‹ Le trésor de TrèvesChapitre 29 sur 47 · MINIATURE DE LA PENTECOTE · texte numérisé non relu

MINIATURE DE LA PENTECOTE

voltigeant, laisse échapper de son bec un double rayon de lumière qui s'arrête sur la tète de chacun des assistants. L'Eglise est établie à partir de ce jour et elle se divise en deux groupes : d'une part, les prêtres, et de l'autre les fidèles.

Tout, disent les Actes des apôtres, était, à l'origine, en commun : les biens se confondaient et l'apport du riche constituait la part du pauvre. Ainsi il était subvenu aux besoins matériels de chacun par une répartition égale. Le miniaturiste, pour mieux faire saisir l'idée de la scène qu'il a imaginée, a écrit au-dessous : Commuais vita. Une vaste piscine rectangulaire, couleur de pierre, décorée d'une série d'arcades à son pourtour, est pleine d'eau; des pains ronds y surnagent. La foule s'empresse autour du bassin; jeunes et vieux, hommes et femmes, tète nue ou coiffée, y puisent à deux mains ou avec une écuelle. Quelques-uns attendent qu'ils puissent approcher, un plus avide prend un pain et s'apprête à boire; un pauvre semble solliciter qu'on vienne à son aide.

Le trop plein de la piscine est déversé au dehors par deux luisiaux, où une femme et un homme cherchent à se désaltérer, et dans le ruisseau qui coule s'abreuve un chien.

Qu'on le remarque, l'eau de la piscine ressemble à du vin et le pain à des hosties rondes et blanches. Cette communion, résultat de la vie en commun, n'indiquerait-elle pas la participation au corps et au sang du Sauveur ? Chacun y participe, suivant saint Paul, après s'être éprouvé et aussitôt il ajoute que, parmi les invités, il y en a d'indignes. Ces indignes ne seraient-ils pas symbolisés par ces deux personnes trop avides qui se contentent du dehors et ne se donnent pas la peine d'avancer jusqu'au bassin? Leur rapprochement du chien nous permet encore de conclure avec saint Jean : « Foris canes et venefici et impudici, » et avec saint Thomas d'Aquin, dans le Lancia Sion :

Ecce panh angelorurn Factus cibus viatorum, Vere panis filiorum, Non mittendus canibus.

Cette page iconographique, malgré son incorrection, a donc l'avantage de manifester le double résultat de la descente du Saint-Esprit sur l'Eglise naissante, à savoir la charité et la communion; dans l'ordre temporel, l'administration généreuse par la main des diacres du pain et du vin nécessaires à l'alimentation journalière; subsidiairement dans l'ordre spirituel, la participation au sacrement de l'Eucharistie, sous les espèces également du pain et du vin.

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