DU SUBLIME MINISTÈRE DE LA CONFESSION
4° Avantages du sacrement de Pénitence.
2° Idée exacte du tribunal de la Pénitence. 3° Comment le confesseur devra se comporter quand il y aura conflit entre diverses opinions opposées.
4o Avantages du sacrement de Pénitence. Il n'y a personne à qui convienne mieux le titre glorieux de coadjuteurs de Dieu, i Dei adjutores sumus. » et de « Dieux avec lui » sur la terre, qu'aux confesseurs et aux directeurs des âmes. En effet, les coadjuteurs du Très-Haut sont : les interprètes de la Sainte-Ecriture, les prélats, les pasteurs, les catéchistes, les prédicateurs ; mais qu'on y fasse bien attention, et on verra que nul ne seconde l'action divine d'une manièrt plus immédiate, nul ne coopère de plus près à l'infusion de la grâce, et par conséquent au salut et à la vie des âmes, que le confesseur. Les autres avec leur doctrine, leurs exhortations, leurs conseils, disposent l'âme à recevoir les influences célestes, et. semblables a Ezéchiel. ils réunissent les os inanimés et épars, dans le champ de l'Eglise; mais ils ne leur communiquent pas la vie spirituelle de la grâce. C'est le confesseur qui produit ce souffle vivifiant, concourant immédiatement avec Dieu, dans l'action toute-puissante, au moyen de laquelle la grâce se répand dans le cclui-. Et sa sentence ne se borne pas seulement à déclarer, comme dans l'ancienne loi, que le malade est guéri ; mais elle guérit réellement la maladie, quelque grave et invétérée qu'elle puisse
être; de sorte que le pécheur peut vous dire, ô confesseur, ce que le lépreux de l'Evangile disait à Jésus-Christ : « Domine, si vis, potes me mundare, » et vous poevez lui faire la même réponse que le thaumaturge divin : « Volo, mundare. — Je le veux, soyez guéri (4) ! »
O pouvoir surprenant! O autorité merveilleuse i Nous pouvons nous écrier ici avec plus d'étonnement, que les scribes de l'Evangile : « Quis potest dimittere peccata nisi solus Deus (2)? » Y a-t-iî des anges à qui Dieu ait dit : « Les péchés que vous remettrez sur la terre, seront remis dans le ciel? » Et cependant c'est ce que vous faites chaque jour, vénérable confesseur. Et avec quelle facilité! Vous élevez la main et vous dues : « Je vous absous. » Et à l'instant, le fort armé qui possédait cette cité, et qui la tenait en servitude depuis tant d'années, il est chassé ; notre Rédempteur recueille le fruit de son sang précieux, en entrant dans cette âme pour y régner de nouveau; le ciel compte un fils de plus; sa gloire sera l'héritage d'un nouvel élu; et le divin Pasteur, dans la joie de l'extase, demande aux bienheureux de le féliciter de la conquête glorieuse qu'il vient de faire par votre entremise
Ajoutez à cela la récompense de Dieu et la reconnaissance des pénitents, et vous aurez une idée des motifs qui doivent porter le confesseur à aimer 'un ministère aussi saint. Si une œuvre de miséricorde corporelle quelconque, un verre d'eau donné à un pauvre pour l'amour de Dieu, mérite une récompense infinie, que ne vaudra pas au prêtre l'exercice de cette fonction, dans laquelle se trouvent réunies à un si haut degré, toutes les œuvres de miséricorde spirituelle! C'est là qu'on instruit l'ignorant, qu'on console l'affligé, qu'on corrige celui qui s'égare, qu'on donne de bons conseils à celui qui en manque ; et on ne fait pas cela d'une manière vague et générale, comme dans les autres fonctions sacerdotales. On travaille là avec une efficacité spéciale et selon le besoin du pénitent. C'est là qu'on rachète i'esclave, qu'on revêt celui qui est nu, de la robe brillante de la grâce; qu'on convertit le pécheur, qu'on 6anctifie le juste, et par ce moyen souvent des millions d'âmes reviennent à Dieu et se sanctifient, sans que la vaine
(1J S. Luc. v, 12, 13. (2) S. Luc. v, 21.
gloire et l'amour-propre puissent trouvei un grand aliment dans une occupation pleine de fatigues, d'inquiétudei et d"angois-es. et exposée en même temps aux blâmes, aux injures et aux persécutions. Comment Dieu ne récompenserait-il pas tant d'actes de patience, de charité, de mortification portés jusqu'à l'héroïsme':
Et tout-.- ces âmes qui. après avoir brisé les chaînes du péché, triomphent je leurs passions, et volent, inondées d'un3 allégresse tome céleste, dans le chemin de la vertu, quelles prières ferventes n'adresseront-elles pas au ciel, pour celui qui. après Dieu, leur a procuré tant de rich spirituelles ! Avec quels sentiments de gratitude ne prieront-elles pas. elles el leurs anges gardiens, pour le confesseur, en santé ou malade, en vie ou à l'article de la mort, encore en ce monde ou déjà passé dans l'autre 1 v* le grand secret qui explique le soin spécial avec lequel Dieu assiste les missionnaires et les prêtres, qui se dévouent fidèlement et avec constance, à la sanctification du prochain.
Notez encore l'incalculable avantage que ce ministcr a sur les autres : dans les autres on semé; mais souvent, loin de recueillir des fruits, on voit la semence s'étouffer ou se convertir en ivraie. Ici. si le confesseur est habile, rien ne se perd, à cause de la grâce divine qui accompagne ses paroles ex opère operato, et à cause de ia sûreté des coups qu'il frappe; car ce ne sont plus des coups donnés dans l'air, comme souvent cela arrive aux sermons, où le prédicateur, afin de ne pas scandaliser, ou pour d'autres motifs humains, n'ose pas parler selon le besoin et les circonstances des auditeurs. Que de fois ceux-ci, à cause de leur orgueil et de leurs mauvaises dispositions, se révoltent contre le prêtre qui leur donne des avis et les reprend dans un sermon : tandis qu'au confessionnal . humiliés et confus à la vue de leurs iniquités, ils écoutent docilement et enfin acceptent les réprimandes et les pénitences, quelques pénibles et répugnantes qu'elles puissent être.
2° Idée exacte du tribunal de la pénitence. Le ministère de la réconciliation! Rien n'est plus utile aux âmes, ni plus avantageux au confe->eur, quand il est bien rempli; mais rien n'est plus injurieux à Dieu, rien n'est plus préjudiciable aux âmes et au confesseur lui-même, quand le prêtre s'en