‹ Le trésor de TrèvesChapitre 17 sur 47 · PL. IX · texte numérisé non relu

PL. IX

Triptyque de Saint-André

XIIe et XVIe Siècle.

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COUVERTURE D'ÉVANGÉLIAIRE

Hauteur : o, 55 ; largeur : o, 25.

CATHÉDRALE — XII" SIÈCLE

Cette couverture, en argent doré, date du xii'' siècle et est de style allemand.

Elle a perdu sa bordure, qui devait être filigranée et gemmée, comme on le voit sur d'autres évangéliaires du même trésor et ailleurs. Il ne reste plus que la plaque centrale, travaillée au repoussé et dont les personnages se détachent du fond en fort relief. Or, pour éviter que ce relief eût à souffrir, quand le livre était ouvert ou posé à plat, quatre gros cabochons, suivant une pratique constante, saillissaient aux angles et empêchaient le frottement de se produire. De plus, à l'ambon, on l'appuyait, soit sur un doublier d'étoffe, soit sur un coussin, ou encore sur l'un et l'autre à la fois.

La plaque, contournée d'une moulure feuillagée, avec grénetis à l'intérieur, est partagée en trois parties inégales par un bandeau, gravé en treillis et parsemé de petits cabochons ronds, sertis en bâte, entourés d'un cordon granulé et flanqués chacun de quatre perles.

Au centre, dans une auréole dont le pourtour est rehaussé de filigranes et de gemmes, le Christ trône en majesté. Sa main droite levée bénit à la manière latine ; ses pieds sont nus, ainsi que le prescrit l'iconographie et posés sur un escabeau; sa tète est entourée d'un nimbe filigrane, où des gemmes marquent les branches cruciformes ; un manteau recouvre sa tunique à col brodé et le livre de sa loi est appuyé sur son genou gauche, fermé, car il n'appartient qu'à lui seul de l'ouvrir : « Ecce vicit leo de tribu Juda, radix David, aperire librum. >> (Apoc, V, 5.)

A la droite du Sauveur se tient debout saint Pierre, caractérisé par la longue clef avec laquelle il ouvre le ciel, et, à gauche, saint Paul. Tous les deux, en

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qualité d'apôtres, se distinguent par le nimbs de la sainteté, le double vêtement, le livre de la doctrine tenu dans un pli du manteau et les pieds nus, à cause de la mission qu'ils ont remplie dans le monde. Leur physionomie est celle qu'a maintenue le moyen âge : tête ronde et cheveux en couronne pour saint Pierre, front chauve et barbe pointue pour saint Paul qui, au lieu de porter un glaive, fait le geste de l'allocution.

Les deux frises qui enserrent la partie médiane contiennent trois compartiments, tracés cha:un à l'aide d'un bandeau filigrane et gemmé, remplacé sur un point, au xve siècle, par deux roses superposées. En haut, l'ange de saint Mathieu, à mi-corps, a pour pendant l'aigle de saint Jean et, en bas, le bœuf de saint Luc fait face au lion de saint Marc, ce qui est l'ordre hiérarchique et traditionnel. Les symboles des évangélistes sont nimbés, ailés et munis de leur évangile.

Le Saint Esprit plane dans la sphère supérieure, la tète ornée d'un nimbe uni et, à la partie opposée, Marie, figurée en buste seulement, présente la pomme fatale à son divin fils qui, par sa bénédiction, enlève la malédiction que la faute d'Eve y avait attachée. L'enfant Jésus est vêtu de la tunique sans couture que lui tissa sa mère.

Le sens général de la composition est celui-ci : La Vierge a mis au monde le Fils de Dieu, sur qui a reposé l'Esprit du Seigneur et qui, après avoir confié aux hérauts de sa parole le soin de répandre l'Evangile par toute la terre, établit les chefs du collège apostolique pour en être les interprètes autorisés et ainsi conduire les âmes fidèles au ciel, où lui-même est assis dans la gloire, assurant par sa bénédiction le succès de leur prédication.

Comme l'artiste a bien compris son sujet et comme ce thème iconographique s'adapte merveilleusement aux saints Evangiles qu'il recouvre d'une si riche enveloppe !

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