DEUXIÈME PARTIE
nouveau péché de vaine gloire, de colère, de désespoir, etc. ? Et ne peut-il pas arriver qu'alors, étant en pleine connaissance, il se repente de sa faute, sans pouvoir parler, ni donner le moindre signe de contrition (4)?
8° Et la Communion? Il convient aussi quelquefois d'administrer de nouveau la communion, quand la maladie se prolonge, j'entends la communion en Viatique; par conséquent le malade n'a pas besoin d'être à jeun; S. Liguori et d'autres auteurs (2). 11 est difficile de dire combien de fois : cela dépendant de la qualité de la personne, du nombre de communions qu'elle faisait en santé, du plus ou moins d'étonnement que cela est susceptible de produire. C'est ainsi que, à une religieuse, on peut accorder cette faveur jusqu'à deux fois la semaine, selon S. Liguori ; mais on permettra la communion moins fréquemment à un séculier.
Ceux qui se montrent si difficiles sur ce point, et qui .préfèrent priver un malade même des indulgences accordées à l'occasion d'une mission , plutôt que de le faire -communier sans être à jeun, je les supplie de méditer ces paroles de B'enoît XIV : « Épiscoous insinuet parochis,
ce sujet. Depuis vingt ans; il confessait une personne très-pieuse, et plusieurs fois il l'avait confessée et fait communier dans la maladie qui devait être sa dernière, quand un jour elle le fit appeler, et lui •dit : «Mon père, il y a vingt ans que je vous trompe en vous cachant, par honte, tel péché en confession. » C'est alors me dit l'Archiprêtre, que je me pris à réfléchir en moi-même : si j'étais arrivédeux minutes plus tard, comme elle était privée de l'usage de ses sens, selon mes principes, je ne l'eusse pas absoute: et sans la contrition parfaite, malgré son repentir, elle aurait été damnée. Depuis ce moment, ajouta-t-il, je ne fais jamais difficulté d'absoudre sous condition mes malades, toutes les fois que le cas est assez grave pour le demander.
(1) Le Père Raphaël Lacalle, de notr° compagnie, a connu à Madrid un religieux Carme qui passa pour mort pendant vingt-quatre heures; on lui rendit les honneurs funèbres, et le pauvre religieux voyait parfaitement tout ce qui se faisait autour de lui; il avait sa pleine connaissance. On allait l'enterrer, quand, faisant un effort suprême, il parvint à remuer un peu le petit doigt. Dieu permit qu'un des assistants s'en aperçut, la cérémonie fut suspendue ; on administra au malade les remèdes convenables, et il iecouvra la parole et même la santé.
(2J S. Lie. de Euchar. n. 285.
250 TSÊSOS DU PRETRE
posse et deb°re Viaticum in eadem infirmitate iterum ac tertio administrare. praesertim si œgrotus exposcat; et si velit. pœnam décernât in parochos qui eegrotis dévote poscentibus iterum et tertio Eucharistiam déferre detrectant, falsis praetextibns. » De Syn. I. 7, c 42. « In hoc non esse scrupulose agendum, inquirendo videlicet an possit vel non possit sumi sacramentum a jejuno, cum in concilio Constantien-i periculose infirmi excipiantur a iege jejunïi. » Conc. Const. sess 13. — Scavin. 'de Viat.
9° Difficultés. Quand le malade éprouve des vomissements,
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le vomissement est causé par la nourriture, et qu'on craigne de voir le malade rejeter la sainte Hostie, il faut essayer av c une particule non consacrée, et. si on voit qu'il la garde, on lui administre de suite le saint viatique. Si, malgré toutes ces précautions, il rend les espèces sacramentelles, le prêtre alors doit s'armer de courage, et retirer la sainte Hostie, si cela est pos-ible; il îa déposera dans un endroit convenable jusqu'à ce que les saintes espèces s'altèrent, puis il la mettra dans la pisci-
Les condamnés a mort doivent aussi communier; et. bien que la S. G. 0. veuille qu'ils soient à jeun, et que ce soit le matin 26 juin 1590 ; cependant, si cela est nécessaire, on pourra ieur donner la communion per medum viatiei. Maure!. Lit. Rom).
Semi faiui. On peut aussi donner le viatique à celui qui manque de discernement, si. avant de p -rdre la raison il a donné des signes de piété et de religion, et s'il n'y a pas à appréhender des vomissements, des extravagances ou quelque inconvénient. (Conc. Carthag. 26 quaest. c. 6 Is qui .
Plus haut, Livr. XII. ch. n. Viatique, on trouvera la manière de l'administrer.
(lj Sort, de Euch., n 320. S. Ljù. 231.