‹ Le trésor du prêtreChapitre 115 sur 311 · BAPTÊME · texte numérisé non relu

BAPTÊME

Solution de différentes difficultés.

Il n'y a pas dans le saint ministère, de charge plus douce,

Çlus éminemment pastorale, que celle du saint baptême, 'aire en un instant, d'un vase d'ignominie, un vase d'élection ; d'un esclave du démon, un enfant de Dieu, un prince, un héritier du royaume céleste, quel bonheur I Quelle consolation! Que le curé mette donc toute son application à conférer validement et dignement ce sacrement, qui est le premier et le plus nécessaire de tous. Afin de l'aider à atteindre un si noble but, nous résoudrons les difficultés qui peuvent l'embarrasser davantage, laissant de côté les notions sur la matière, la forme de ce sacrement, car ces choses se trouvent dans tous les traités de théologie morale. « Sa nécessité. Le baptême étant, dit S. Gyprien, la source d'où d'écoulé notre sanctification, et la plénitude de la grâce, le curé aura grand soin que personne ne meure, dans

sa paroisse, sans cet incomparable sacrement. Car peut-on concevoir un malheur semblable à celui d'une âme éternellement privée de sa céleste béatitude, par la négligence d'un pasteur ! Il insistera donc souvent, dans ses exhortations, sur l'mportance du baptême, et il enseignera la manière de le conférer validement, en cas de nécessité. Il s'informera particulièrement si les sages-femmes et les accou cheuses sont parfaitement instruites sur ce point ; et supposé gu'elles n'auraient pas la science nécessaire, et qu'elles refuseraient de l'acquérir, le pape Eugène IV ordonne qu'on les dénonce au juge, et qu'on les suspende de l'exercice de leur office 1 .

Pour la même raison, le curé doit inculquer dans le cœu» de la mère, l'obligation très-étroite qu'elle a de procéder avec les plus grandes précautions et de baptiser le fœtus, quelque petit qu'il soit, quelque récente que soit la date de sa formation : « Quot fœtus abortivos, s'écrie Roncaglia, avec l'accent de la p'us vive douleur, ex ignorantia obstetricum et raatrum excipit latrina, quorum anima, si baptismale non fraudaretur, Deum in aeternum videret 2 . »

Le temps. Il est vrai que le temps dans lequel il faut baptiser un enfant nouveau-né n'est fixé par aucun conciie, ni par Eugène IV, à l'endroit cité, ni par le rituel, ni par le catéchisme romain. Cependant , le curé doit exhorter et même obliger les parents à porter le plus tôt possible à l'église leurs enfants, afin qu'on leur administre le baptême, dans la crainte que, en attendant l'arrivée du parrain ou de la marraine, la pauvre petite créature ne vienne à mourir, et à se perdre éternellement. Aussi le catéchisme romain prescrit quam primum fieri potest esse baptizandos. Il y a des théologiens qui affirment qu'on pèche grièvement (3) si on laisse s'écouler trois jours sans baptiser un enfant, d'autres accordent plus de temps, et disent, selon l'opinion la plus commune et la plus probable, avec S. Alphonse de Liguori que le péché est mortel, si on diffère le baptême plus de dix ou onze jours 4 .

Lieu. Il est inutile de dire que, hors le cas de nécessité,

(1j Ecg. IV, Const. Cantate Domino.

(2) Roncaglia, tom. II, tract, il, c. 4. (3) Nouveau Manuel du curé. (4} S. Alph, de Lig. Hom. ap. tr. 14, n. 8.

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