TRIPTYQUE DE SAINT ANDRÉ
Hauteur : o, 58 ; largeur étant ouvert : o, 4;.
CATHÉDRALE. - XII" SIÈCLE
La présence de ce triptyque, consacré à la passion et à la glorification de saint André, s'explique parfaitement dans une église qui avait en si grande vénération la sandale de l'apôtre. L'un et l'autre devaient s'exhiber en même temps, au jour natal et à certaines fêtes, car l'exposition des reliques correspondait constamment au degré de la solennité.
Ce triptyque est en cuivre doré et émaillé. Du panneau central il ne reste que l'encadrement, feuillage au repoussé et taillé en biseau au-dessous de la frise. Sur le fond, renouvelé en 1605, se détache un sautoir, autrement dit croix de Saint- André, et entre ses branches supérieures est gravé son nom. La statuette guindée de l'apôtre a le cachet de la fin du xvi° siècle.
Sur chacun des volets s'étagent trois panneaux, bordés de roses, avec gemmes aux frises de séparation. Les scènes, empruntées à la Légende d'or, sont figurées par le procédé du champlevé avec émaux de l'école rhénane, où le vert domine. Les couleurs y sont au nombre de six : blanc, rouge, bleu lapis, bleu clair, vert foncé, vert tendre. Leur groupement se fait de plusieurs manières : les rayons célestes sont verts avec bordure rou<re ou successivement verts, rouges et blancs; le nimbe bleu, couleur céleste, est ourlé de blanc, pour mieux arrêter ses contours; le ciel est bordé en rouge, blanc et bleu clair; la main divine, qui bénit à trois doigts, est emmanchée de vert; sur les ailes des anges, le rouge passe au bleu, puis au blanc; les vêtements sont blancs, blanc bleuâtre, avec manteau vert ou, réciproquement, robe verte et manteau bleuâtre. Il y a du rouge au ciel, aux ailes des anges, aux bases des colonnes, aux coupoles et à l'astragale du dernier panneau. Le vert clair se renforce aux bords et finit par devenir bleuâtre. Les ombres des chairs et des cheveux,
i! TRIPTYQUE DE SAINT ANDRE
ainsi que les contours des figures et les lettres, sont niellées. Le bleu a des lumières blanches. Les chairs sont réservées dans le métal.
Les sujets se lisent de droite à gauche (la droite du triptyque) et de bas en haut.
Les personnages sont désignés par leur nom, et d'autres inscriptions, très abrégées, indiquent les paroles prononcées.
i. Saint André, .ANDREAS., guérit saint Mathieu, .MATHEVS, à qui les infidèles avaient arraché les yeux. Il prie en ces termes : APRI. DNE. OCVLOS. SERVI. TVI.
2. Egée, proconsul d'Achaïe, EGEAS, coiffé d'un bonnet vert, bordé de rouge et de blanc, en robe verte, à manches, ceintïtre et bordure rouges, fait comparaître saint André à son tribunal ; il lui reproche la destruction du temple de Dieu : TV ES ANDREAS 7 DESTRVIS T. D. (templum Dei). L'apôtre, ANDREAS, lui répond qu'il prêche la vérité : EGO. SÔ PDIC VB. VERITATIS (Ego suni prœdicator verbi veritatis).
3. Saint André, ANDREAS, se prosterne devant l'instrument de son supplice, qui est de couleur verte et semblable à la croix du Sauveur. Il l'apostrophe ainsi : SVSCIPE. ELECTA. CRVX. HVMILË. PPT. DL (humilem propter delictum ?)
4. Saint André, ANDREAS, s'adresse aux fidèles, FIDELES., leur recommandant la foi : ATQ. VOS. Ë. V. FID. V. E. SVP FVDAMTA. X. POSVISTIS. CRE. F. (Atquc vos eslis vere fidèles, vos enim super fundamenta Chnsli posuistis (positi estis) credentes fidem).
5. Saint André, debout sur la croix, entre deux bourreaux, CARNIFI- CES. La croix est verte, signe du triomphe prochain. La scène est intitulée PASSIO SCI ANDREE.
6. Deux anges, respectueusement inclinés, tiennent ouverte la porte du ciel sur laquelle la main de Dieu verse des rayons de lumière : PORTA. CELI.
L'entrée au ciel est la récompense du martyre. Une autre glorification attend l'apôtre, car il trône en majesté, étant un de ceux à qui le Christ a dit : « Sedebitis et vos super sedes duodecim, judicantes duodecim tribus Israël. » (Saint Matth , XIX, 28.)
On a inconsidérément surmonté le panneau central d'un crucifix, en émail champlevé de Limoges, du xm° siècle et d'un type assez commun.
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