‹ Le trésor du prêtreChapitre 134 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Det (1), » nous ne redoublerions pas de zèle pour la sauver, surtout quand nous savons que bientôt aura disparu cette malheureuse inconstance contre laquelle, dans d'autres occasions, les efforts de la grâce venait se briser ; et que si nous sauvons maintenant cette âme, nous la sauvons pour toujours!

Des fautes qu'on a coutume de commettre dans ce genre de ministère.

Quelque important que soit ce ministère, et quoi qu'il s'agisse ici du salut éternel du malade et du curé, qui sait combien d'excuses, de prétextes, de délais l'ennemi inspire pour empêcher que les sacrements soient administrés à temps et avec fruit ?

Voyons les principaux prétextes.

1° On m'avertira quand on aura besoin de moi. Ce n'est pas ainsi que Jésus-Christ fit pour le centurion ; « Non expectabit, » dit S. Charles Borromée, « doncc ab aegroto vocetur, sed ipse ultro ad eum veniet. » Le Rituel romain, il est vrai, ordonne au curé d'exhorter les fidèles et de leur recommander de l'appeler de suite, quand quelqu'un tombe malade; mais si le prêtre attend qu'ils le tassent, combien devront mourir sans sacrements l

2° Le médecin Va-t-il ordonné? Plusieurs en faisant cette question ne savent même pas dissimuler le déplaisir que leur cause une réponse affirmative. Mais, de grâce, quel concile a donc prescrit d'attendre préalablement l'avis du médecin? C'est ainsi qu'agissait un curé négligent, dont parle Mgr Balthasar Bartero, évoque de Gérone; mais, ô justes jugements de Dieu ! cet homme, d'une santé robuste, fut privé soudain de sentiment par accident, et quitta cette vie sans recevoir les sacrements l

3° Se montrer blessé, si Von vient avertir avant qu'il soit temps de donner les sacrements au malade. Quelle funeste erreur ! Est-ce que la confession est seulement faite pour le moment de la mort ? Est-ce que saint Pie V, et depuis»

(1; Àpoc. m, 12.

un concile de Tarragone, n'ont pas défendu au médecin de donner ses soins à tout malade qui, après trois visites, refuse de se confesser?

4° Ne pas aller voir le malade avant qu'on ait terminé une affaire commencée. Et si, dans cet intervalle, le malade vient à mourir ? Et si de ce temps dépend le salut d'une âme ? « Rabbi manduca, » disent les disciples à Notre Seigneur. Et que leur répond-il? « J'ai une autre nourriture à prendre... ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre. » Un curé s'ctant excusé de' venir aussitôt qu'on le demandait, parce qu'il était à dîner, s'empressa de se rendre auprès du malade, quand il eut terminé son repas; mais il trouva ie malade expirant. Sas paroissiens en furent tellement indignés qu'il dût quitter la paroisse; et il mourut aussi lui-même sans sacrements... Et que dire, hélas! si l'affaire qui l'occupe et qu'il veut terminer n'est autre chose qu'une partie de jeu, comme cela est arrivé plus d'une fois!

5o Faire acception des personnes. Quel défaut commun! S'ils étaient riches, j'irais volontiers; mais c'est un pauvre, qu'un autre y aille. Ces âmes ne sont donc pas toutes rachetées par le sang de Jésus-Christ?... Qu'un autre y a>lle... £t si c'est vous qu'on demande; si le malade a honte de dire à un autre le péché qu'il était résolu de vous déclarer! Si déjà, quand on est en parfaite santé, il importe tant d'avoir la plus entière liberté de se confesser à qui l'on veut ; combien cela est plus nécessaire au moment où le démon fait les derniers efforts pour s'assurer de sa proie! Le curé doit être prêt à exercer tous les ministères de sa charge, à quelque heure, et à l'égard de quelque personne que ce puisse être, dit un auteur aussi savant que zélé. « Le pauvre, le riche, le prisonnier, le malade de l'hôpital, le grand et le petit, tous l'appellent; et il se doit à tous, à toute heure; il ne peut refuser personne, ni montrer de la répugnance, ni mettre moins d'empressement en certains cas ;"il ne peut renvoyer à son remplaçant, à son vicaire, ceux qui l'appellent personnellement, quels que soient l'heure et le temps où on le demande ; car il n'est pas prêtre pour lui-même, et il se doit tout entier au bien aes fidèles (<)• •

(1) Aîb, Guerres. vi$. d. parr., lib. I, c. 1.

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