‹ Le trésor de TrèvesChapitre 31 sur 47 · TABLEAU DE LA VRAIE CROIX · texte numérisé non relu

TABLEAU DE LA VRAIE CROIX

Hauteur : o, 7^5 ; largeur : o, 55 ; épaisseur ; o, 05.

EGLISE SAINT MATHIAS — XIIIe SIECLE

Le tableau dans lequel est encadrée la vraie croix a une large bordure, où les plaques filigranées et gemmées alternent avec les plaques émaillées.

Les émaux champlevés, de l'école des bords de la Meuse, varient leurs dessins géométriques. Au nombre de dix, ils sont opposés deux à deux : des feuillages rompent la monotonie des lignes droites ou courbes, tracées par la règle et le compas Les nuances sont au nombre de sept : blanc laiteux, rouge terreux, vert, jaune, jaune di brique, bleu lapis et bleu cendré. Malheureusement ces émaux sont de mauvaise qualité, pleins de bulles d'air qui ont crevé à la cuisson, médiocres comme composition et ternes comme aspect. Ils détonent véritablement au milieu de l'exubérant éclat qui les environne.

Les plaques filigranées exhibent un semis de cabochons et deux camées.

Le glacis qui rejoint le fond du tableau est découpé à jour. Dans son enchevêtrement de feuillages courants se mêlent, rampent, se poursuivent et s'attaquent, bondissent et volent, une foule d'animaux et d'oiseaux de toute sorte : lion, griffon, dont un encapuchonné, singe, sanglier, loup, renard, cerf, chien, bélier, chèvre, colombe, aigle, etc. C'est la nature tout entière* qui exalte son auteur.

Une frise niellée nomme le donateur, et précise la date de la donation. Elle est fixée par de petits clous sur l'âme en bois du tableau, et un feuillage sépare presque constamment les caractères les uns des autres.

J- ANNO. AB. INCARNATIONE. DOMINI. MCCVII. HENRICVS.

Page 1