DEUXIÈME PARTIE
seront présidées par différents catéchistes, ou par les enfants les plus instruits. Chacun fera les réponses, et les infants de cette section les répéteront, ou tous ensemble, ou l'un après l'autre, selon que la première ou la seconde méthode aura donné un meilleur résultat. On ne passera jamais à la seconde demande, sans que la première ne soit sue; et quand toutes les demandes seront apprises, on placera les enfants deux à deux, de front, ou on formera deux rangs, dont l'un sera vis à vis de l'autre, et tandis que les uns feront les demandes, les autres répondront, et vice versa.
oo II servirait peu de savoir la lettre du catéchisme; c'est le sens qu'il importe surtout de comprendre ; autrement, quelques années après la première communion, ces mots appris par cœur ne tarderaient pas à être totalement oubliés, et les fidèles demeureraient dans la plus triste ignorance. Pour prévenir ce malheur, il faut obliger les enfants à réfléchir et à faire attention à ce qu'ils disent; et on y arrive, en ayant soin de changer les paroles du catéchisme en d'autres mots équivalents, ou en interrogeant avec les réponses mêmes du catéchisme. Par exemple : D. Laquelle des trois personnes s'est faite homme? Si je l'interroge de la sorte, l'enfant répond aussitôt : R. Le fâs de Dieu éternel. Pour voir s'il comprend ce qu'il dit, on lui demandera : D. Qui s'est incarné dans le sein de la bienheureuse vierge Marie? Ou bien : D. Est-ce le Père éternel^ est-ce le Saint- Esprit qui s'est fait homme? De cette façon, l'intelligence de l'enfant se développe et on voit si réellement il comprend ce qu'il dit. Autre exemple : D. Qu'est-ce que le baptême? R. C'est une naissance spirituelle qui nous donne la grâce de Dieu et la marque distinctive de chrétien. Afin que cette réponse se grave dans la mémoire de l'enfant, on lui demandera : Qu'est-ce qui nous donne la grâce et le titre de chrétien? Si l'enfant répond : « le baptême », c'est un signe qu'il comprend. Voulez-vous savoir pourquoi tant de catholiques sont ensevelis dans la plus profonde ignorance? C'est parce qu'on ne fait pas ainsi ; c'est parce qu'on se contente de voir les enfants répondre comme des perroquets aux interrogations qui leur sont faites.
6° Le catéchiste doit parler peu, et faire beaucoup parler les enfants, ce moyen est très-efficace pour développer leui intelligence, pour obtenir qu'ils soient attentifs et que leurs
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progrès deviennent sensibles. Faire aux enfants une belle dissertation sur la nécessité de la contrition, serait perdre son temps ; tandis qu'on arrivera toujours facilement à la leur faire comprendre, en se servant de dialogues et d'interrogations. Exemple : Un enfant me dit que la contrition doit être intérieure. D. Est-ce qu'il ne suffit pas de- dire des lèvres: Mon Dieu, j'ai une extrême douleur, etc. 01 de lire dans un livre pieux les motifs de contrition? R. Ni n, mon père. — Quand bien même l'enfant me répondrait ainsi, je ne me contenterais pas de cela ; il devra se trouver des enfants qui ne l'auront pas compris ; je lui demanderai donc : Pourquoi cela ne suffit-il pas? S'il ne peut pas m'en donner la raison, j'arriverai à la lui faire comprendre, en me servant d'une comparaison : D. Dis-moi, si tu avais un mal à la main, est-ce que tu irais te mettre un cataplasme au pied? — R. Non, mon père. — Or, vois donc, quand tu as péché, c'est ton cœur qui a péché, et qui s'est révolté contre Dieu; c'est donc le cœur qui doit se repentir. D. Et pourquoi la contrition doit-elle être une douleur au-de;sus de toute autre douleur? R. Parce que le péché est un mal au-dessus de tout mal. — Comme il importe beaucoup que l'enfant comprenne cela, il faut insister encore. D. Est-ce que ce n'est pas un plus grand mal de se casser le bras, que de faire un péché? — R. Non, mon père. — D. Et tomber dans le feu, est-ce que ce n'est pas un mal plus'grand? — R. Non, mon père. D. Un enfant qui tomberait dans le feu, combien de temps b:û!erait-il donc? — R. Quelques heures. — D. Et si, par le péché, il tombait en enfer, combien de temps brûlerait-il? — R. Eternellement. — D. Mais enfin, est-ce que si on me coupe un bras, je n'ai pas encore tout le reste de mon corps, et la vie ? et si je tombe dans le péché, en me confessant, est-ce que je ne me guéris pas? — R. Oh pour cela oui ; mais à la condition que Dieu ne m'envoie pas en enfer avant que j'aie eu le temps de me confesser. On ne saurait dire combien cette méthode développe l'intelligence des enfants et combien elle les tient attentifs. Toute explication longue, quelque bonne qu'elle puisse être, les fatigue, les distrait et les endort. On va d'un enfant à l'autre, sans suivre aucun ordre, et on fait qu'ils se corrigent mutuellement. Les enfants ne sont attentifs que quand ils parlent eux-mêmes, ou quand on leur raconte des histoires*