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EXEMPLES PRIS DANS LES OEUVRES DES ACTEURS CLASSIQUES

Septuor de Hummel, édition Pleyel, en partition, page 32, premier morceau, deuxième reprise, après la trente et unième mesure. Conforme à l'édition originale de Vienne, en parties séparées.

Flûte.

Final de la deuxième sonate, œuvre deuxième d'Emmanuel Bach.

Exécution :

Final de la sonate en ut mineur de Mozart.

Exécution

allegro assai.

Devant une note pointée, l'appogiature prend tantôt les deux tiers de la valeur de cette note et tantôt un tiers seulement.

Friedemann Bach, deuxième Polonaise.

Fin de la première reprise. Fin de la deuxième reprise.

Le même, onzième Polonaise.

Fin de la première reprise.

Fin de la deuxième reprise.

Voici des exemples où l'appogiature devant une note pointée prend la valeur entière de cette note ; celle-ci

prend la valeur du point ; c'est-à-dire qu'elle est diminuée de la moitié ; elle est pointée également, et la note

qui la suit ne conserve plus que la moitié de sa valeur.

k mmm I

On écrit

On exécute

(Léopold Mozart, Méthode de violon, pp. 196-197.)

Lorsque dans la mesure six-huit une note pointée est liée à la même note pointée ou non pointée, l'appogiature prend toute la valeur de la première note.

Exemple :

La règle, comme il va sans dire, est la même pour la mesure six-quatre.

Exemple :

§ io.

L'appogiature prend encore la valeur entière de la note lorsque la durée de celle-ci est simplement prolongée par une liaison.

Exemple

(L. Mozart, Méthode, p. 198. |

On peut aussi, au sujet de cette règle, voir la Méthode de chant d'Emmanuel Garcia fils (première partie, pag. 66).

Il y a dans la sonate en ut de Mozart que j'ai citée au § 4, un rondo qui commence ainsi :

Après la soixante -cinquième mesure, on trouve les suivantes :

ifrf ËË^^±y^QB^

D'après la règle que je viens d'exposer, voici comment on doit exécuter ce passage

Voici encore quelques exemples semblables, tirés de la Méthode d'Emmanuel Bach (table III, figure VI)

Lorsqu'une appogiature est devant une note suivie d'un silence, elle prend toute la valeur de la note , qui à son tour prend celle du silence. Cette règle est certainement la moins connue aujourd'hui ; elle n'était d'ailleurs pas toujours praticable dans la musique à plusieurs parties, comme l'a démontré Léopold Mozart, dans sa méthode.

Voici un exemple pris d'un morceau d'Anfossi et cité par H. C. Koch dans son dictionnaire de musique (Musikalisches Lexicon, col. 1723) :

Andante.

Exécution.

(1) A. Mozart, élève de son père, a sans doute voulu donner a ces appogiatures la valeur d'une noire ; le passage, toutefois, pourrait trèsbien aller avec une croche qui ne prendrait que la moitié de la note suivante. Dans l'édition de Simrock que j'ai sous les yeux, édition en général fort exacte, on trouve ces appogiatures écrites avec des doubles croches ; mais cette notation est évidemment fautive, et son exécution, comme on peut s'en convaincre, rendrait la phrase ridicule

Avant que j'eusse étudié les règles de l'appogiature dans les auteurs allemands, l'érudit M. Anders (1) m'avait fait connaître celle-ci, et m'avait cité, comme exemple, le beau prélude suivant de Sébastien Bach (2) qu'il avait souvent entendu jouer au savant Forkel (3) :

On doit exécuter de la manière suivante les appogiatures :

11 est certain que la même règle doit être appliquée à la quatrième mesure de la sonate suivante de Mozart :

AU", con spirito.

Voici quelle doit être l'exécution, quant aux valeurs des appogiatures

(1) Employé à la Bibliothèque impériale de Paris pour la partie de la musique pratique.

(2) Deuxième livre de l'édition de Peters à Leipzig.

(3) Auteur d'une histoire de la musique, en allemand ; ouvrage très-estimé des érudits, mais qui malheureusement n'a pas été achevé.

Il n'est pas une personne de goût qui n'aperçoive tout d'abord combien, dans les exemples que je viens de citer, la phrase gagne en noblesse de style lorsqu'on fait l'appogiature telle qu'elle doit être.

