‹ Le trésor du prêtreChapitre 129 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Première Communion des enfants.

Son importance. Toute communion est pour l'âme d'une mportance souveraine; car dans l'Eucharistie il n'y a pas, comme dans les autres sacrements, une grâce seulement, mais la source de toute grâce et de toute sainteté ; c'est pour cela qu'une communion bien faite suffit pour sanctifier une âme; mais bien recevoir la sainte Eucharistie pour la première fois est une chose dont la conséquence est, pour ainsi dire, infinie.

Un curé zélé ne se contentera pas d'une préparation quelconque : Il ne s'agit pas de donner l'hospitalité à un homme ou à un roi de la terre, mais à Dieu même. Longtemps à l'avance il s'appliquera à orner l'âme de l'enfant des fleurs odorantes de la vertu, soit en faisant en sorte que les maîtres à l'école et les parents au foyer domestique lui enseignent la doctrine chrétienne, soit en s'arrangeant de façon à ce qu'il se confesse plusieurs fois pendant l'année, le disposant a recevoir dignement l'absolution, et veillant à ce qu'il assiste aux divins offices et se conduise avec le respect voulu dans le temple du Seigneur.

Si les enfants ne sont pas suffisamment instruits, le curé ne les admettra pas facilement à la communion, à moins que, manquant de mémoire, ou ayant déjà passé l'âge ordinaire où on la fait, ils ne soient pas capables de recevoir un plus) haut degré d'instruction. Ce serait une grave erreur de s'imaginer qu'après la première Communion, ils assisteront aux explications du catéchisme et s'instruiront davantage. L'expérience prouve le contraire ; la seule chose qu'ils font alors, c'est d'oublier le peu de catéchisme qu'ils ont appris.

A quel âge on fera la première Communion. Voici une autre erreur beaucoup plus préjudiciable : vouloir que les enfants ne fassent leur première Communion qu'à l'âge de quatorze ou quinze ans. On ne peut, il est vrai, donner une règle fixe sur l'âge de discrétion dont parle le concile ; cependant, ne voyez-vous pas, vénérables curés, le tort considérable que vous ferez à ces entants, en les privant si longtemps de l'aliment au-dessus de toute substance, de

cette divine nourriture qui donnerait, ex opère operato, la lumière à leur intelligence pour comprendre les vérités éternelles, et la force à la volonté pour résister aux assauts do l'ennemi commun. Est-ce que vous n'êtes pas ému par les paroles du divin maître qui dit : « Sinite parvulos, et nolite eos prohibere ad me venire. talium est enim regnum cœlorum I . » Le monde multiplie se? pièges ; le démon ne cesse pas un seul instant de travailler à se rendre maître de ces âmes innocentes ; et vous les priveriez durant tant d'années de Tunique préservatif, du seul remède efficace qui lei laissé! Je le fais, dira quelqu'un, pour ne pas les exposer à une communion sacrilège. Je crains bien que ce ne soit pas là le véritable motif. Saint Liguori, citant S. Charles Borromée. qui recommande et ordonne aux curés de faire en sorte que les enfants soient suffisamment instruits pour l'âge de dix ans. afin de pouvoir communier alors, s'écrie : « Et parochi postea difficiles se praebent ad Comrnunionem dandam pueris duodecim annos natis ; sed cur? Ne sibi assumant onus eos instruendi. Proh! Quot parochi hanc suam obligationem negligunt. quae utique levis minime dicenda est (8 . » Et qu'arrive-t-il en pratique? Les enfants demeurent abandonnés aux vices jusqu'à l'âge de quatorze personne ne leur enseigne la religion quand ils sont petits, parce qu'ils ne doivent pas communier; personne ne la leur enseigne quand ils sont grands, parce qu'ils ont honte d'aller aux instructions : ils ne se confessent pas ; ou s'ils le font, personne ne les absout, parce qu'ils -ont plongés dans la plus stupide ignorance ; par conséquent per sonne ne les instruit des devoirs de la religion ; personne ne leur inspire l'amour de la vertu, l'horreur du vice ; il; commettent toute sorte de péchés, sans en connaître la malice ; et une fois la mauvaise habitude enracinée dans leu1 cœur, qui l'arrach ra'?Qui réformera cette nature, une fois qu'elle aura été dépravée [3 ?

jl] Matth. xix, 14. (2) Hom. Apost. tr. 7, 26.

(3) Je fus demandé la veille de la première communion, dans une paroisse où Ton suivait ce système. Quelle ne fut pas ma stupeur de me trouver au milieu d'une "troupe de voleurs parfaitement organisée. Le ce. ait seize ans, et il était aussi admis à la première

communion, il avait lui seul volé plus de deux cents écus, et l'enfant

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