FACE ANTÉRIEURE
Hauteur totale : o, jj ; haut, du coffre : o, 14 ; largeur : o, 45.
CATHÉDRALE. — Xe SIÈCLE
Cet autel est la pièce capitale du trésor. Sa destination et sa date sont déterminées d'une manière précise par l'inscription niellée qui se développe autour du couvercle plat, entre deux rangs d'entrelacs.
+ HOC SACRVM RELIQVIARVM CONDITORIVM EGBERTVS ARCHIE
PS FIERl IVSSIT. ET IN EO PIGNORA SCA (serva.)
RI CONSTITVIT. CLAWM VIDELICET DNI E (ervee)
(sci; PETRI DE BARBA IPSIVS. ET DE CATENA. SANDALIVM SCI
ANDREAE APOSTOLI. ALIASQ : SCORVM RELIQVIAS. QVAE SI QV1
S. AB HAC AECLESIA ABSTVLERIT. ANATHEMA SIT
Ce reliquaire, car c'en est un, contient encore plusieurs reliques : deu}, anneaux, en fer forgé, d'une longeur totale de o, 14, ouverts par un bout et qu ont appartenu à la chaîne de la captivité de saint Pierre; plus deux morceaux du bois de sa croix; de saint André, la moitié d'un fémur et la sandale du pied gauche. Cette sandale est en cuir épais, doublé, à l'intérieur, d'une peau plus mince, longue de o, 27, large de o, 10, gardant parfaitement l'empreinte des doigts, piquée tout autour du talon, ainsi qu'à la pointe où le fil a formé en double ligne une espèce de cœur : le travail paraît oriental et du haut moyen âge.
Que cette boîte ait servi d'autel portatif, une autre inscription l'affirme : HOC ALTARE CONSECRATV EST IN HONORE SCI ANDREAE APL.
AUTEL PORTATIF
La sandale a donc été considérée comme la relique principale et a motivé la dédicace en l'honneur de saint André. On connaît nombre de boîtes analogues qui ont été utilisées comme autels portatifs; mais alors le couvercle était en marbre, car la pierre seule est susceptible de consécration, d'après l'ordonnance du pape saint Sylvestre. Ici le consécrateur s'est contenté d'une plaque de verre polychrome, d'origine phénicienne, estimée comme pierre précieuse : c'est autour d'elle, en conséquence, que la seconde inscription a été gravée, car c'est elle qui constitue l'autel, à proprement parler. Cette plaque est de très petite dimension, d'abord parce qu'il est rare d'en rencontrer de grands morceaux, puis parce que l'espace à occuper était très restreint, par suite du pied qui saillit sur le couvercle.
L'àme de la boîte est tout entière en bois recouvert de métal. Le couvercle plat glisse dans une coulisse et se ferme à l'aide d'un bouton. Le pied, qui en occupe le milieu, en suivant les grands côtés, a été motivé par la sandale de saint André. Il est également en bois, recouvert d'une feuille d'or. Quatre ligatures, filigranées et gemmées (une perle alternant avec une gemme) représentent, à la façon antique, les courroies de la chaussure qui n'a pas été figurée par l'artiste. A la partie supérieure, une pierre a disparu et l'on n'en voit plus que l'alvéole, formée d'une arcature en filigrane. Le pied mesure o, 26 de longueur sur o, 10 de hauteur.
Les grands côtés du coffre se ressemblent : un bandeau, où l'émail succède aux gemmes sur champ filigrane, en épouse la forme, puis revient verticalement, avec la même ornementation, dessiner trois compartiments plaqués d'ivoire. Dans le panneau central, se dresse un lion posé : ce sont des pièces de rapport, en relief et dont la signification échappe, car elles ont remplacé, au xic siècle, probablement le Christ et la Vierge mère. Dans les deux autres, sur des plaques carrées, des émaux cloisonnés opposent l'aigle de saint Jean à l'homme de saint Mathieu, le lion de saint Marc au bœuf de saint Luc. Signalons une faute iconographique qui se renouvelle sur un des petits côtés, le bœuf primant le lion, ce qui est illogique et anormal. Les quatre animaux, comme le veut la tradition, sont nimbés, ailés et armés de leur Evangile.
Aux quatre angles de chaque panneau, un petit émail cloisonné, monté à la façon des gemmes, exhibe une fleurette.
co
eu
Oh
CD