‹ Le trésor de TrèvesChapitre 20 sur 47 · INITIALE DE L'EVANGILE DE SAINT MATHIEU · texte numérisé non relu

INITIALE DE L'EVANGILE DE SAINT MATHIEU

souffle à l'oreille. Pourquoi jouit-il seul iei dj co privilège, puisque les autres évangélistes ont reçu comme lui l'inspiration d'en haut? Lion, aux rugissements qui font trembler, il montre le Christ qui ressuscite vivant du tombeau :

f Sed tu, Marce, ko, fremitu rugis tremebundo Ex tumba Xpictuc quod surrexit redivivus.

Saint Luc écrit que le Christ fut présenté au temple en sacrifice, comme le veau de l'ancienne loi :

f In vituli forma depictus mystice Luca Est, quia litatus in templo scribdo Xpictuc.

Saint Jean est vieux, barbu, blanchi par l'âge, comme à l'époque où il écrivit l'Apocalypse : type qui appartient à l'iconographie latine et byzantine. A la façon de l'aigle, il prend son vol hardi vers les cieux, où il contemple la divinité dont il redit les mystères :

f Orc gérons aquitain, Johannes, astra petentem Scribe ns deprome quae sentis de deitate.

Comme spécimen des initiales de chaque évangile, nous donnons la belle et grande lettre qui orne le début de celui de saint Mathieu, dont la rubrique est ainsi conçue : Initium saneti euangelu secundum Matheum, en majuscules épigraphiques. La lettre L, qui commence le mot Liber, se continue en lettres fleuronnées et est suivie d'une partie du mot generationis . Elle se détache en nuances diverses sur un fond bleu clair :1e champ du tableau, encadré d'une bordure, est teint en pourpre violette, à travers laquelle on distingue les rayures du calligraphe tracées au poinçon. Rien n'est plus gracieux que cet enroulement feuillage, animé par des dragons qui mâchent les rinceaux. On y sent circuler une sève fécondante, qui n'est pas sans allusion à l'arbre généalogique par lequel débute saint Mathieu : cette luxuriante végétation est aussi un symbole de la vie humaine dans son épanouissement. Au centre apparaît l'homme, qui caractérise le premier des évangélistes, enveloppé comme dans une auréole : ses ailes sont éployées, sa tète grave est entourée du nimba et de ses deux mains il tient sur sa poitrine le livre qu'il a écrit pour raconter l'humanité du Sauveur.

Cette page, d'art allemand, est habilement composée et fait honneur à l'école, de miniature qui, aux xn° et xin° siècles, fleurissait sur les bords de la Moselle.

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