‹ Le trésor de TrèvesChapitre 7 sur 47 · ETUI DU SAINT CLOU · texte numérisé non relu

ETUI DU SAINT CLOU

contournées du même fil d'or et sertissant au rabattu des tables de grenat ou de verre bleu : un cabochon cassé saillit au centre, au-dessous d'une alvéole allongée et actuellement vida de son camée peut-être. Sur les petits côtés, les cabochons sont encadrés de la même façon que sur les arêtes de la tige. Le dessous du couvercle est orné comme l'étui tout entier et au nombre des gemmes se voit une intaille antique en cornaline, figurant un homme nu et assis qui tient une verge.

Les pierres, ici comme plus bas, sont de toute forme et de toute nature, souvent baroques : saphirs (quelques-uns clairs), plasmes d'émeraude, rubis balais et parmi eux un gentil petit camée, à fond rose, sur lequel galoppe un cheval blanc.

La tige est aussi à quatre pans, avec chanfreins sur les angles. Ces chanfreins, cernés par un fil perlé, offrent une succession de losanges réunis par deux grains plats. Pour rompre la monotonie d'une surface trop développée, l'artiste l'a coupée en trois zones, dont une pierre précieuse opère la jonction.

Les plaques émaillées n'ont que cinq nuances : blanc laiteux, bleu azur opaque, bleu translucide, bleu pâle, vert translucide. A la première zone, cinq croix à branches égales sont superposées, une blanche entre quatre bleues, ou trois quatrefeuilles bleus; à la seconde, des fleurs crucifères à cœur blanc et pétales bleus ou coeur bleu et pétales blancs, ou un treillissé bleu pointé de blanc; à la troisième, sur un fond vert, un élégant courant de lierre, à feuilles bleu clair, ou deux demi-fleurs de lis opposées, à tige blanche et ailes bleues.

Une perle, dans une boîte trop grande, ce qui dénote une retouche maladroite, termine la pointe.

L'étui du saint Clou est assurément le chef-d'œuvre du trésor. Il a une très grande valeur artistique et archéologique, qui lui assigne une place à côté des émaux de la couronne de fer de Monza et du paliotto de Milan, dont il continue la tradition, environ un siècle plus tard. Nous n'hésitons pas, malgré ce rapprochement, à le qualifier d'ouvrage allemand et à lui attribuer la même origine que l'étui du bâton de saint Pierre (maintenant à Limbourg), daté de l'an 980 et l'autel portatif, c'est-à-dire que les trois objets ont été commandés par l'archevêque Egbert (975-993) et sortent du même atelier. La similitude des procédés, plus peut-être que l'ornementation, variable de sa nature, autorise cette affirmation.

Trésor de Trêves

Le r Clou et son étui

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