Emmanuel Bach donne la même règle dans sa méthode (table III, figure VII.)

L'appogiature se fait au-dessus ou au-dessous de la note qu'elle précède. La première est beaucoup plus usitée.

Voici quelques exemples de l'appogiature en-dessous :

L'Amphibie.

(François Couperin, pièces de clavecin, quatrième livre, pag. 46.)

(Ch.-Ph.-Em. Bach; sonatine, dans un recueil de divers auteurs, publié à Berlin en 1762, pet. in-4° obi.)

Voici quelques autres règles sur les appogiatures, que l'on trouve dans la Méthode de Charles-Philippe - Emmanuel Bach.

1° Quand l'appogiature fait un intervalle de tierce avec la note qui la suit, elle doit être brève (Méthode , première partie, pag. 47.)

ir >. \ Exemple :

(1) Il est utile de faire observer ici que les anciens clavecinistes indiquaient l'appogiature brève ou acciaccature par une petite double croche. (Voy. le § 14 ci-après.)

2° Dans l'adagio l'expression devient plus caressante en donnant à l'appogiature la valeur d'une croche de triolet et non d'une double croche (ibid.)

Exécution.

Exemple : n*

3° Lorsque l'appogiature se trouve devant des triolets, on l'exécute brièvement pour ne pas altérer l'effet du triolet (idem. p. 48.)

4° Quand l'appogiature fait l'octave juste de la basse, elle ne doit pas être longue parce que l'harmonie serait trop vide , tandis que lorsque l'octave est diminuée, le plus souvent on la fait longue.

Exemple :

i JLilJ J

5° Quand dans une cadence le trille est remplacé par une appogiature, celle-ci est brève. 6° Dans des passages en syncopes l'appogiature se fait plutôt courte. Exemple

La seconde espèce d'appogiature dont j'ai parlé ci-dessus (voy. § 2), et qui s'exécute toujours rapidement, se marque généralement ainsi £ ; mais ce signe, certainement préférable à tout autre, est d'un usage assez moderne (pour indiquer l'acciaccature), et je ferai voir qu'on l'emploie aujourd'hui d'une manière déplorable. Au surplus, il est pris des Italiens, qui, dans leur écriture musicale aux dix-septième et dix-huitième siècles , donnaient cette figure à la double croche -V J*- ~<~ ou un peu plus anciennement U h .

EXEMPLES DE L ACCIACCATCRE.

Rondeau d'une sonate de Mozart.

Ml" 1

On voit dans les mesures deux et quatre un exemple de l'acciaccature. — Les notes en petit caractère qui se trouvent dans la première et la troisième mesure doivent aussi s'exécuter rapidement, et ce sont des ports de voix (portamenti). Quantz, dans l'édition française de sa Méthode de flûte, a traduit le mot appoggiatura par celui de portamento ; mais ce terme est impropre, le portamento étant autre chose que l'appogiature.

La petite double croche h qu'employaient les anciens pour indiquer l'acciaccature ou appogiature brève n'était point un signe assez précis pour signifier qu'elle devait s'exécuter rapidement, puisqu'on marquait par le même signe l'appogiature mise devant une croche et que cette appogiature pouvait avoir une valeur relative assez longue, suivant le mouvement plus ou moins lent du morceau dans lequel elle était employée.

Dans nos signes graphiques modernes, il ne faut plus considérer celui-ci J* comme une double croche et par conséquent indiquant une valeur relative au mouvement , mais comme le signe d'une note très-brève et d'une signification absolue.

Si depuis qu'on a adopté la ligne transversale elle avait toujours été employée à propos , c'est-à-dire lorsque la petite note doit être brève, il n'y aurait aucune difficulté à la distinguer de l'appogiature longue ; mais il n'en est point ainsi : les graveurs et les éditeurs n'étant point musiciens ou ne possédant que des connaissances très-superficielles, ont amené la confusion, et de nos jours, lorsqu'on réimprime les auteurs classiques , les graveurs, persuadés que toute petite note exige la ligne transversale, ne manquent guère de la figurer ainsi. J'ajouterai qu'il n'est pas rare de voir dans une page le même passage écrit une fois avec la petite note toute simple, et une autre fois avec la même petite note barrée. Dans une page où se trouvent l'appogiature longue et l'appogiature brève, il arrive que la première est marquée avec la petite note barrée et la seconde avec la petite note sans barre. Dans ce cas, c'est justement le contraire de ce qui rationnellement devrait être.

