DEUXIÈME PARTIE
6° 11 n'est pas de mon quartier ; que celui qui est de semaine y aille. Voilà encore un défaut non moins grave et non moins commun, dans les grandes paroisses, où il y a différents curés ou vicaires; et, tandis qu'on va chercher le prêtre de semaine, le malade meurt sans sacrements. Mais il faut faire attention que la répartition des semaines a été établie, non pas pour décharger un certain nombre de prêtres de leurs obligations, mais pour que la paroisse soit mieux desservie. C'est ce qu'affirme le Synode célébré à Majorque en 4692 (4) : « Licet per hebdomadas ecclesiastici inserviant, hoc non tollit obligationem, cum sit una et eadem in omnibus. » On a assigné une semaine spéciale à chaque prêtre, afin que les fidèles fussent assistés d'une manière plus assurée ; car autrement il eût pu arriver que chaque ecclésiastique, comptant sur son confrère pour la visite d'un malade, personne n'eût rempli ce grave devoir.
Ecoutons enfin les instructions synodales de Calahorre : « En beaucoup d'églises de notre évêché il y a deux prêtres et davantage même; pour plus de commodité, ils se partagent le service'de la semaine; mais nous avons appris que, quand l'un d'entre eux est appelé pour confesser, pour administrer le sacrement de l'Eucharistie ou d'Extrème-Onction, en l'absence du prêtre de semaine, les autres s'excusent en disant : qu'on demande le prêtre de semaine; et pendant qu'on le cherche, le malade meurt sans sacrements. Voulant remédier à un si grand mal, nous avons établi, et nous ordonnons sous peine d'excommunication majeure, et sous peine d'encourir les châtiments infligés aux curés qui, par leur négligence, laissent mourir un malade sans sacrements, qu'aucun prêtre ne s'excuse lorsqu'on l'appelle, quand même ce serait à minuit, pour administrer un malade. Car îa répartition en diverses semaines des occupations et des travaux du ministère ne saurait enlever l'obligation que chacun a de porter secours aux fidèles, dans une circonstance où ils ont tant besoin d'assistance, et de leur procurer le remède salutaire des sacrements (2). »
(1) Apud Bast. lib. 2, t. 2, c. 3.
(2) Synodal. Çalah. 1698, 1. 1, t. 10, const. 3.
Trésor II. 14
Gomment on doit confesser les malades.
Les chrétiens dont la vie est ordinaire. Il y a déjà un grand pas de fait quand les paroissiens connaissent le zèle et la charité de leur curé. Si on sait qu'on sera toujours bien reçu à quelque heure qu'on le demande ; qu'il n'a pas d'autre plaisir que celui de consoler les malades et les aminés, loin de s'épouvanter, on sera content de le voir, et on aimera à ce qu'il parle au malade.
Le curé, d'un autre côté, sans abuser de la confiance qu'inspire la grande bonté de son caractère, aprèi avoir salué avec amabilité le malade, et s'être informé de sa santé, lui adressera des paroles de consolation. Il ne lui parlera pas ex abrupto de la confession, surtout si la maladie permet d'attendre ; mais s: le malade commence luimême à en parler, et réclame son ministère, il profitera avec empressement de cette occasion que Dieu peut-être a fait naître. Mgr Balthasar Bartero raconte qu'un personnage distingué, recevant la visite du curé qui venait simplement le voir par politesse, lui demanda de le confesser. Il n'y a pas lieu de le faire répond l'imprudent curé ; vous n'avez aucune raison pour vous effrayer ; vous n'êtes pas en danger; vous aurez toujours le- temps d'accomplir cet acte quand vous voudrez. » Le prêtre s'en va; on le rappelle quelques heures après; mais il n'y avait plus rien à faire... le malade était déjà mort ! Quel malheur pour l'un; quels remords pour l'autre. Dieu veuille que de par -ils cas ne se renouvellent pas souvent!
Il exhortera le malade à faire une confession générale, surtout si celui-ci n'en a jamais fait. Quiconque a entendu les confessions en temps de mission reconnaîtra l'importance de cet avis ; car la plus grande partie des chrétiens se perd, dit sainte Thérèse, à cause des confessions mal faites. Si donc le pénitent déclare que, par honte, il a caché un péché, il ne faut pas remettre la conf ssion à un autre jour; nonseulement parce que, pendant ce temps-là, il peut mourir sans être prêt à paraître devant Dieu, mais encore parce que sa tète étant alors ordinairement appesantie, il aura toujours une grande difficulté pour s'examiner et se confes-