rois qui ne paient pas leurs acquisitions de leurs propres deniers. Il achetait avec mesure et avec discernement. C'était une nature élégante : excellent cavalier, tireur adroit, bon mathématicien, amateur de musique, très -versé dans l'histoire, il parlait et écrivait avec facilité plusieurs langues ; en outre de tous ces mérites, c'était un curieux distingué, son appréciation était prompte et sûre ; il était réellement au-dessus de tout le peuple de sa cour par la variété , par la profondeur de ses connaissances ; on prétend même qu'il pratiquait ce qu'il jugeait si bien, et qu'il faisait des dessins que Rubens corrigeait.

A peine monté sur le trône, Charles P' commença sa collection. La couronne possédait déjà quelques tableaux.

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Henri YIII en avait acheté plusieurs , mais en y comp nant les miniatures, sa collection ne contenait que a vingt et une pièces. Le prince Henri avait des tables et des statues : Charles I^ les réunit et en fit acheter France et en Italie. H envoya Cross en Espagne pou: copier les œuvres du Titien.

Quand ce goût fut connu , les offres affluèrent ; les co tisans firent hommage au roi de plusieurs œuvres d*art, il est fait mention de ces cadeaux dans le catalogue de collection. Pendant le voyage de Charles, encore prii de Galles, en Espagne, le roi lui donna le célèbre tabl( du Titien connu sous le nom de la Venus del Pardo ei groupe de Gain tuant Abelj par Jean de Bologne. A la n sance de sa seconde fille , les Hollandais envoyèrent l reine, entre autres présents, une curieuse pendule quatre tableaux du Tintoret et du Titien.

La première et la plus importante acquisition faite Charles I*', fut celle de la galerie du duc de Mantoue ; eut lieu en 1627. Charles paya, dit-on, cette collecl 80,000 livres sterling, somme considérable pour ce tem elle était une des plus belles d'Italie, et les ducs de M toue avaient mis cent cinquante ans h la former. Ils i lisaient avec les Médicis par leur goût pour les arts. Dai XV» siècle , ils avaient attiré h leur cour André Manleg et dans le xvi% Jules Romain. On voyait dans cette co] tion le Triomphe de César par Mantegna, et entre au tableaux de Raphaël, cette Sainte Famille admirée à TE rial sous le nom de la Perle, TÉducation de FAmou deux autres allégories, par le Corrége, le Christ au 1 beau, du Titien. Le roi acheta en outre d'un non Frosley vingt-trois tableaux de l'école italienne. Il fa tous ses efforts pour attirer les artistes en Angleterr< invita sans succès l'Albane et Carie Maratte à s'y étal Simon Vouet qui, dans sa jeunesse, avait fait quel( portraits à Londres, fut engagé à y revenir. Le roi voi

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aussi posséder quelque chose de la main du Bernin, qui exécuta son buste â*après un portrait de Van Dyck. Ce fut en voyant ce portrait, que le sculpteur dit qu'il y avait quelque chose de malheureux dans la physionomie de Charles !•'.

Après la galerie du duc de Mantoue vint l'achat des cartons de Raphaël qui ornent le palais de Hamptoncourt ; ils étaient passés en Flandre , depuis le temps de Léon X , où ils avaient été envoyés pour être reproduits en tapisserie, mais sans l'argent nécessaire pour cette reproduction. Rubens en parla au roi, et le marché fut conclu par son entremise.

Tout en accordant sa préférence aux grands maîtres d'Italie , Charles I*' rendait justice à ceux de l'Allemagne et de la Hollande ; il avait des tableaux d'Holbein , d'Albert Durer, de Penz, de Cranach, de Lucas de Leyde, d'Antoine More, n fit tout pour garder Rubens en Angleterre ; nonseulement il le chargea de peindre la grande salle de Whitehall construite par Inigo Jones, mais il lui commanda plusieurs tableaux, et l'on sait que pendant dix ans Van Dyck travailla pour lui.

