‹ Le trésor du prêtreChapitre 125 sur 311 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

ment (4). » Telles sont les graves paroles dont se sert Benoît XIV, ce pape si sage et si rempli de zèle, pour recommander aux évoques et aux curés de l'univers catholique l'accomplissement de l'obligation qu'ils ont d'enseigner aux enfants et au peuple, la doctrine chrétienne; obligation si grave, que la sacrée Congrégation du Concile ne permet pas qu'on interrompe cet enseignement un seul jour de fête, sous aucun prétexte; quand même ce serait en temps de vendanges, etc. (5 août 4764); et que le Concile de Trente ordonne aux évêques de contraindre les curés de la remplir, même en employant les censures ecclésiastiques, sans qu'aucun privilège, aucune coutume contraire en puisse jamais dispenser qui que ce soit (2).

Et il n'y a pas lieu de s'en étonner; car, d'où vient que le blasphème, le mensonge, l'homicide, le vol et l'adultère ont inondé la terre et qu'il s'y accumule iniquité sur iniquité, sinon de ce que « Non est scientia Dei in terra (3)? » Aussi l'éducation religieuse de la jeunesse a toujours été regardée comme le moyen le plus sûr et le plus efficace pour réformer une paroisse, et y enraciner solidement la vertu. C'est en effet, dans la bonne instruction des enfants, que la société et la religion ont placé toutes leurs espérances. Le mal aura beau avoir jeté dans la paroisse des racines profondes, si le curé arrive à faire comprendre aux pères de famille l'étroite obligation qu'ils ont d'élever chrétiennement leurs enfants ; s'il obtient que la jeunesse soit parfaitement instruite dans la sainte crainte de Dieu; si, encourageant les maîtres dans ce noble dessein, visitant assidûment les écoles, et veillant sur les doctrines qu'on y enseigne, il travaille avec un soin persévérant à cultiver et à sanctifier les enfants, il aura bientôt réformé le pays. Car les gens âgés

->n chante le répons Libéra... 11 y a aspersion et encensement pendant le Pater.

Les prières terminées, l'évêque fait le signe de la croix sur le cimetière, et retourne à l'église, dans le même ordre qu'il est venu, en psalmodiant avec les assistants le psaume Miserere. Si le temps était mauvais, ou que le cimetière fût éloigné on omettrait le Qui Lazarum, et les autres prières et cérémonies ci-dessus marquées se feraient dans l'église.

;i) Encycl. 7 février 1742. (2) Conc Trid. sess. 24, c. 4. De reform. (3) Os. ivf !..

et les pécheurs obstinés ne tarderont pas à disparaître; ou ils se convertiront, ou ils changeront de domicile, ou tout au moins ils mourront ; après quelques années, le curé se trouvera au milieu dune génération neuve formée par ses soins ; et que n'aura-t-il pas alors le droit d'en attendre? C'est pour cela que le prince de l'éloquence romaine affirmait : « Nullum munus reipublicae afferre majus meliusve possumus, quam si docemus atque erudimus juventutem. » Gerson, le célèbre chancelier de Paris, cet homme non moins admirable par sa piété que par sa science, regardait comme un grand honneur et une gloire insigne d'appr la doctrine chrétienne aux enfants, dans une pauvre paroisse de Lyon. Plusieurs docteurs de Sorbonne voyaient cela d'un mauvais œil, et trouvaient que c'était une grande faute de s'avilir ainsi, quand on était chancelier et qu'on appartenait à une si illustre université. Mais Gerson s'adressant un jour à ces docteurs présomptueux, leur dit : « Si le roi m'avait nommé précepteur du Dauphin de France, est-ce que la Sorbonne se serait regardée comme déshonorée, en me voyant me consacrer à l'éducation du prince? Or ces enfants, "bien qu'ils soient pauvres, sont les princes héritiers de la gloire céleste ; pourquoi donc ne me tiendrais-je pas pour grandement honoré et heureux, de pouvoir leur enseigner la plus sublime de toutes les sciences ! »

Mais pourquoi citer ces exemples? Est-ce que nous ne voyons pas un Cyrille de Jérusalem, un Grégoire de Nysse. un* Augustin; est-ce que nous ne voyons pas un François de Sales, un Joseph de Calasanzio, un Emilien, un Xavier, un Ignace de Loyola, catéchiser avec un plaisir indicible les petits enfants? Est-ce que Jésus-Christ lui-même n'a pas dit à ses apôtres : « Sinite parvulos venire ad me (4)? » Est-ce qu'il ne les embrassait pas, les caressant, les prenant dans ses bras, et mettant sa main divine sur leur tète pour les bénir?

Que le curé qui veut imiter Jésus-Christ et lui plaire, mette donc tous ses soins à enseigner parfaitement et fréquemment le catéchisme aux enfants. Qu'il ne dise pas : les maîtres le leur apprennent à l'école. Cela ne suffit pas, mon vénérable frère. Vous êtes pasteur : c'est à vous qu'il ap-

(1) Marc, x, 14.

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