DEUXIÈME PARTIE
3° Mais, comme l'Extrème-Onction, cette indulgence ne peut être appliquée qu'une seule fois, in eodem siatu morbi (20 septembre 1775). — Ainsi, quand bien même on supposerait que le malade est tombé dans de nouvelles fautes in~ firmitate diuturna, eodem mortis articulo permanente, nec pluries ab eodem, nec a pluribus sacerdotibus ho.nc facultatem habentibus, impertiri potest (5 février 4844). — Quand bien même les prêtres auraient ce pouvoir en vertu de titres différents provenant des confréries du Rosaire , du Carm:l, etc. (4 2 mars 4 855). — On peut la donner de nouveau seulement si infirrnus convaluerit, ac deinde, quacumque de causa, in novum mortis articulnm redeat (42 février 4842).
4° Il convient de l'appliquer après, et non avant l'Extrême- Onction; et alors, nisi nécessitas urgeat, on doit réciter le Confiteor, bien qu'il ait été déjà dit pour le Viatique et pour l'Extrème-Onction ; et il faut aussi se servir de la formule prescrite par Benoit XIV dans la Bulle Pia Mater : car cette formule non est lantum directiva, sed prœceptiva (5 février 4844). — C'est pour cela que la sacrée Congrégation n'a pas voulu que tous les prêtres eussent ce pouvoir ; elle l'a accordé seulement à tous les curés, aux dignitaires, et aux prêtres les plus recommandables (20 septembre 1775) (4).
5o Quant à la manière de l'appliquer, si on le fait immédiatement après l'Extrème-Onction, il suffit de dire les prières qui se trouvent dans le Bréviaire ou dans notre Manne du prêtre. — Si on l'applique à un autre moment^ le prêtre, revêtu d'un surplis et d'une étole violette, dira en entrant : Pax huic domui, etc; et, aspergeant d'eau bénite •e malade, la chambre et ceux qui s'y trouvent, il récitera l'Asperges me, mais sans le Miserere; puis, toujours debout, il continuera : Adjutorium nostrum, etc.
6° Si l'imminence du danger ne laisse pas le temps de dire le Confiteor et les autres prières, le prêtre applique de suite l'Indulgence, disant : Dominus noster, etc. ; et s*i! n'a pas même le temps de réciter cette dernière prière, il dira : Indulgentiam plenariam et remissionem omnium peccatorum
(1) Quand nous ne donnons pas d'autre indication, toutes ce» décisions émanent de la Sacré-Congrégation des Indulgences
tibi coneedo in rumine Pat ris f et F Mi et Spiritus Sanrti.
Agonie. 1 ■■• Quand le malade est à l'agonie, on s'applique à lui suggérer des actes de résignation et de confiance dans la miséricorde divine ; on l'invitera à réciter le Memorare, V Anima Christi3 et d'autre? prières qui soient courtes; on l'excitera à faire intérieurement des actes de foi, d'espérance, de charité, à invoquer fréquemment, d'un cœur contrit, les très-saints noms de Jésus et de Marie; mais il faut faire tout cela suavement, en s'arrêtant. sans éclats de voix, sans causer d'ennui et de fatigue au malade. Je dis la même chose pour ceux qui sont sur le point de subir la peine de mort.
2 D faut lui donner de temps en temps l'absolution, au moins conditionnellement. comme nous lavons dit au §IV, n. 7. de ce chapitre. Que de péchés de désespoir ne peuvent pas commettre ces malheureux, en se voyant dans un état si plein d'angoisses; et quelle douleur, quel désir ardent de faire une bonne confession ne sont pa- susceptibles de ressentir alors, ceux qui auraient mal fait cet acte dont l'importance est souveraine, en voyant s'évanouir toutes les ances qu'ils avaient peut-être nourries jusqu'ici de pouvoir réparer ce malheur, quand la santé leur serait revenue.
3° Il faut éviter de remuer le malade durant l'agonie, car on pourrait causer sa mort. Surtout le prêtre ne doit pas l'abandonner alors, car les premier? signes d'une mort prochaine dont nous parlerons sont souvent trompeurs, et il arrive plus d'une fois que le malade meurt tout à coup, sans que ces symptômes se présentent I .
1 Signes d'une mort prochaine. Les principaux et les plus communs, sont de trois sortes : 1° La respiration difficile. — 2° Le manque de pouls ou un pouls intermittent et formicaut. c'est-à-dire petit, faible et fréquent; on croit sentir des fourmis qui courent dans l'artère. — 3° Les yeux creux et transparents, mais ouverts et plus brillants que de coutume: ils v tient les objets différents de ce qu'ils sont; la paupière supérieure s'afiaisse et couvre l'inférieure.
Le nez effilé, blanc à l'extrémité; la chair d'un jaune pâle, livide et flasque : les mains tremblantes, les tempes contractées, les ongles livides, le front couver! /une sueur froide, une grande chaleur à la poitrine vers la région du cœur: Faction de tirer les draps. le refroidissement de toutes les extrémités : voilà des signes ordinaires d'une mort prochaine.