Il existe trois catalogues de la galerie de Charles I«% publiés par Bathoe et devenus fort rares. Le premier contient un extrait de tous les tableaux et sculptures que le roi possédait. Ces tableaux, dispersés dans les maisons royales, s'élevaient à 1,387 et les sculptures à 399. Dans tout cela il n'y a que 88 tableaux cités comme œuvres capitales, dont l'estimation et les prix de vente sont indiqués. Le second document est un catalogue dressé par Van der Dort, conservateur des collections royales , qui contient 77 tableaux de plus petite dimension , ornant le palais de Saint-James et toutes les œuvres d'art de Whitehall que renfermait la principale galerie. II y avait 497 tableaux, y compris les miniatures, et 79 sculptures. Mais, parmi les 574 tableaux énumérés dans ce catalogue , il n'y en a que 38, des 88 qui ,

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dans l'exlrtûl, sont l'objet d'une menlion spéciale. Comme, eo outre de ces 38 pièces, il y en a 216 de grands maîtres, telles que l'ËducaUon de l'Amour, par le Corrége, et les Disciples d'ËmmaùSipar le Titien, on peut en conclure que Sommerset House, Hamptoncourt, Saint-James et Whiteball contenaient encore beaucoup d'autres richesses, ce qui est confirmé par le catalogue de Jacques II. On y voit d'abord deux Raphaël, deux Giorgion, deux Parmesan et un Titien, indiqués comme ayant fait partie de la collection de Charles I", et qui ne sont pas compris dans les 88 du catalogue Van der Dort. En y ajoutant ces 7 tableaux, on ne trouve encore que 639 sur les 1,387 que possédait Charles 1*'. Mus, dans le catalogue de Jacques II, il y a un nombre considérable d'autres tableaux sous les noms de Léonard de Vinci, Raphaél, Jules Romain, Giorgione, Titien, les deux Palme, Paul Véronèse, Tintoret, Bassan, Parmesan, Hotbein, Ruhens et Van Dyck, qui ne font partie ni des 88, ni du Catalogne Van der Dort. Jacques II avùt reçu ces tableaux de son frère Charles II, et ce que l'on sait du goût de ces deux princes permet de penser que ce qu'ilyavaitde mieux dans leurs galeries venaitde Charles I". En ne comptant que ce qui, dans ces catalogues, est indiqué comme venant positivement de celte source, on y trouve un Léonard de Vinci , trois André del Sarte , treize Raphaël, vingt-trois Jules Romain, un Perino del Vaga, un Garofalo, un Luini, neuf Corrége, onze Parmesan, cinq Giorgion, quarante-cinq Titien, quatre Pordenone, un Sébastien del Piombo, cinq Pahne le Vieux, quatre Paul Véronèse, deux Annibal Carrache, quatre Guide, trois Albert Durer, onze Holbein, sept Lucas de Leyde, deux ' Jean de Habcuse, six Ruhens, dix-huit Van Dyck.

On remarque parmi ces trésors de l'art un portefeuille de dessins de Michel-Ange.

La Viei^e, l'Enfant Jésus et saint Barthélémy, d' Annibal Gairache.

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Du Corrége :

Deux Saint Jean , rÉducation de rAmour, possédée depuis tour à tour par le duc d'Albe, le Prince de la Paix, le roi Murât, le marquis de Londonderry, et aujourd'hui, dans la Galerie nationale ; Vénus, TÂniour et un Satyre, de la collection de Mantoue, estimé 1,000 livres st., acheté par Jabach, et aujourd'hui au Louvre sous le nomule Jupiter et Antiope.

Le Supplice de Marsias, aquarelle sur toile, collection de Mantoue, achetée par Jabach ( collection du Louvre, galerie des dessins).

Le pendant : le Triomphe de la vertu sur le vice, même origine, au Louvre.

Le Mariage de sainte Catherine , donné par le duc de Buckingham, et supposé une bonne et vieille copie de celui du Louvre.

Le portrait de Luther, par Lucas €ranach.

Le portrait d*Âlbert Durer, par lui-même , donné au roi par la ville de Nuremberg , collection de Florence. Le pendant : le portrait du frère d* Albert Durer, les deux vendus 100 livres sterling *.

De Van Dyck :

Tableau de famille ; le Roi, la Reine, le prince Charles et la princesse Marie^ vendu 150 livres. Ce tableau fut probablement détruit dans Tincendie de Whitehall, en 1697;

Le roi Charles sur un cheval gris, vendu 200 livres au peintre hollandais Vai;! Lemput, repris sous la restauration (galerie de Windsor);

Charles 1«' et ses deux enfants avec un grand chien ( galerie de Windsor ) ;

Le portrait de Van Dyck la main droite sur la poitrine ( galerie de Windsor ) ;

1. Ce prix et ceux qui vont suivre sont les prix payés à la vente qui fut faite par ordre du parlement, cooime on le verra plus tard.

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