Bien des compositeurs, ainsi que je l'ai déjà dit, ont écrit l'appogiature (quelle que soit la durée qu'elle doive avoir) en se servant de la petite note crochée ainsi marquée :

Valeur réelle de l'appogiature.

Quelquefois (et on dirait que c'est pour dérouter l'exécutant) ils ont employé sans raison comme sans discernement, dans le même morceau, tantôt la petite croche J^ , tantôt la petite noire J , et au premier de ces signes, le graveur n'a pas manqué d'ajouter de temps à autre la ligne transversale ^. — Tout cela gêne beaucoup pour une lecture correcte à première vue, et peut même embarrasser et mettre en doute le musicien qui, dès son enfance, n'a pas été habitué par les leçons d'un bon professeur à distinguer, d'après les règles, l'appogiature et sa valeur relative.

Si l'autre manière d'écrire l'appogiature dont j'ai déjà parlé (voy. le § 6 ) eût toujours été employée par les compositeurs, il n'y aurait plus eu de difficultés, et l'incertitude eût été impossible. Elle consiste, ainsi que je l'ai dit, à donner toujours à la petite note la figure de la valeur qu'elle doit avoir. Emmanuel Bach a écrit, selon ce système, toutes ses sonates, excepté le premier livre. Dans les douze polonaises de Friedemann Bach, qui ont été gravées après sa mort et publiées par l'éditeur Peters , de Leipzig, on trouve les appogiatures écrites avec une exactitude rigoureuse. Si, je le répète, cette manière d'écrire l'appogiature eût été adoptée par tous les compositeurs, et que l'on eût, en même temps, marqué par une ligne transversale la petite note, lorsqu'elle doit être brève, il eût été impossible aux exécutants de se tromper. Cette méthode est, au surplus, celle qu'après mûres réflexions nous avons cru devoir suivre dans notre publication.

Ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que, par la faute des éditeurs ou des graveurs, les appogiatures ont été marquées d'une manière inexacte : j'en ai trouvé la preuve dans plus d'une ancienne édition. Par exemple,

dans six trios pour deux violons et basse de J. Haydn, publiés comme œuvre VI à Paris, par Bailleux [vers 1770], la partie de premier violon de l'adagio qui commence le trio III est écrite ainsi : Adagio.

L'adagio qui commence le quatrième trio est écrit de la manière suivante :

Adagio.

Il est évident pour toute personne de goût que les petites notes barrées mal à propos par le graveur ne sont et ne peuvent être que des appogiatures , empruntant à la note qu'elles précèdent la moitié de sa valeur, et que l'exécution doit être celle-ci :

IIe SECTION.

DES DIVERS SIGNES D'AUBEUllKT ANCIENS ET MODERNES.

Outre l'appogiature, dont je viens de parler, on trouve dans les ouvrages des anciens clavecinistes beaucoup d'autres agréments ; les uns ont été employés par presque tous les compositeurs et figurés par des types qui, dans la diversité des auteurs, des éditeurs et des différents pays, ne présentent que de légères nuances de forme et laissent facilement apercevoir l'identité ; d'autres ont été également employés par le plus grand nombre des compositeurs, toutefois avec des différences assez sensibles dans la forme; mais leur similitude, quant à la signification, est suffisamment démontrée par l'affinité des passages dans lesquels ils figurent, et surtout par les définitions précises qui en ont été données dans les métbodes, comme aussi, quelquefois, en tête des œuvres où on les trouve. 11 est des signes indiquant des agréments qui n'ont été employés que par certains auteurs et dans certains pays; il en est quelques-uns dont l'effet n'a pas été bien ou suffisamment expliqué par ceux qui en ont fait usage ; quelques-uns, enfin, présentent une parfaite ressemblance de forme avec d'autres : leur signification reste incertaine pour ceux qui n'ont pas une grande habitude des auteurs anciens, et quelquefois même, douteuse pour ces derniers. Je vais tâcher d'éclaircir tout cela en donnant des exemples des agréments que l'on rencontre le plus généralement.

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