DEUXIÈME PARTIE
4o Evitant de fatiguer ceux qui l'entourent par des réflexions et des discours prolongés, le prêtre s'efforcera d'adresser des paroles de consolation et de désillusionnement à la famille et aux amis, car il trouvera peu d'occasions aussi favorables pour faire impression sur certains esprits.
• Sépulture ecclésiastique.
Personnes qui sont indignes de la recevoir. Voici une de& choses qui sont le plus capables d'embarrasser le curé. Je ne parle pas des difficultés que peuvent offrir les funérailles demandées certains jours de fête de première classe. On les résoudra pour ainsi dire toutes, en se reportant à ce
Mais les symptômes qui l'annoncent de plus près, signalés par M. Gaume, sont : la respiration intermittente et moins bruyante, Ifi? perte du pouîs; le grincement et le craquement des dents; le son rauque de la gorge, des soupirs tristes, ou des gémissements; des larmes qui coulent d'elles-mêmes; les contorsions de la bouche, des yeux, et de tout le corps (Man. du Confes. c. 5, art. 8.)
Il faut remarquer : 1° Que les personnes atteintes d'hydropisie, de phthisie, d'apoplexie, d'asthme, de pleurésie, de vomissements, d'angine, de rhumatismes ou de spasmes, meurent quelquefois sans présenter aucun des symptômes énumérés ci-dessus, etontle pouls fort. — 2° Que ceux qui souffrent d'une pleurésie, ont, au moment d'expirer, la respiration plus difficile et plus embarrassée, et les lèvres livides; ceux qui ont reçu une blessure à la tête, meurent d'un évanouissement soudain; quand le pouls manque aux hydropiques, leur respiration devient plus difficile encore, et leur bouche rend de l'écume; ceux qui sont atteints d'une fièvre intermittente, qui souffrent de convulsions très-violentes, meurent ordinairement au commencement de l'accès. 3° Chez certains inalades, la respiration et le battement du cœur sont si faibles, qu'ils semblent morts, et ne le sont pas pourtant. Cependant, lorsque les extrémités sont raides et glacées, quand le froid existe jusque dans la région du cœur; quand le malade est insensible aux odeurs les ïdus fortes approchées de son nez; quand un miroir mis près de sa bouche ne se ternit pas, et quand la flamme d'une bougie demeure absolument tranquille, exposée sous son soufle, on peut croire qu'il y a ordinairement eu tout cola des symptômes d'une mort certaine.
que nous avons dit plus haut, pages 370. 376 et 373 du premier volume. Il s'agit ici des cas où le curé se voit obligé de refuser la sépulture ecclésiastique à un pécheur public. Tels sont : 1»Les juifs, les païens, les enfants qui meurent sans baptême. — 2° Les apostats, les schismatiques, les hérétiques et leurs fauteurs. — 3° Les voleurs et les incendiaires surpris et morts dans lacté même de leur crime. Quant à ceux qui ont subi la peine capitale avec le repentir dans le cœur, bien qu"on n° doive pas leur faire des ob&eques solennelles, on les enterrera cependant dans un lieu saint. 4° Les religieux qui laisseraient après leur mort un pécule illicite. — s» Ceux qui meurent en duel, ou qui, ayant l'usage de la raison, se sont suicidés. — 6° Les usuriers manifestes; ceux qui ont dépouillé l'Eglise de ses biens, les excommuniés notoires et vitandi : ceux qui, n'ayant pas rempli le devoir pascal, meurent sans donner des signes de repentir. — Les comédiens ne doivent pas. comme tels, être privés de la sépulture.
Quand ces personnes sont-elles indignes de la sépulture? Pour refuser la sépulture ecclésiastique, un soupçon ne suffit pas ; il est nécessaire : 1° d'avoir une certitude complète ; il faut 2° que le fait soit public ; 3^ que le pécheur n - se soit pas réconcilié, et qu'il n'ait pas demandé à se réconcilier avec l'Eglise; car ce refus étant une chose odieuse et susceptible d'avoir des conséquences fort graves, le principe : odiasunt restringenda est ici applicable. Aussi, toutes les fois qu'il le peut, le curé doit consulter l'évèque. Le seul fait d? n'avoir pas rempli le devoir pascal ne suffit pas; il est nécessaire que le malade, à l'article de la mort, ait. par impiété, refusé les sacrements. Il ne suffit pas non plus que a personnQ ait été trouvé1, par exemple, pendue à une poutre, ou tenant en main un poignard, car un homicide peut l'avoir mise dans cette position pour cacher son crime. Et quand bien même il serait certain qu'elle s'est donné la mort, il faudrait encore voir si elle avait le plein usage de sa raison. Si tout ce que nous venons de dire est pleinement constaté, le prêtre qui assiste à l'enterrement d'une personne indigne de cet honneur, encourt l'excommunication majeure; et la Congrégation du Saint-Office, approuvant l'archevêque de Naples d'avoir refusé la sépulture à un jeune prince mort en duel à Paris, fit donner un avertisse-