‹ Le trésor de TrèvesChapitre 12 sur 47 · IVOIRE BYZANTIN · texte numérisé non relu

IVOIRE BYZANTIN

rattache aux angles de la plaque par quatre feuilles, bombées et dorées, qui ont la prétention d'imiter des pampres.

Tout l'intérêt se concentre sur l'ivoire byzantin, du xe siècle environ, que cette bordure insignifiante encadre et qui représente la scène de l'Annonciation d'une manière fort remarquable.

La plaque est coupée en deux et fixée par des vis modernes, qui ont dû remplacer des clous. Une arcade en plein cintre, avec petite fenêtre allongée et cintrée dans l'écoinçon extérieur, abrite chacun des deux personnages : elle indique une maison, car la scène se passe dans un intérieur. L'arc est tapissé de fleurons cruciformes, et retombe des deux côtés, sur une colonne élancée, dont la base et le chapiteau, de même aspect, sont décorés d'un double feuillage. L'ange, sculpté de profil, est dans l'arcade de gauche, relativement au spectateur. Ses pieds nus, attestant son rôle de messager, posent sur un sol en pente. Il est vêtu d'une tunique et d'un manteau, élégamment drapés. Sa tète virile est entourée d'un nimbs. Une de ses deux ailes est abaissée, parce qu'il est momentanément au repos; l'autre, relevée, le montre prêt à reprendre son vol vers les cieux, sa mission achevée. De la main droite, il fait le geste de l'allocution, qui consiste dans l'abaissement des deux derniers doigts et l'allongement des trois autres. Sa main gauche tient une verge courte, insigne de sa délégation. Près de lui est une corbeille, qui contient trois pelotes de laine, car, lors de son arrivée à Nazareth, Marie était occupée à filer. A son approche, elle s'est levée pour le recevoir, mais elle a encore à la main son fuseau, tandis que sa main droite exprime la surprise.

Ses pieds sont chaussés, comme le prescrit l'iconographie grecque et latine. Elle se tient debout sur un escabeau, adhérent à son siège en bois tourné, avec boule au sommet des montants : un coussin allongé s'étend à la partie supérieure. Le costume comporte un vêtement de dessous à manches serrées, une robe à manches larges, un manteau relevé sur les bras à la façon des anciennes chasubles, et un voile ou omophorion replié autour du cou comme une guimpe. Elle baisse modestement les yeux et sa figure s'illumine du nimbe circulaire de la sainteté.

Les deux personnages sont de grande taille. La Vierge, étroite et serrée dans sa robe, mesure sept têtes en longueur. Elle se tient raide, dans un sentiment peut-être un peu exagéré de dignité; l'archange, au contraire, s'incline respectueusement. Cette attitude de contraste dénote un artiste parfaitement sûr de sa main, et cherchant à rendre le sentiment qui pour lui résulte de la diversité des situations.

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