‹ Le trésor de TrèvesChapitre 5 sur 47 · IVOIRE LATIN · texte numérisé non relu

IVOIRE LATIN

qu'elle a elle-même découverte par les fouilles opérées sur le Calvaire. Elle a fait bâtir une basilique et ella désire l'enrichir de reliques. Son fils lui a envoyé le pieux trésor qu'elle sollicitait. Elle va l'installer, à la joie du peuple, qui accourt de toutes parts pour témoigner sa foi et s'associer au cortège triomphal. Les reliques sont portées sur un char, ce qui atteste qu'elles viennent de loin : ce mode n'eût pas été usité pour les transférer d'un lieu dans un autre en la même ville; un brancard eût suffi.

Le cortège sort d'une tour carrée, porte de ville ou façade d'église, qui abrite un buste du Sauveur. La forme en tour, l'élévation de l'édifice, l'effigie qui y est sculptée, donnent son nom au monument, qui ne peut être autre que le Saint-Sépulcre, édifié aux frais et par les soins de sainte Hélène. C'est de là que viennent les reliques envoyées et, selon toute probabilité, elles doivent en conséquence se référer plus spécialement à la Passion.

Le char à quatre roues est traîné par deux chevaux : sur le siège sont assis deux évèques, tète nue, barbus, d'âge avancé, vêtus de la chasuble et du pallium. En avant se tient le conducteur. Le décor du char indique que c'est cslui même de l'empereur. Les reliques sont contenues dans un coffret, que les évèques soutiennent à deux mains.

Devant le char marchent l'empereur et sa cour, tous une torche dans la droite ; le cierge est gros et court, car la procession a dû être longue. Constantin porte en tète une couronne ; sa tunique est recouverte d'une chlamyde, agrafée sur l'épaule droite.

L'impératrice, debout à l'entrée de la basilique, tend la droite ouverte pour accueillir l'offrande ; de la gauche, elle porte une grande croix plate qu'elle appuie sur son épaule.

La basilique est à trois nefs, couvertes en tuiles : trois ouvriers mettent la dernière main à la toiture; un quatrième s'arrête, sur le bas-côté, pour contempler la scène qui se passe.

Les spectateurs sont groupés sur deux rangs derrière le cortège officiel, sur la voie même ; mais il en est d'autres qui apparaissent entre les arcades du rez-de-chaussée, la galerie du premier étage et jusque sur le toit. Entre deux corniches s'alignent des colonnettes, avec fenêtres rectangulaires et allèges où s'appuient les fidèles qui balancent, la tète dans la main gauche, un encensoir sans couvercle et à trois chaînes.

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