ÉCUEILS QUE LE CONFESSEUR DOIT ÉVITEB
4o La morale relâchée,
2° Le rigorisme.
3° Tout système inflexible.
4° La morale relâchée. Les paroles suivantes de S. Bonaventure conviennent admirablement aussi bien au confesseur qu'à la conscience : a Cavenda est conscientia nimis larga et nimis stricta. Nam prima générât praesumptionem, secunda desperationem. Prima ssepo salvat damnandum, secunda damnât salvandum (2). » La trop grande condescendance et l'excessive rigueur, voilà les deux écueils contre lesquels vont se briser et se perdre les bons résultats que devait produire le ministère sublime du saint tribunal ; et là se trouve une cause de ruine pour un nombre infini de confesseurs et de pénitents. Les prêtres relâchés et- trop condescendants, engendrent là présomption dans l'esprit de ceux qu'ils dirigent ; méprisant les petits manquements, ils ne leur inspirent pas l'horreur du péché ; ils ne les portent à aucun acte de vertu ; toutes les choses dont leurs pénitents s'accusent sont à leurs yeux des scrupules, et ils tiennent ainsi des années entières les pauvres âmes, comme endormies et assoupies dans le sommeil profond de la tiédeur et du péché. Cette classe de confesseurs ne voit en rien du danger pour les âmes; théâtres, festins, bals, jeux prolongés, familiarités entre personnes de différent sexe, usures, modes, danses les plu? scandaleuses, lectures de romane, ils permettent tout; tout cela est selon eux un plaisir innocent, un divertissement nécessaire, dont on ne pourrait se priver
(1) Escli «V, 12. (2) Bonav. t. 7. Comp. théol. lib. 2, c. T2.
qu'en foulant aux pieds les bienséances attachées au rang et a la po-ition qu'on occupe; agir autrement, ce serait se rendre ridicule, et ne pas connaître la société et le siècle dans lequel on vit. Heias! quel mal font de semblables conurs ! Etouffant de la sorte dans les cœurs, la sainte crainte de Dieu a la pureté des mœurs, ils détruisent les fruit;- que des curés et des missionnaires zélés a\ aient produits dans ies âmes au prix de sueurs incroyables; aus^i combien voit-on d'usuriers, de vindicatifs, de gens vivant dan- le concubinage, de jeunes libertins accourir à eux; Dersonnes scandaleuses, impies, tout y vient, et le cercle de leur influence >ur les pénitents de cette sorte est extrêmement étendu; et comme ces confesseurs ne s'enquièrent de ri q, ne reprenn ni d • ri n t passent sur tout, ils se créent grande cli ntele qui ne comprend jamais des âme> d'é- Pourccmbl ! de malheur, ils ont la réputation d'être de sages et de bons confesseurs, et ils sont ainsi la cause que les autres prêtres selon le cœur de Jésus-Christ passent pour rigides et méticuleux; et, de cette façon, tandis que, en absolvant, par une trop grande indulg nce, celui qu ils devraient éprouver, ils se figurent que. solvant damnandum ; en réalite, damnant salua ndum; c'est-à-dire qu'ils jettent en enfer ceux qui. avertis avec une prud-nte énergie par un confesseur zélé, auraient conçu une .vive horreur pour le péché, se seraient corrigés et auraient fait leur salut.
2° Le rigorisme. Il y a d'autres confesseurs, au contraire, qui sont extrêmement rigide?. Ils ne rencontrent pour ainsi dire pas dames sur les bords de l'abîme, qu'ils ne les y fassent couler ju-qu'au fond. Voilà un grand pécheur qui, conlu- et tremblant à la vue d"un passé coupable, vient se prosterner aux pii ds d'un de ces juges inexorables. Fatigué de tant de fautes, frappé vivement par un sermon qu'il a entendu, il porte dans son âme la parole sainte comme un glaive qui la transperce de part en part; il n'y tient plus, il veut changer de conduite; mille fois déjà il Va tenté, et mille fois il a renoncé à son bon dessein, retenu, ou par la honte de confesser des péchés si énormes et si nombreux, ou par la crainte des réprimandes et de la pénitence qu'il s'att nd à recevoir au saint tribunal. Si ce pécheur tombait entre les mains d'un confesseur discret et charitable, il serait bien vite sauvé : salvat damnandum. Mais c'est un juge