‹ Le trésor de TrèvesChapitre 28 sur 47 · MINIATURE DE LA PENTECOTE · texte numérisé non relu

MINIATURE DE LA PENTECOTE

Hauteur : o, 24 ; largeur : o, 15.

CATHEDRALE. — XIVe. SIECLE

M. Lecoy de la Marche a divisé les manuscrits en deux catégories, suivant que leur style est hiératique ou naturaliste. La première période cesse vers le milieu du xiii° siècle : elle se plaît dans la convention et le symbolisme, les clercs exercent l'art. Dans la seconde période, on étudie de près la nature, et l'école de peinture est essentiellement laïque.

Ce système, car c'en est un, ne doit pas être pris à la lettre. A Trêves, il cesse complètement d'être vrai et le manuscrit que nous examinons le dément absolument. En effet, à part quelques velléités d'émancipation, comme le sol échancré que mettra en vogue Fra Angelico, et l'expression des figures, tout y est encore conventionnel et symbolique, gauche même, à croire que c'est un élève qui a peint les miniatures.

Voici en exemple la Pentecôte, miniature plus curieuse par son symbolisme que par son exécution. Le fond est or, bleu et rouge. Les apôtres sont réunis dans le Cénacle, grande salle, tapissée, festonnée au-dessous du plafond et située à l'étage supérieur : à l'extérieur, une série de nierions la protège, car on craint l'invasion des Juifs. Tous sont assis, pieds nus et nimbés d'or. Leurs têtes levées et leurs gestes variés dénotent à la fois l'étonnement et la joie. Au nombre de onze, quoique Judas fût déjà remplacé, ils ont, pour les présider, Marie, calme et voilée, les pieds chaussés de noir. Saint Pierre se tient à sa droite : on le reconnaît de suite à sa tête rasée, à sa couronne de cheveux, à sa figure ronde et à l'âge qui l'a blanchi.

Du ciel rose, étoile en blanc et irradié, descend la colombe divine qui, en

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